Animation russe : une lutte pour le court-métrage

See on Scoop.itMédias en Russie (Le post ci-dessous est une traduction de l’article paru dans « Moskovski Komsomoletz » le 1 Avril 2013. Un homme légende de l’animation russe Garry Bardin y parle de ses projets, de l’état actuel de l’animation russe, des nouvelles technologies et la 3D…. (L’article a été traduit par l’équipe de « La Russie d’Aujourd’hui »)
GarryBardinEmployé par le principal studio soviétique d’animation Soyouzmoultfilm depuis 1975, M.Bardine y a créé 15 films, dont plusieurs ont remporté des prix à des festivals internationaux. Parmi ses œuvres figurent Bateau volant, Le Loup gris & le Petit Chaperon rouge, Le Chat botté, La nounou et Le vilain petit canard. En 1991, le réalisateur a créé son studio d’animation Stayer, qu’il dirige encore aujourd’hui.

Moskovskie Novosti : Les technologies numériques modernes ont-elles beaucoup changé l’animation ?

Garri Bardine : Moi, je suis un conservateur et j’utilise toujours une caméra 35 mm ordinaire. Je ne veux pas me presser. Je préfère travailler à la main, plutôt qu’utiliser l’ordinateur. Et le montage, nous le faisons à l’ancienne, sur la pellicule photographique. Nous tournons un film en utilisant plusieurs maquettes. Après, nous prenons des petits morceaux de la pellicule (5,6 ou 7 secondes) et nous les développons pour déterminer s’il y a des imperfections. S’il n’y en a pas, nous commençons le montage: nous avons une ancienne table de montage, fabriquée à Odessa. Cependant, plusieurs studios montent actuellement leurs films à l’aide de l’ordinateur en se servant  de logiciels de montage. 

Vous avez travaillé au sein du studio Soyouzmoultfilm après la dislocation de l’URSS. Est-ce que le marché libre qui est du coup apparu dans le pays, a fait changer l’industrie de l’animation ?

VilainPetitCanard

« Le vilain petit Canard » de Garry Bardine est sortie en France en 2011Ceux qui n’ont pas vu ce dessin animé, voici le lien http://goo.gl/GB9Bs

G.B.: L’essentiel pour les producteurs et les distributeurs, c’est de vendre le film, et ils s’intéressent donc exclusivement aux long-métrages. Mais l’animation, c’est souvent de la métaphore, qui privilégie le court-métrage, qui peut exprimer beaucoup de choses. Parfois, en dix minutes on peut dire ce qui ne peut être exprimé dans un long-métrage. Prenons par exemple Le Hérisson dans le brouillard par Youri Norstein – c’est un court-métrage métaphorique consacré à la découverte de l’Univers autour de soi, qui a une immense profondeur philosophique compressée en dix minutes. Toutefois, les producteurs veulent actuellement que les réalisateurs créent des grands films pour les montrer aux cinémas. Et si on produit parfois des court-métrages, ça se fait pour des festivals, tandis que les spectateurs ne peuvent pas les voir ni au cinéma, ni à la télévision.

Est-ce que la politique de l’État dans le domaine de l’animation est efficace ?

G.B.: Il y a trois ans, nous avons parlé à Vladimir Poutine. Lors de cette réunion, les réalisateurs d’animation se prononçaient sur les défis actuels et prônaient l’augmentation des fonds publics octroyés à l’industrie. On proposait de créer une académie d’animation pour restaurer l’industrie nationale et faire face à la concurrence étrangère, américaine et japonaise. L’État n’a pas réagi.

Quel est le secret du succès d’un film d’animation ? Est-ce qu’on peut combiner la profondeur et la popularité ?

… Lire la suite sur le site de la Russie d’Aujourd’hui

Commentaires

Ivan Maksimov, réalisateur d’animation et artiste, et sa vision de l’animation russe

Nos films animés sont plus humanistes et plus touchants, il y a plus d’amour. La raison pour cela est le conservatisme de nos enseignants. Pour la culture occidentale, c’est le postmodernisme qui règne, ils n’aiment pas des oeuvres qui sont consacrées à l’amour. C’est pourquoi j’aime plus l’animation russe. Nous sommes toujours en retard, et nous conservons donc nos traditions, bien que nous-même, nous ne le voulions pas.

Maria Terechtchenko, journaliste, sélectionneur du Grand festival russe d’animation

Les particularités de l’école russe d’animation sont malheureusement obscurcies par un manque de compétences techniques, un « manque de formation ». Notre animation possède certaines traditions et la volonté de les maintenir, mais les écoles spécialisées russes ne sont pas nombreuses, et plusieurs d’entre elles ne donnent pas une bonne formation (…) Il y a une autre tendance, très visible dans les films d’animation réalisés à des fins commerciales : nous pensons que le film doit être mignon. Et pour les animateurs américains, par exemple, c’est du passé. Si on regarde leurs séries d’animation pour les enfants, on peut voir que les personnages sont souvent non-conventionnels et même laids, mais cela présente un charme et une signification très particulières.

Gueorgui Vassiliev, producteur de la série éducative Les Fixiki

Durant les 20 dernières années, la Russie a investi dans l’industrie d’animation des centaines de millions. Au moins 4,6 millions d’euros de subventions sont repartis parmi les studios d’animation annuellement. Des projets réalisés à l’aide de ces fonds, nous voyons à la télé 20% ou moins. Durant les 20 dernières années, les studios ont produit des centaines de nouveaux films inconnus au public. Les animateurs ne sont pas en contact avec les spectateurs, il n’y a pas de feedback. Les studios produisent des dessins animés, sachant qu’ils ne sortira pas sur les écrans et ils peuvent faire ce qu’ils veulent.

