L’avenir incertain de la Télévision publique russe

Finita la comedia

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OTP – Obshestvennoe Rossiyskoe Televidenie (la télévision publique russe)

Le quotidien russe « Izvestia » a communiqué qu’à l’heure d’aujourd’hui plus que la moitié du personnel a quitté la Télévision publique russe (TPR). Le directeur général Anatoly Lysenko a ainsi commenté la situation:

« Nous ne licencions personne. La réduction de l’effectif se produit dans le cadre de restructuration. Les uns voient leurs contrats qui arrivent à leurs termes et ne seront pas reconduits, d’autre quitte l’entreprise par leur propre volonté ».

Lancée en 2013 sur l’initiative du président Dmitri Medvedev, la chaîne de TPR (OTP en russe) n’a jamais eu un succès quelconque. Malgré les grands privilèges accordés (par exemple une place réservée dans le premier multiplex russe) la direction de la TPR n’a pas cessé de se plaindre du financement insuffisant et n’a jamais su trouver un modèle économique alternatif aux subventions provenant du budget de l’Etat (il était initialement prévu que le canal sera financé par les téléspectateurs). Le résultat logique de la politique menée par la direction de la chaîne serait la disparition totale de la Télévision publique du paysage médiatique russe. 

Alors, direz-vous, pourquoi la télévision publique n’a pas de chance en Russie ? Je vous propose de parcourir nos 3 articles ci-dessous pour avoir la réponse:

Et pour vous divertir un peu :

PS:  en guise d’exemple je voudrais vous citer une chaîne privée Dozhd qui n’a pas gaspillé les subventions de l’Etat et a dépensé beaucoup moins d’argent sur sa propre production que la TPR sur les acquisitions. Résultat? Dozhd TV qui (hélas) reste toujours sous le risque d’interdiction pour les motifs politiques est devenue quasiment autosuffisante tandis que la TPR n’est jamais sortie de la stagnation.

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La Télévision Publique Russe se compromet. Déjà?

La semaine dernière seuls les paresseux n’ont pas mentionné le divorce du Président russe Vladimir Poutine. Hélas, cela nous concerne également, car cet événement a servi de test pour la Télévision Publique Russe (TPR), officiellement lancée il y a une quinzaine de jour, et nous a permis de répondre à la question posé dans un de nos articles précédent :

La télévision publique russe, différera-t-elle des chaînes gouvernementales ?

OTP (en russe) c'est l’abréviation de la Télévision Publique Russe)

Le scandale a éclaté après que la chaîne de télévision publique avait retiré des programmes une émission « Le Réseau Social » à la suite d’une blague sur le divorce de Vladimir Poutine. Dans cette émission ciblant la jeunesse  « nous avons monté une vidéo avec des photos de Poutine pour mamba.ru (site de rencontres)… Ils ont déprogrammé toute l’émission! » a écrit sur Facebook le co-présentateur du show, Vladislav Sorokine, en référence aux responsables de la TPR. 

Et ce blocage n’est pas le seul. Quelques jours avant une autre émission de Ekaterina Voronina et Vladislav Sorokine sur la démission du maire de Moscou Sergeï Sobianine, a été sévèrement critiquée par le Gouvernement et retirée de l’antenne. 

La direction de la TPR a préféré de tout mettre sur le dos des problèmes techniques (jusqu’à maintenant aucune réaction dans la rubrique presse sur le site de la TPR). Cependant, les cas de blocage ont également été confirmés par un des invités de l’émission qui n’a pas pu trouvé ni le programme avec sa participation, ni son interview dans lequel il parlait du Vice-Premier ministre du gouvernement de la Fédération de Russie Dmitri Rogozin.

« Continuez (l’émission – ndlr), mais sans nous », a ajouté Vladislav Sorokine, soulignant que lui et la co-animatrice allaient rester jusqu’à la fin de leur contrat le 30 juin. Ekaterina Voronina a confirmé l’information à la Radio Rousskaïa Sloujba Novosteï, ajoutant que son contrat lui interdisait de faire des commentaires.

