RT, le soft power russe en images

La chaîne d’information du Kremlin Russia Today (RT) a fait beaucoup de bruit (et a eu autant de succès) lors des deux dernières années. Voici un article de Vassily KLIMENTOV, qui vous aidera à comprendre l’histoire du succès de la chaîne à deux lettres.   

rt
Lancée en 2005 par le Kremlin et présentée comme un équivalent russe de la BBC – un média financé par l’État, mais possédant une ligne éditoriale indépendante –, RT, tout en voulant faire concurrence à la BBC, Deutsche Welle, France 24 et surtout Al Jazeera, s’est clairement positionnée comme le porte-voix international de Moscou. Adossée à l’agence de presse étatique RIA Novosti par l’intermédiaire de la compagnie TV-Novosti, Russia Today s’est diversifiée avec la création de la chaîne arabophone Rusiya Al-Yaum (RT Arabic) en mai 2007, de la chaîne hispanophone RT en Español en décembre 2009, de la chaîne spécifiquement destinée au marché américain RT America en 2010 et finalement de la chaîne RT Documentary en juin 2011. Ce développement a été rendu possible par l’augmentation du financement, sans que celle-ci ne se fasse de manière toujours transparente, qui est passé de 30 millions de dollars en 2005 à près de 350 millions en 2011, pour s’établir légèrement au-dessus des 340 millions de dollars en 2012. 
En 2013, RT – grâce à une décision exceptionnelle de Vladimir Poutine – fait partie des médias dont le financement a été maintenu malgré les recommandations du ministère des Finances qui préconisait des coupes budgétaires. RT est aujourd’hui clairement la figure de proue dusoft power russe, aux côtés par exemple du journal officiel Rossijskaja Gazeta qui édite des suppléments mensuels en partenariat pour plusieurs journaux dans le monde, dont La Russie d’Aujourd’hui pour Le Figaro en France.
Autour du slogan « Question more », l’objectif affiché de RT est de présenter une information «alternative» à ce que ses dirigeants décrivent comme les médias mainstream. Cependant, de fait, ni la direction de la chaîne, ni le pouvoir russe – malgré des éléments de langage récurrents soulignant la liberté éditoriale de la chaîne – n’ont jamais fait d’efforts particuliers pour nier le caractère engagé de RT. En juillet 2012, Margarita Simonyan, la rédactrice en chef de RT que l’on peut retrouver sur Live Journal, l’assume d’ailleurs ouvertement dans une interview pour le journal russe Itogi en rappelant qu’au sein de la chaîne : « nous sommes complètement solidaires de la politique étrangère de notre pays. Plus encore, lorsque nous avons commencé, nous avons ouvertement dit que nous allions présenter le point de vue russe sur le monde ». Du côté de Vladimir Poutine, le propos, exprimé dans une interview à RT en juin 2013 largement reprise par les médias américains, est plus ambigu et la contradiction à peine masquée : « Nous voulions amener une chaîne d’information absolument indépendante dans l’arène de l’information. Assurément la chaîne est financée par le gouvernement, donc elle ne peut faire autrement que de refléter la position officielle du gouvernement russe sur les événements dans notre pays et dans le reste du monde d’une manière ou d’une autre ».
Plus simplement, sans aller dans la caricature présentée dans certains médias du soft power américain comme Voice of America, le cœur du concept RT reste de mettre l’accent – souvent avec des moyens qui n’ont de journalistique que le nom – sur des sujets que la Russie veut promouvoir à l’international, allant de l’opposition à l’exploitation du gaz de schiste dont l’arrivée sur le marché impacte à la baisse sur le prix du gaz russe au soutien inconditionnel au régime syrien que la Russie défend.
Who poses the greater nuclear threat? (Campagne de RT à Londres)

Who poses the greater nuclear threat? (Campagne de RT à Londres)