Source 2

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Les Ames dormantes d’Alexandre Abaturov, réalisateur russe

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SpjashieDushi

À l’occasion du festival Cinéma du réel, le festival international du film documentaire (du 21 au 3 mars à Paris), Télérama a rencontré quatre réalisateurs venus d’horizons lointains dont un jeune réalisateur russe Alexandre Abaturov (*) …

Pourquoi filmer le réel ?

Je ne vais pas faire mon Sibérien qui a rêvé de faire du cinéma toute sa vie dans sa petite ville du bout du monde (la troisième ville de Russie quand même), mais c’est un peu ça. Les possibilités d’étudier le cinéma chez moi étaient à peu près nulles, le métier est pénible parce qu’il faut toujours rendre des comptes aux autorités, je suis donc venu tenter ma chance en France et je suis tombé sur le programme d’enseignement du documentaire à Lussas dans l’Ardèche. J’étais mal dégrossi, totalement novice en la matière. Quand on m’a demandé quel était mon documentariste préféré, lors de mon entretien de motivation, j’ai répondu Michael Moore et les enseignants n’ont pu s’empêcher de rire. Je n’en connaissais pas d’autre. J’ai découvert un monde dont j’ignorais l’existence et qui m’a passionné, celui du documentaire de création qui cherche une forme et des moyens originaux pour s’adresser au spectateur. Je me suis trouvé bien dans ce « cinéma du réel », l’expression me parle, c’est un regard particulier, un cinéma en direct, comme une forme de jazz où l’on improvise en fonction du sujet que l’on filme, sans rien prévoir à l’avance.

Quels sont vos guides et influences ?

Les films de zombie ! Je ne plaisante qu’à moitié. J’ai une cinéphilie et des goûts particuliers, du fait de l’endroit où j’ai grandi. Les films étaient très peu accessibles et je me suis fabriqué une culture très personnelle, très éclectique dont les piliers sont quand même Kubrick et Tarkovsky. Je reviens toujours à leurs films car ils me disent qu’on peut toujours apporter quelque chose de nouveau avec la simple force de son regard, qu’il est toujours possible d’inventer, même si tous les films ont été faits et toutes les histoires racontées. Sinon, côté documentaire, le premier choc a été Sans Soleil de Chris Marker qui m’a fait découvrir que ce genre permet de déployer un univers entièrement personnel, sans rapport avec l’actualité. Et j’ai ensuite été marqué par la flamme poétique de Johan Van der Keuken et sa manière de faire dialoguer le son et l’image. C’est un guide pour moi.

On me dit aussi que je fais un cinéma très « russe », que l’on retrouve chez moi des échos de Dziga Vertov ou d’Eisenstein. Je ne les ai découvert que sur le tard, quand j’étais en France, mais ils me parlent, c’est vrai. Question de gêne peut-être ou d’inconscient collectif.

Lire la suite de l’interview sur le site de Télérama.

Médias en Russie‘s insight:

Voir un extrait du film: http://youtu.be/e_F-tgi59J8

See on www.telerama.fr

(*) Alexandre Abaturov est né en 1984, il a grandi à Novossibirsk en Sibérie, fait ses études à Ekaterinbourg et ses premières armes dans une agence de presse russe. Pour mettre le cap sur le cinéma, passion de jeunesse, il est venu poursuivre des études en France et il est retourné au fin fond de la Sibérie pour réaliser son premier long métrage, Les Âmes dormantes, à l’heure des élections présidentielles de 2012. Un regard grinçant et décalé sur le délitement du système.

Q&A: Ivan Ourgant (la star montante de la TV russe)

Jean-Michel, Ivan Ourgant, Gricha Ourgant : une seule et même personne. Le charmant présentateur de la première chaîne de télévision russe, Pervy kanal, Ivan Ourgant, 34 ans, vient de lancer une nouvelle émission.

On peut rire de tout et avec tout le monde, considère Ourgant. « Y compris du président. Bien sûr, c’est plus drôle de rire d’un président étranger parce que tu peux t’en défendre avec l’arme atomique. Alors que rien ne te protégera de ton propre président.

La Russie d’Aujourd’hui propose un interview avec Ivan Ourgant, la star montante de la télévision russe d’aujourd’hui.

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Q&A: Questions à Tina Kandelaki: animatrice de télé, copropriétaire de la société Apostol Média et blogueuse

Tina Kandelaki est une personnalité aux multiples facettes. Non contente d’être journaliste, animatrice de télé, copropriétaire de la société Apostol Média et blogueuse bien connue, elle est aussi depuis peu une figure politique en vue.
Son compte Twitter, @tina_kandelaki, affiche près d’un demi-million de followers, et son Live Journal a reçu plus de 128 000 commentaires depuis sa création.

Kandelaki a fait la une de l’édition russe du magazine Maxim et, en affichant son soutien à Russie unie et Vladimir Poutine, a suscité des réactions parfois hostiles de la blogosphère russe. Mi-mai, RuNet Echo, un projet de Global Voices, a posé quelques questions par mail à Kandelaki. Un échange que nous reproduisons ci-dessous.

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