Voici donc le portrait de la Télévision Publique Russe qui est censée proposer une alternative plus régionale et citoyenne que les chaînes existantes … Dommage qu’elle a choisi le chemin de mensonge comme les autres (ici je fais la référence à la principale chaîne de la télévision nationale « Perviy Kanal » qui a osé de montrer le final « alternatif » du jeu télévisé international « Crazy Games » au mois d’avril). Bref, dès le début il était évident que la TPR ne sera pas en mesure de devenir un canal libre et indépendant. Ce qui fait  peur est que mes craintes sont devenues la réalité si rapidement …

Via

Lire également sur notre blog : 

La télévision publique russe, différera-t-elle des chaînes gouvernementales ?

                          « Celui qui paie les violons choisit la musique »

TPR

Le logo officiel de la Télévision Publique Russe

Selon le service presse, la Télévision Publique Russe (TPR) entrera en activité courant mai (le lancement officiel de la chaîne est prévu pour dimanche prochain, le 19 mai 2013). Bien que le financement de la TPR ait dû dépendre des dons des citoyens, la direction de la chaîne n’a pas réussi à réunir assez de moyens. Puisque le gouvernement russe s’est retrouvé contraint de prendre en charge le financement une question se pose: est-ce que la télévision publique russe sera différente d’autres chaînes fédérales contrôlées par le gouvernement ?

Un peu d’histoire.

La création de la nouvelle chaîne a été initiée en 2012 par Dmitri Medvedev, alors président de Russie. Régie par le statut d’association indépendante à but non lucratif, celle-ci devait réussir à former un fonds de dotation.

Cependant, les représentants du ministère de la communication ont décidé que le capital devait se situer entre 30 milliards de roubles (soit près d’un milliard de dollars) et 100 milliards de roubles. Mais rassembler des dons spontanés prend des années. Par conséquent, le financement de ce projet grâce à l’aide seule du fonds de dotation s’est révélé impossible.

Au final, le gouvernement envisage d’accorder au projet près d’1.5 milliard de roubles par an (soit près de 60 millions de dollars). De plus, la chaîne espère engendrer des revenus grâce à la publicité publique des différents ministères et institutions.

La télévision publique est-ce bien une utopie?

NPRDans différents pays, les médias publics existent grâce aux dons des auditeurs. C’est par exemple le cas de la National Public Radio américaine, financée à 39% par les auditeurs. Mais il a fallu des années pour mettre en place ce mécanisme de collecte de fonds basé sur la bonne volonté de ses fidèles.

BBCLe cas de la BBC, le plus ancien média public au monde, est également intéressant. En Grande Bretagne, il existe un système nommé « TV Licence Fee ». Pour résumer, les propriétaires de postes de télévision payent une contribution à l’audiovisuel public. Cet argent est consacré au développement du secteur médiatique. En Russie, une telle forme de financement n’existe pas légalement.

Qu’en pensent les experts?

Vu que le projet sera entièrement ou partiellement financé par le gouvernement, certains professionnels se demandent en quoi la chaîne publique russe différera des chaînes gouvernementales officielles déjà existantes. Igor Iakovenko, ancien secrétaire général de l’Union des journalistes de Russie, considère que la création d’une chaîne publique constitue « une copie conforme, une énième variante des chaînes gouvernementales. »

Andreï Reut

Andreï Reut

« L’initiative même ne vient pas de la société, mais du gouvernement »,remarque Andreï Reut, adjoint du rédacteur en chef de la chaîne RBC, dédiée à l’économie : « Le gouvernement paye, le gouvernement mène la danse ».  Si la chaîne se voit accorder un financement important, elle se fera bien sûr une place.  « Elle pourrait bien remplacer une chaîne gouvernementale », anticipe Reut.  Cette chaîne émettra 24/24 chez certains opérateurs. L’accent sera mis sur les émissions de science cognitive, les documentaires et la vie dans les provinces russes. La chaîne ne diffusera pas de publicité ou de divertissements.

« Ce genre de chaînes manque à la Russie : des chaînes intelligentes, indépendantes, qui joueraient un rôle social, qui réfléchiraient aux intérêts de la société et ne se lanceraient pas dans une course à l’audience en favorisant les thématiques criminelles et la télé réalité », conclue Andreï Reut.

Médias en Russie‘s insight:

@mediasrusses ont beaucoup suivi ce sujet depuis 2012 et nous sommes désolés de constater que la télévision publique russe à l’état actuel n’est pas en mesure de subvenir aux besoins des citoyens vu que aucun de ses trois piliers (éduquer, informer et divertir) n’est doté d’un fondement solide.