Le tout teinté d’un antiaméricanisme prononcé et d’un temps de parole démesuré accordé aux tenants de différentes théories du complot, lesquels remettent en cause la « version officielle » du 11 septembre 2001, la naissance du président Obama en territoire américain ou le changement climatique.
Présenté ainsi, RT ressemble à s’y méprendre à certains médias de l’époque soviétique – une analogie jusque dans les procédés utilisés que nombre de commentateurs, y compris russes, n’ont pas manqué de noter. La technique la plus simple, et la plus efficace assurément, étant toujours de refuser de discuter des problèmes russes, ou des pays alliés ou amis, en arguant que l’Occident est loin d’être irréprochable, perdant au passage tout sens de la mesure. Mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la force de RT réside pourtant dans son caractère ouvertement biaisé pour la majorité de l’auditoire international. Dans un système où l’information médiatique, même au niveau international, tend à l’uniformisation alors que beaucoup de médias recherchent une objectivité qui sera toujours factice, la chaîne russe assume, presque sans gêne, une information dirigée, mettant ouvertement l’accent sur les problèmes de l’Occident, donnant l’occasion de s’exprimer à tous les autocrates et organisant des débats parfois à la limite du grotesque.
De fait, au moins deux points méritent d’être soulevés pour expliquer le succès de RT. D’abord sur le fond, il est évident, que même en ayant connaissance de l’agenda politique qui saute aux yeux et même en comprenant que l’information est filtrée, reste qu’il n’existe pas d’autres chaînes de télévision où l’on peut voir une interview du président syrien Bachar el-Assad ou de ses représentants, un entretien avec le leader du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, ou avec le défunt président du Venezuela Hugo Chàvez. Dans un style différent, la chaîne russe est aussi une scène parfois ouverte où il est possible de voir le philosophe Slavoj Žižek en débat avec David Horowitz. Ensuite, sur la forme, et en admettant que RT ne fait pas réellement dans le journalisme et que, de fait, son objectif est fondamentalement différent de celui d’informer sérieusement, la chaîne est passée maître dans l’art tendance de l’infotainment. Sa force est d’être à mi-chemin entre l’information et le show, de ne pas être liée par les codes du journalisme, de faire dans une forme événementielle où, qu’il s’agisse des débats ou des reportages, se mêlent jugements de valeur et information, l’objectif est de susciter le choc, de provoquer la controverse – de finalement faire du divertissement.
Derrière cela, et en plus d’une campagne de publicité très agressive, un vrai travail technique et stratégique pour proposer de nouvelles formes de programmes, plus éloignées d’un journalisme « sérieux » à la CNN, a aussi été fait. Comme illustration d’une stratégie tournée vers le sensationnel, RT a, par exemple, reçu la Nymphe d’Or à Monte Carlo en juin 2013 pour sa couverture de l’explosion de météorite au-dessus de la Sibérie, typiquement un sujet événementiel pour lequel la chaîne a récupéré de nombreuses vidéos amateurs. Encore plus symptomatique de cette idée de l’infotainment, la chaîne RT

Dans un cas pareil le présentateur n'est plus une tête parlante et doit certainemnt avoir le talent d'acteur .l

Dans un cas pareil le présentateur n’est plus une tête parlante et doit certainement avoir le talent d’acteur .

Arabic a récemment mis en place un JT utilisant des effets 3D  pour traiter notamment d’un sujet aussi sérieux que la situation au Moyen-Orient : le présentateur devient presque acteur jouant avec un tank qui, sortant de l’écran, vient envahir le plateau ou encore avec des étincelles volant de l’écran pour atterrir sur son complet. Clairement, le journalisme passe ici au second plan, tout est fait pour captiver le public sur la forme plus que sur le fond. En parallèle, la chaîne est complètement adaptée au marché local, n’utilisant pratiquement que des présentateurs de langue maternelle, une autre manière de paraître accessible.

