La Télévision Publique Russe se compromet. Déjà?

La semaine dernière seuls les paresseux n’ont pas mentionné le divorce du Président russe Vladimir Poutine. Hélas, cela nous concerne également, car cet événement a servi de test pour la Télévision Publique Russe (TPR), officiellement lancée il y a une quinzaine de jour, et nous a permis de répondre à la question posé dans un de nos articles précédent :

La télévision publique russe, différera-t-elle des chaînes gouvernementales ?

OTP (en russe) c'est l’abréviation de la Télévision Publique Russe)

Le scandale a éclaté après que la chaîne de télévision publique avait retiré des programmes une émission « Le Réseau Social » à la suite d’une blague sur le divorce de Vladimir Poutine. Dans cette émission ciblant la jeunesse  « nous avons monté une vidéo avec des photos de Poutine pour mamba.ru (site de rencontres)… Ils ont déprogrammé toute l’émission! » a écrit sur Facebook le co-présentateur du show, Vladislav Sorokine, en référence aux responsables de la TPR. 

Et ce blocage n’est pas le seul. Quelques jours avant une autre émission de Ekaterina Voronina et Vladislav Sorokine sur la démission du maire de Moscou Sergeï Sobianine, a été sévèrement critiquée par le Gouvernement et retirée de l’antenne. 

La direction de la TPR a préféré de tout mettre sur le dos des problèmes techniques (jusqu’à maintenant aucune réaction dans la rubrique presse sur le site de la TPR). Cependant, les cas de blocage ont également été confirmés par un des invités de l’émission qui n’a pas pu trouvé ni le programme avec sa participation, ni son interview dans lequel il parlait du Vice-Premier ministre du gouvernement de la Fédération de Russie Dmitri Rogozin.

« Continuez (l’émission – ndlr), mais sans nous », a ajouté Vladislav Sorokine, soulignant que lui et la co-animatrice allaient rester jusqu’à la fin de leur contrat le 30 juin. Ekaterina Voronina a confirmé l’information à la Radio Rousskaïa Sloujba Novosteï, ajoutant que son contrat lui interdisait de faire des commentaires.

Voici donc le portrait de la Télévision Publique Russe qui est censée proposer une alternative plus régionale et citoyenne que les chaînes existantes … Dommage qu’elle a choisi le chemin de mensonge comme les autres (ici je fais la référence à la principale chaîne de la télévision nationale « Perviy Kanal » qui a osé de montrer le final « alternatif » du jeu télévisé international « Crazy Games » au mois d’avril). Bref, dès le début il était évident que la TPR ne sera pas en mesure de devenir un canal libre et indépendant. Ce qui fait  peur est que mes craintes sont devenues la réalité si rapidement …

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Lire également sur notre blog : 

Le président Poutine à la refonte de la TNT russe

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VGTRK_chases_regional_TV

La semaine dernière Vladimir Poutine s’est retroussé ses manches pour faire de l’ordre dans le secteur de la Télévision Numérique terrestre. Sa première initiative portait sur l’ajout d’une nouvelle chaîne (TVC) dans le premier multiplex russe dont tous les opératuers de la télévision payante sont obligé de diffuser.

Par sa deuxième décision (encore moins compréhensible) le Président russe a ordonné à la Compagnie pan-russe d’État de télévision et de radiodiffusion (VGTRK) de créer des chaînes de télévision régionales accessibles à tous dans chaque ville, république et région de la Fédération de Russie.

Selon le décret, la VGTRK a le droit de recruter les organisations de télévision et de radiodiffusion régionales et municipales, ainsi que les rédactions des programmes et de chaînes de télévision régionales et municipales de créer une télévision régionale.

Médias en Russie‘s insight:

Qu’est-ce qu’on peut dire de tout ça? Une solution remarquable qui est faite autoritairement sans prendre en compte des chaînes régionales déjà créées… Que faire de la TNV au Tatarstan, par exemple?
De plus, des chaînes régionales comme TNV espéraient d’être incluses dans le premier multiplex russe. En vain. Maintenant leur avenir est plus que flou d’où vient le mécontentement sur les forums des diffuseurs régionaux qui (hélas) n’est visible que sur la toile. Espérons, quand même que la VGTRK qui est tout à fait capable de réaliser le projet du Président Russe sera ouvert au dialogue avec la périphérie.

Sinon, nous assisterons à la disparition des chaînes régionales indépendantes suivies par une couche entière de petites et moyennes câblo-opérateurs (ici nous faisons la référence à une autre décision autoritaire de Vladimir Poutine sur la refonte du premier multiplex russe).