Prohod na telebashnu« Divertir », « Éduquer » ?  – la question du financement n’est pas réglé et sans cela il est impossible de produire des programmes de qualités. Quoique, la situation peut s’arranger dans quelques années et les deux piliers vont aller en bonne direction. Mais le grand problème est que « Informer » ne ne les suivra pas.

En même temps, comme on le connait tous, le but principal du journalisme est d’informer les gens ouvertement et honnêtement, sans avoir peur d’appeler « un chat un chat ». Aujourd’hui, aucune chaîne de télévision en Russie n’est capable de le faire, même les grands groupes de télévision privés. (que dire de la télévision dont le PDG est nommé directement par le Président?..)

« Celui qui paie les violons choisit la musique » – a dit Vladimir Poutine lors de son premier mandat en répondant à la question sur le financement de la télévision publique posée par un journaliste de renommé internationale Vladimir Pozner. (source: http://goo.gl/EFRLS, en russe).  Donc, ce serait trop naïf de notre part de penser que les choses ont bien changé depuis…

L’espoir fait vivre…

Si ce sujet vous intéresse nous vous suggérons de jeter un coup d’œil sur le dossier de la télévision publique en Russie sur notre blog: http://mediasrusses.com/tag/television-publique/

Via larussiedaujourdhui.fr

Portrait – Vladimir Grayvoronskiy, spécialiste des médias russes

MoiLinkedIn

Dans cette interview, nous passons en revue les bouleversement des médias russes, depuis l’Internet russe, aux journaux et à la télévision en passant par les nouveaux modes de communication dont la Russie est friande.  l’interview de Russie.fr sur le  « blog – médias russes » 

Médias en Russie‘s insight:

un petit interview sur votre aimable serviteur 🙂 Merci spécial à Thomas Béguin et son blog remarquable RUSSIE.FR (http://russie.fr) que je vous encourage à visiter et même de vous abonner si la culture russe vous intéresse !

Via russie.fr

Les grands évènements médiatiques de 2012

La société « Medialogia » qui s’occupe de la veille du paysage médiatique en Russie a identifié* les grands évènements qui ont fait le plus de bruit à la télévision / radio,  sur Internet ou dans la presse écrite en 2012.

ORT

1. Selon ses résultats, la création de la télévision publique et la nomination d’Anatoli Lyssenko en tant que son directeur général a été le principal évènement médiatique en 2012. (Rappelons à nos lecteurs que la télévision publique a été créée par décret du président Dmitri Medvedev en Avril 2012, et Anatoly Lysenko a été nommé à la tête de la nouvelle chaîne par un autre décret présidentiel en Juillet. Il a été prévu que la télévision publique serait lancée sur Internet en Janvier 2013, et commencerait la diffusion sur la TNT et réseaux câbles quatre mois plus tard).

EchoMsk

2. La deuxième place a été prise par la modification du conseil d’administration de la radio « Echo de Moscou ». En février 2012, « Gazprom-Media », qui est propriétaire de ladite station de radio, a demandé de dissoudre son conseil et d’élire un nouveau. En conséquence, plusieurs journalistes ont quitté la fameuse station dont son rédacteur-en-chef Alexeï Venediktov et son adjoint Vladimir Varfolomeyev.

Oppo

3. Le troisième évènement le plus important a été la sortie du film « Anatomie de protestation » et « Anatomie de protestation – 2 » sur la chaîne NTV qui ont eu une grande résonance dans la société russe (La thèse principale du premier film était que les opposants au régime de Vladimir Poutine agissaient pour le compte des Etats-Unis et étaient payés pour déstabiliser le pays;  Les auteurs du 2e opus, assuraient que l’opposition financée par l’étranger préparait un coup d’Etat en Russie).