La stratégie de RT passe aussi par le recrutement de personnalités emblématiques, recrutement qui peut être fait grâce aux ressources financières de la chaîne, mais pas seulement. Il est évident par exemple que le sulfureux fondateur de Wikileaks, Julian Assange, aurait sûrement eu du mal à devenir intervieweur sur une autre chaîne lorsqu’il a finalement rejoint RT en 2012. Comme pour l’obtention des invités politiques, la force de RT est d’être une chaîne officiellement adossée au Kremlin, bénéficiant de son appui pour attirer des personnalités. Plus récemment, M. Simonyan a annoncé en grande pompe que l’emblématique Larry King, connu au passage pour son admiration de Vladimir Poutine, allait, dès juin 2013, animer un programme d’interviews, Larry King Now, sur RT et en créer éventuellement un spécialement pour la chaîne par la suite. Évidemment, RT n’a pas la capacité de recruter tous les présentateurs qu’elle voudrait, certains refusent de s’associer à un tel projet. Il semble, par exemple, que Phil Donahue ait récemment refusé une offre de la chaîne russe.
La combinaison de ces facteurs explique le succès relatif de RT dans le monde, son accession au statut de 3e chaîne d’information en Grande-Bretagne avec un demi-million de téléspectateurs quotidiens d’après Voice of Russia et sa capacité à s’imposer comme le média étranger le plus regardé dans les villes américaines de Washington, New York, San Francisco, Los Angeles et Chicago d’après une étude menée l’année dernière par la firme américaine Nielsen Media Research. En 2012, RT a également réussi à doubler son audience aux États-Unis par rapport à l’année précédente. Cependant, comme l’illustre le succès rencontré sur YouTube, où RT a atteint le milliard de vues et possède à ce jour plus de 978 000 abonnés, son format est peut-être plus adapté au web  qu’à la télévision classique. Internet propose une interactivité accrue pour les spectateurs, élément fondamental pour partager des vidéos virales en multipliant les commentaires. À ce titre, le fait que les vidéos de RT soient parmi les plus commentées sur la plateforme, malgré la présence de seulement 19 000 vidéos au total, ne relève clairement pas du hasard. Pour accélérer la propagation de « son » information, RT autorise officiellement les utilisateurs à republier sur leurs propres chaînes les vidéos qu’elle a postées, à condition d’en mentionner l’origine. Aujourd’hui, la chaîne russe peut se targuer de compter entre 800 000 et un million de visiteurs par jour sur ses vidéos, un résultat qui sort de l’ordinaire.
Finalement, pour l’ex-Russia Today, l’objectif ultime de populariser la Russie prédomine largement sur le financier et le but n’est pas de faire de RT un projet rentable. Ainsi, si la publicité est présente sur certaines vidéos, elle demeure très effacée – un choix délibéré des dirigeants qui veulent avant tout faire passer un agenda politique et non gagner de l’argent. Pour cela, comme au temps de l’URSS, il n’est pas réellement nécessaire d’être journaliste, il s’agit plus d’un travail de communicant.
Lire également sur notre blog :

Russia Today révolutionne le JT en y utilisant des effets 3D

See on Scoop.itMédias en Russie

Dans un cas pareil le présentateur n'est plus une tête parlante et doit certainemnt avoir le talent d'acteur .l

Dans un cas pareil le présentateur n’est plus une tête parlante et doit certainement avoir le talent d’acteur.

Entre infotainment et vraie modernisation de l’info, un journal télévisé d’un nouveau genre a été diffusé sur la chaîne Russia Today Arabic et repéré par le site Gentside.com.

Si l’émission commence de façon plutôt classique, avec un présentateur debout devant un écran, le JT se transforme vite en démonstration visuelle. Sur une carte du Proche-Orient, des avions décollent, passent devant le présentateur. Le présentateur joue ensuite avec cette innovation.

Une explosion embrase l’écran, il se nettoie le pantalon tout en déroulant ses infos alors qu’un village en ruines apparaît en arrière-plan. Puis, en clou du spectacle, un char fait son entrée sur le plateau.

Voir la vidéo : http://youtu.be/yYDtzLir86c

Médias en Russie‘s insight:

En voilà une idée originale. Pour vous dire la vértié, Russia Today ne cesse pas de nous surprendre cette année !

See on www.gentside.com

Lire également sur notre blog : 

Russia Today remporte la prestigieuse Nymphe d’Or à Monte Carlo

Image

Le présentateur de la RT Bill Dod (à droite) et le correspondent Egor Piskunov reçoivent la Nymphe d’Or pour le Meilleur Programme d’Actualités 24 heures/24 au Festival de Télévision de Monte Carlo.

Dans le monde de la télé la joie est grande car jeudi dernier (le 13 Juin 2013, quelle date !!!) la chaîne russe d’information en continu Russia Today a remporté la Nymphe d’Or au Festival de Télévision de Monte Carlo pour sa couverture de l’explosion du météorite au dessus de Chelyabinsk (Russie) survenue quelques mois plus tôt cette année (catégorie le Meilleur Programme d’Actualités 24 heures/24).

La RT, qui est récemment devenue la première chaîne d’information à avoir cumulé un milliard de vues sur YouTube, a également été nominée pour une Nymphe d’Or en 2012, mais c’est pour la première fois qu’elle reçoit ce prix prestigieux.

FÉLICITATIONS !