En outre, parmi les vingt plus importants évènements de l’année figurent un conflit entre le Président du Comité d’enquête  Alexander Bastrykin et rédacteur-en-chef de la «Novaïa Gazeta» Sergueï Sokolov; l’assassinat de Kazbek Gekkiev, un journaliste de la branche VGTRK en Kabardino-Balkarie; l’abandon des télé-réalités « Maison-2 » et « Top Model à la russe » par son animatrice Ksenia Sobchak au profit du nouveau projet « Department of State » (un talk-show socio-politique consacré aux problèmes d’actualité les plus urgents qui préoccupent les jeunes d’aujourd’hui); la fermeture du canal MTV Russie, rebranding de la chaîne Muz-TV (devenue la chaîne « U ») et la fermeture de la « ProjectorParisHilton » sur Channel One (une émission de divertissement satirique hebdomadaire russe, diffusée le samedi soir depuis le 17 mai 2008. Le titre de l’émission fait référence à une ancienne émission russe des années 1980, intitulée Прожектор перестройки (« Projector de la Perestroïka« ), qui traitait des sujets actuels sur les évènements en Union soviétique).

Source

* le classement prend en compte le nombre des citations de l’évènement à la télévision, à la radio, dans la presse écrite, les médias en ligne et les flux des agences de presse.

Le lancement de la Télévision publique russe est retardé

Contrairement aux attentes le lancement de la télévision publique russe (TPR) a été décalé.  Selon le directeur général de la Télévision publique de Russie Anatoli Lyssenko l’inauguration prévue pour le 1 janvier 2013 ne pourra pas se faire avant mai.

OTR

La raison est simple: il n’y pas d’argent. Le crédit de 600 millions de roubles obtenu par la TPR est principalement utilisé pour la mise en forme des locaux vétustes d’Ostankino. Du coup il reste très peu de ressources destinés à l’achat des programmes. Selon les estimations de Monsieur Lyssenko, la nouvelle chaîne (qui ne possède aucun archive) devra faire face à la pénurie des émissions de qualité car elle ne pourra dépenser qu’un million de roubles par jour (+/- 25 000 EUR) pour l’acquisition de nouveaux programmes (pour comparer, il suffit de dire qu’en Russie la chaîne de taille moyenne en dépense 6-8 millions de roubles par jour). On peut toujours compter sur les dons des collègues mais une chose est certaine: la TPR ne sera pas en mesure d’assurer la diffusion 24/24h; au lieu de cela une conception du bloc de 6 heures répété quatre fois par jour est envisageable.

De l’autre côté la situation n’est pas si noire comme elle peut paraître. La bonne nouvelle vient de Président de la Fédération russe, Vladimir Poutine. Suite à son ordonnance la TPR sera cooptée dans le premier multiplex russe et bénéficiera de la couverture exceptionnelle. En l’attendant la TPR a signé un accord avec l’Association de la télévision par câble selon lequel elle va être incluse dans les bouquets des plus grands opérateurs de la télévision payante comme NTV Plus, Akado, Tricolor à titre gracieux. Cela signifie que même avant le passage du pays en tout numérique (2015) la TPR aura accès à trois quarts des ménages du pays.

Rappelons que selon le concept, la nouvelle chaîne de télévision fonctionnera aux frais de l’Etat qui seront remplacés plus tard par des donations des particuliers. Cependant, l’indépendance de la nouvelle chaîne reste un sujet de discussions, car la candidature du président du Conseil de la Télévision publique russe devra être validée par le Président…

Source

Lire également sur notre blog:

La Russie se penche sur la composition du deuxième multiplex

La transition vers la télévision numérique en Russie doit s’achever en 2015. A l’issu de cette date trois bouquets de chaînes numériques doivent être formés.

Aujourd’hui seules les chaînes du premier multiplex sont bien déterminées : « Channel One », « Russie 1 », « Russie 2 », « NTV », « Pétersbourg Channel Five », « Russie-K » (Culture), « Russie-24 », « Carousel » (la chaîne de la Télévision Publique doit les rejoindre en mai 2013). La décision sur la composition du deuxième bouquet numérique va être annoncée le 14 décembre par Roskomnadzor (l’autorité de régulation de l’audiovisuel). Au total, 19 chaînes de télévision dont TNT, MTV, 2×2, TV3, CTC, Domashny, Peretz, Ren, Dozhd, O2TV, Komsomolskaïa Pravda ont envoyé leurs demandes.

La demande s’explique par le désir des chaînes de rejoindre le club de la télévision numérique terrestre  ce qui va leur permettre d’augmenter l’audience potentielle et recueillir plus de recettes publicitaires. Et pourtant une question se pose: si les compagnies comme CTC, Peretz, Domashny, Ren TV, TNT, TV3 ou encore TV Center peuvent compter sur une part du gâteau de la TNT grâce à leurs notoriété,  les perspectives d’autres chaînes semblent peu réalistes, voire douteuses car elles ne pourront même pas rembourser les frais de « présence » dans le deuxième multiplex (même avec la croissance du marché de la publicité télévisée et une augmentation potentielle de la part de l’audience).

Le deuxième multiplex sera composé de dix chaînes qui (selon les conditions d’éligibilité) doivent émettre tous les jours, 24/24h et avoir une grille des programmes où le volume des émissions russes sera supérieur à 55%. Quand au troisième bouquet numérique il sera entièrement composé des chaines régionales (la composition et la structure du 3e multiplex seront l’objet de discussions en mai-juin  2013; à ce jour il n’y a aucune décision concrète par rapport à ce sujet).

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Zvezda TV est morte, vive la Télévision Publique!

(Mise-à-jour du 17 septembre 2012 – Le Ministère de la Défense a su convaincre le gouvernement que la Télévision Publique Russe (TPR) n’aura pas besoin de toutes les fréquences occupée par « Zvezda ». De plus, avec l’arrivée de la TNT (la Russie passera en tout numérique vers 2015) les deux chaînes pourront co-exister sans aucun souci.  Cependant, il parait que les fonds provenant du budget d’Etat ne sont plus à disposition de la chaîne du Ministère (avant 4,2 milliards de roubles provenaient de l’argent publique). Cette décision sera certainement un coup dur pour « Zvezda » qui sera obligée de subir de profondes transformations ou périr).

Alors, c’est officiel. La chaîne nationale russe « Zvezda » (L’Etoile) disponible dans 79 régions de la Fédération de Russie avec une audience potentielle de 64 millions de personnes reste sans fréquences de radiodiffusion.

Selon « Izvestia », le Ministre des Communications Nikolay Nikiforov a adressé une lettre au Ministre de la Défense Anatoli Serdioukov dans laquelle il l’informait que le Gouvernement avait décidé de confier les fréquences de la chaîne du Ministère de la Défense à la Télévision Publique (OTR). Techniquement, le transfert doit passer par la révocation de sept licences de la chaîne.

Donc, notre supposition, faite au mois de février 2012, a été juste. C’est « l’explosion de l’étoile » (Zvezda en russe) qui doit donner naissance à la nouvelle Télévision Publique en Russie dont le budget devrait être assuré par la collecte publique des fonds; seule la première année de son fonctionnement sera subventionnée par l’Etat.

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TV: Poutine a nommé le directeur de la télévision publique

See on Scoop.itMédias en Russie

Vladimir Poutine a désigné, par son décret, Anatoli Lyssenko au poste de directeur général de l’organisation autonome non commerciale Télévision publique de Russie.

Au début la nouvelle télévision fonctionnera aux frais de l’Etat qui seront remplacés plus tard par des donations des particuliers. Son organe dirigeant, le Conseil, sera formé par la Chambre publique sans la participation des fonctionnaires mais avec celle de différentes forces politiques. La composition du Conseil sera validée par le président.

See on french.ruvr.ru

Anatoli Lyssenko estime que la télévision publique peut commencer à émettre au printemps 2013. « Je voudrais créer une équipe « multi-âge », qui relient les personnes âgées avec leur expérience, leur désir de travailler pour un public sans trop penser au salaire et les jeunes (je n’idéalise pas les personnes âgées, mais je considère qu’ils ont un peu plus de cette qualité importante que la jeune génération d’aujourd’hui) », –a commenté Anatoli Lyssenko. « ...et pourtant, j’aimerais avoir beaucoup de jeunes à la télévision publique non seulement pour faire des programmes qui sont étroitement liés à l’Internet et aux nouvelles technologies, mais pour apporter une touche que j’observe dans les programmes pour la jeunesse d’aujourd’hui et qui devient une tendance. Il s’agit d’un style « décoiffé » des programmes: des reportages un peu spontanés, pouvant aller jusqu’à une certaine incompétence, mais plein de dynamisme en même temps. Vous savez, il y a 25 ans c’est grâce à ce genre d’incompétence que le programme « Vzglyad » (La vue) est devenu légendaire… » – a jouté-t-il.