Pour info : La chaîne d’information Al-Jazeera  avait été nominé pour sa couverture des protestations dans le monde musulman après la sortie du film « Innocence des musulmans » sur YouTube, Quand à CNN, elle a été mis en avant pour le reportage en direct sur l’évasion du militant des droits civiques chinois Chen Guangcheng de sa résidence surveillée.

Un Programme d'Actualités 24 heures/24 est une édition spéciale couvrant un événement en direct. Le Programme inscrit dans cette catégorie consiste en la couverture d’un unique événement, tel qu'il se déroule. Il doit contenir au minimum 85 % d’éléments de direct, sans montage. Il doit être diffusé exclusivement par une chaîne d’informations en continue et ce dans les 24 heures suivant l'événement. Format: ne doit pas dépasser 10 minute (Source: site officiel du festival de Monte Carlo)

Lire également sur notre blog : 

Larry King rejoint la chaîne Russia Today

larrykingrt

Larry King, l’intervieweur américain qui a passé 25 ans avec CNN, va rejoindre l’équipe de la chaîne du Kremlin Russia Today (RT) sur laquelle il présentera deux programmes politiques: « Politics with Larry King » et « Larry King Now ». Les deux émissions produites par la société Ora.tv seront enregistrées dans les studios de RT à Washington.

« J’ai toujours été passionné par le gouvernement et les questions qui comptent pour le grand public ; et je suis ravi de cet occasion de parler de la politique avec des personnes les plus influentes à Washington et à travers le pays », a commenté le roi de l’interview Larry King (plus de 50 000 interviews pendant 56 ans de sa carrière).

Entre parenthèses disons que le programme « Larry King Now » a débuté sur Hulu aux Etats-Unis en juillet 2012 et continuera à y être diffusé.  En faisant renter les vedettes de journalisme RT fait encore un pas pour devancer ses concurrents sur les marchés américain et européen (je vous rappelle qu’en 2011, la RT est devenue la chaîne étrangère d’information la plus regardée sur les cinq principaux marchés américains).

Via

Lire également sur notre blog :

YouTube et la télévision russe

Sport, cuisine, voyage, animaux, séries, dessins animés, films d’horreur il y a du tout sur YouTube qui a récemment élargi son offre en autorisant les chaînes payantes sur abonnement. Tout est là pour que « la télérévolution » (changement global du mode de consommation des programmes TV) prônée par le fondateur de Google Sergey Brin se passe en Russie qui occupe la 5ème position pour le trafic mensuel en provenance de YouTube généré par 51 million utilisateur actifs.  Cependant, à la différence des Etats-Unis les chaînes thématiques YouTube n’ont pas encore percé en Russie; Beaucoup de questions se posent dont la plus importante est sur l’acceptation de payer pour un service dont les internautes bénéficiaient gratuitement depuis huit ans. 

YouTubeRus

Néanmoins, des chaînes de télévision russes, jusqu’à récemment très réticentes à ‘libérer’ leur contenu, commencent à s’agiter un peu plus en créant leurs propres chaînes YouTube. Très soucieuses de la chute des audience elles sont de moins en moins sceptiques par rapport aux nouvelles niches de distribution. En voici quelques exemples :

A la fin de 2012 Perviy Kanal avait signé un accord avec YouTube selon lequel la plateforme de Google a reçu les droits non-exclusifs sur quelques 3500 heures de contenu qui ont servi la base pour la création de la chaîne 1TV (+/- 140 000 abonnés).  D’autres services russes d’hébergement vidéo ont tenté d’obtenir le contenu de la première chaîne nationale (ex:  ivi.ru) mais aucun contrat n’a jamais été signé. Quand à YouTube, elle est devenue la première et la seule société légitime à diffuser le contenu de la chaîne sur Internet.

A la différence de Perviy Kanal, la chaîne NTV était assez présente sur l’Internet, car quelques-unes de ses émissions ont été diffusées sur les portails vidéo RuTube et Now.ru (les deux, comme NTV, appartiennent à Gazprom-Media). La création de la chaîne officielle de NTV sur YouTube (+/- 36000 abonnés) a été un prolongement de sa politique d’ouverture.

Rossya, la troisième chaîne de la grande ‘troïka’, est malheureusement le mauvais élève. Comme toutes les chaînes de la compagnie pan-russe d’État de télévision et de radiodiffusion (VGTRK), elle est très peu présente sur YouTube. Cela s’explique en partie par le fait que le contenu de la VGTRK a été longtemps représenté sur Zoomby.ru – un autre ressource russe qui avait un contrat d’exclusivité sur la distribution des programmes du holding ; Aujourd’hui ce n’est plus le cas, mais … bien que l’exclusivité ait été levée, le holding média n’a pas encore pu se mobiliser pour élaborer la stratégie de sa présence sur YouTube. Les résultats en témoignent :  les versions YouTube des chaînes thématiques de VGTRK (elle en a dix actuellement et réfléchit à la création de la onzième) ont été créées sporadiquement et rares sont celles qui dépassent la marque de 3000 abonnés. Les paroles du directeur adjoint de la VGTRK Dmitry Mednikov ne font que confirmer notre observation : « Nous donnons des miettes à YouTube.. – dit-il dans son interview à Cinémotion Lab, – notre principal partenaire reste Zoomby ».

YouTube gagne du terrain et commence à bénéficier de la notoriété non seulement chez les producteurs de contenu (chez certains la collaboration avec YouTube rapporte plus que la distribution classique) mais aussi chez les grande chaînes de télévision et des holdings médias. Si les dirigeants du groupe CTC Media ont tous été adeptes de la stratégie de distribution du contenu via son propre service de streaming (Videomore), ils commencent à s’incliner vers l’utilisation des services tiers. La chaîne YouTube de CTC Media compte plus de 46000 abonnés.

RussiaTodayYouTube

La chaîne RT – le meilleur élève de la fac ‘YouTube’ en Russie (835 000 abonnés)

De façons générale les sociétés de télévision russes ont compris que les téléspectateurs loyaux vont continuer à aller sur leurs sites-web ou bien brancher la télé à l’heure précise pour regarder leurs émissions préférées. Quand à d’autres portails vidéo, ils ne sont plus perçu comme des ennemis mais comme des ressources qui sont capables d’apporter à la chaîne des revenus supplémentaires sans trop compromettre leurs audiences. Malgré tout, le temps des chaînes  YouTube à péage n’est pas encore au rendez-vous. Même les chaînes les plus populaires sur YouTube n’y pensent pas encore. La chaîne d’information du Kremlin Russia Today en est la meilleur exemple. Très connectée, avec plus de 800 miles abonnés et le nombre de visionnage qui se rapproche du milliard elle réalise un chiffre d’affaire de $1,5 million de dollars issu de la collaboration avec YouTube (partage des recettes publicitaires) et, selon les communiqués de presse récents, ne veut rien changer.  Pour la majorité des producteurs russes à succès le partage des recettes restera le juste milieu pour l’instant.

Via

Lire également sur mon blog:

Assange va reprendre ses émissions à la télévision russe

Julian Assange va reprendre ses émissions à la télévision russe une fois ses ennuis judiciaires passés, a affirmé la rédactrice en chef de la chaîne en anglais RT après une rencontre avec le fondateur de WikiLeaks réfugié à l’ambassade d’Equateur à Londres.

« J’ai passé une heure auprès de lui et nous avons conclu que lorsque tout cela sera terminé, et j’espère que ça finira bien, nous reprendrons sans faute notre collaboration avec Assange« , a déclaré la rédactrice en chef de RT (Russia Today), Margarita Simonian, au quotidien Moskovskiï Komsomolets.

Mme Simonian a précisé s’être rendue récemment à l’ambassade d’Equateur à Londres pour s’entretenir avec Julian Assange qu’elle a trouvé « bon pied bon oeil, jovial, bien dans sa peau ». RT, chaîne publique d’information diffusée en anglais, arabe et espagnol dans le monde, a déjà diffusé 12 émissions présentées en direct par Julian Assange qui a interviewé des personnalités.

La première émission, enregistrée en Grande-Bretagne et diffusée le 17 avril, avait vu le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, ennemi juré d’Israël et de Washington, réaffirmer son soutien au régime syrien, également soutenu par Moscou.

Source.

Russia Today surpasse tous ses concurrents aux Etats-Unis!

RT

Selon le rapport d’analyse de Nielsen publié hier, la fameuse chaîne du Kremlin RT (Russia Today), est devenue la chaîne étrangère d’information la plus regardée sur les cinq principaux marchés américains en 2011.