Monsieur Anatoli Lyssenko est le président de l’Académie Internationale de la Télévision et de la Radio. Il a consacré toute sa vie au journalisme à la télévision où il commence à travailler depuis le début des années 1950.

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L’homme politique russe et la télévision

« Qu’importe au succès des affaires
Qu’on soit d’accord pour les tenter,
Si l’on se jette en des partis contraires
Quand il s’agit d’exécuter?.. « 
I.A. Kriloff (« Le brochet, le cygne et l’écrivisse », Fables) 

La télévision et la politique en Russie allaient presque tout le temps ensemble; et pourtant les chaînes TV des partis politiques (à l’exception de celles du parti au pouvoir) ont rarement dépassé le stade d’un projet. Lors de deux dernières années, grâce à la banalisation des techniques et des outils nécessaires au traitement de la vidéo, la situation a changé et on voit maintenant certains de ces projets à voler de ses propres ailes.

Ainsi, le projet du parti communiste russe (KPRF), qui a commencé à s’intéresser à la télé en 2007 en créant sa propre chaîne YouTube, restait pendant très longtemps assez marginal. Aujourd’hui cette ressource compte plus de 2200 vidéos et plus de 10 millions de vues cumulées. Le lancement de sa propre chaîne TV, annoncé par le Chef du Département juridique et le secrétaire du Parti communiste Vadim Soloviev, s’inscrit bien dans le développement de ce projet. Mercredi dernier, Vadim Soloviev a communiqué à « RBC Daily » que 10 millions de roubles (300.000 dollars), issus des économies réalisées sur les frais d’impression et de distribution des tracts et des journaux du parti, vont être attribués chaque mois à la chaîne pour assurer son bon fonctionnement.

Ni le nom de la nouvelle chaîne (KPRF TV est le nom provisoire), ni sa date de lancement n’ont pas encore été dévoilés, mais les militants des 47 branches régionales du parti communiste ont déjà « du pain sur la planche », car « le Centre » les a chargés de la production des émissions de débat et d’actualité pour toutes les audiences. Au début, la chaîne de KPRF ne diffusera que sur Internet, mais Soloviev n’a pas exclu qu’elle passera en mode satellite dans le futur proche.

En même temps, les communistes ne sont pas les seuls passionnés de la radiodiffusion: un député éminent du gauche rival « Russie Juste », Dmitri Goudkov, travaille séparément sur un autre projet qui vise de créer une chaîne de télévision publique. La chaîne, qui prévoit de présenter les premiers pilotes de ses émissions en Septembre 2012 et espère attirer quelques personnalités de premier plan de la télévision publique fédérale sera diffusée sur Internet. L’idée de Goudkov est que les téléspectateurs potentiels mettent en commun les moyens pour créer leurs émissions en se mettant d’accord au préalable sur ce qu’ils souhaitent voir: « 100 roubles (3 dollars, n.d. @médiasrusses) par citoyen ce n’est pas énorme et cela suffira pour faire fonctionner la nouvelle chaîne avec le budget 100 000 roubles par mois « , – explique le député. Cette approche est très critiquée par les blogueurs russes qui considèrent que les gens  obtiennent déjà l’information qu’ils souhaitent sur Internet et n’auront donc pas besoin d’une chaîne télé (d’ailleurs, une chaîne semblable « TV Dozhd » existe déjà).

Quand au Kremlin, il envisage (lui aussi) de lancer en 2013 une chaîne de télévision publique indépendante en Russie afin de pouvoir équilibrer la télévision contrôlée par l’Etat.  Un beau projet que nous avons traité sur les pages de ce blog mais qui petit à petit s’éloigne des objectifs initialement prévus: le projet sera initialement financé par l’État et les dirigeants de la chaîne seront nommés par le Président.

En réalité la Russie a déjà eu sa chaîne publique. Elle s’appelait Obshestvennoe televidenie Rossii ou ORT (Télévision publique de Russie). Sa création a été entérinée par Eltsine en 1994. Mais son existence fut brève : assassinat du directeur général, changement de pouvoir et passage au statut de chaîne commerciale. Aujourd’hui, elle est devenue Pervyi canal (Première chaîne), un exemple flagrant de « propagande d’État ». Cette nouvelle chaîne publique réussira-t-elle a apporter quelque chose de neuf ou bien viendra-t-elle grossir les rangs serrés des chaînes officielles ?

Source

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