Le rapport indique que la RT a battu Euronews UE, France 24, Deutsche Welle, son concurrent de Moyen-Orient –  Al Jazeera English, ainsi que ses consoeurs asiatiques NHK World et CCTV  (à noter que la BBC n’a pas été incluse dans l’analyse de Nielsen). A titre d’exemple, à New York, l’audience hebdomadaire de RT était neuf fois celle de la NHK World, et à Chicago, l’écoute quotidienne était de trois fois supérieur à celui d’Al Jazeera English.

Pour le rédacteur en chef de RT, Margarita Simonyan c’est la fête. « La croissance de nos audiences dans les grandes villes américaines, dont New York et Washington, prouve que nous sommes devenus fermement établi comme une chaîne internationale qui donne une alternative au courant dominant de « mainstream » américain, » – se réjouit-elle.

En effet, au début de 2011 la chaîne a obtenu un coup de pousse en commençant à émettre sur les réseaux câblés de San Francisco, Chicago et Philadelphie, pour terminer par rejoindre le bouquet satellitaire de Dish TV. Actuellement, 85 millions de personnes aux États-Unis ont accès à la chaîne, selon Itar-Tass.  Globalement, la chaîne est est disponible à plus de 430 millions de personnes dans le monde entier (100+ pays).

Source

Il est intéressant de noter la réaction de l’Ambassadeur des Etats-Unis, Michael McFaul qui n’a pas pu partager la joie de la rédactrice en chef de RT/ En tout les cas à en juger par le message qu’il avait publié sur son compte Twitter (ci-dessous):

Lire également: 

Al Jazeera VS Russia Today: une bataille pour l’audience s’intensifie

Une station de télévision « Al-Jazeera » a produit une émission sur la chaîne publique russe  « Russia Today » (RT) en l’accusant de la propagande anti-occidentale et de la couverture insuffisante des évènements importants en Russie.

Dans  l’émission « Listening Post » une journaliste Ana de Sousa a remarqué que « RT » a tenté de minimiser l’importance du mouvement de protestation dans ses reportages en se concentrant sur ​​les manifestations pro-gouvernementales qui ont eu lieu au même moment en Russie. De l’autre côté, les émissions sur les manifestations anti-gouvernementales et les émeutes en Grèce, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni ont été très bien [pour ne pas dire trop] détaillées.

Un intervenant de « Listening Post » Luke Harding, correspondant de « The Guardian » (exilé de Russie en Février 2011 pour avoir violé les règles d’accréditation) a déclaré que ceux qui veulent savoir ce qui se passe réellement en Russie ne le sauront pas en regardant « RT ».  Selon lui, l’existence de « RT » montre que « le Kremlin n’a pas pu comprendre ni la façon dont l’Occident fonctionne ni la structure de ses médias. » « Ils ont fait ce qu’ils font avec la plupart des problèmes: couvrir le projet avec l’argent » – a dit Harding.

Le rédacteur en chef de « RT » Margarita Simonyan n’a pas hésité à réagir sur son Twitter (@M_Simonyan) en qualifiant ce reportage de l’effronterie. Elle a déclaré qu’elle était surprise par «l’impudeur» des journalistes d’Al Jazeera. « Le monde entier sait que leur patron a reçu des instructions de la CIA pour la couverture du printemps arabe. « Wikileaks » a divulgué ces pourparlers. Mais non, sans sourciller ces gens-là continuent à jouer au média indépendant… » – a ajouté Simonyan.

Pour conclure, disons que dans cette histoire une chaîne en vaut une autre. Pourtant, il est clair que dans cette course à l’audience la réputation d’Al-Jazeera ne gagnera pas beaucoup de points en effectuant les coups bas pareils, car « Russia Today » « était [toujours n.d.a.] un instrument politique et personne ne le cachait« . Même Madame Simonyan a mentionné ce fait à plusieurs reprises. Finalement, cela revient à vous, mes chers téléspectateurs, de juger à travers quel prisme regarder…

Alors qui? 🙂 

D’après l’article paru sur Lenta.ru

A lire aussi le sondage sur Wikileaks : Which is better, AlJazeera or Russia Today?

Pour info: « Russia Today » est une chaîne de télévision publique qui a été créé en 2005 pour diffuser en anglais à l’étranger. Plus tard, la « RT » a lancé une version arabe et espagnole ainsi que des chaînes thématiques « RT America » et « RT Documentary ».