Voir notre article ici: http://wp.me/p29tnH-nr

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La chaîne NTV s’essaye à la satire politique

OuiMonsieurPresident

L’apparition d’un show parodiant la politique est indubitablement guidé par le souhait d’augmenter l’audience. Le poète Alexei Tsvetkov, connu pour ses caricatures d’hommes politiques, pense que c’est une façon pour les chaînes d’attirer les internautes.

Mais la satire est-elle dangereuse pour le pouvoir ? Selon Tsvetkov, si « le climat politique dans le pays est sain, la satire ne peut que participer de cette bonne santé, en formant le public au scepticisme ».

Le service de presse de NTV refuse de commenter l’avenir du projet. Ce qui est certain, c’est que la demande pour la satire politique existe. « Le spectateur est fatigué de la télé actuelle. Il accueillera avec reconnaissance la moindre tentative de critiquer le pouvoir. C’est un axiome », explique l’écrivain Boris Minaev. Car la satire politique permet de vivre mieux et de respirer plus librement, conclut-il.

La télévision saura-t-elle rivaliser ?

Médias en Russie‘s insight:

Si on parle de cette émission de NTV, sortie au mois de mars la réponse (hélas) serait « NON ».

YesMinisterOfficiellement, les créateurs de « Oui, Monsieur le Président! », ont avoué qu’ils se sont inspirés du sitcom politique britannique « Yes, Minister » (d’où la ressemblance du titre de l’émission). Cependant, il faut dire que le nouveau produit de NTV n’a rien à voir avec la série sortie sur le « BBC » dans les années 80.

Tout d’abord, «Yes, Minister» n’était pas un spectacle de sketchs, mais un vrai sitcom et a été produit selon les lois de la série télévisée: dans chaque série, l’intrigue et le conflit principal étaient bien présents (la confrontation du héros et de la bureaucratie).

Deuxièmement, le héros (l’honorable James Hacker) était un personnage imaginaire, ainsi que son Ministère des Affaires Administratives (une pure fiction). En dépit de ce fait, le spectacle était d’une actualité brûlante..

Est-ce que nous avons vu quelque chose de pareil dans la première émission de « Oui, Monsieur le Président »? – Non.

Monsieur Poutine apparaît comme un homme calme, doux et laborieux, tout comme fameux « grand-père Lénine » dans les blagues dont, apparemment, les auteurs du programme se sont inspirés. L’éventail des sujets qui sont soulevés tient bien dans les cadres définis à l’époque soviétique à une seule différence que les histoires drôles sur les vendeuses bêtes et insolantes  ou bien des plombiers soulds ont été remplacées par celles sur les fonctionnaires corrompus et Deparrdieu ivre mort.

Guignols_PoutinesQuoique, ce n’est pas si grave que ça. Les blagues sur les vendeuses peuvent aussi être marantes si elles s’appuient sur la réalité et coïncident avec les attentes et l’expérience quotidienne de l’auditoire. Cette règle s’applique pleinement partout (même si on plaisante au sujet des hauts fonctionnaires). Par conséquent, les « Kukly » (Guignols) et « Itogo » ont bien marché sur la TV dans les années 90 et c’est aussi pour cette cause que l’émission « Oui, Monsieur le Président » ne marchera pas.

Soyons francs, même si le programme compte quelques passages rigolos, elle en dénombre plus de séquences qui qui ne le sont pas; et quand aux passages véridiques – (hélas, hélas, hélas)…  il n’y en a pas du tout…

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L’histoire de la satire politique à la télé russe

KVNL’histoire de la satire politique à la télé russe n’a pas plus de vingt ans. Tout a commencé avec le KVN (le club des joyeux lurons), un tournoi de sketchs et de stand-up. Dès la fin des années 80, s’y sont glissées des parodies du dernier leader soviétique Mikhail Gorbatchev, puis du premier président russe, Boris Eltsine.

En 1994 a été créée la plus importante émission de satire politique russe, les Koukly, une version russifiée des Guignols de l’info français. Grâce à l’écrivain-satiriste Viktor Chenderovitch, le scénariste du projet, les sketchs étaient mordants, percutants et l’émission a tout de suite acquis une grande popularité. Elle a existé pendant huit ans, sur la chaine NTV, et a été suspendue en 2001.

Plusieurs tentatives pour faire renaître le genre de la parodie politique à la télévision dans les années 2000 ont donné des résultats mitigés. Entre 2005 et 2008, NTV a diffusé Politique réelle, une émission qui présentait entre autres des animations parodiant gentiment les leaders politiques. Selon Chenderovitch, il s’agit d’un simulacre de satire politique.

À mesure que le genre dépérissait à la télé, il prenait du poil de la bête sur la Toile, sur laquelle on trouve aujourd’hui des parodies politiques, comme le blog vladimirvladimirovich.ru, qui publie régulièrement de courts textes absurdes prétendument tirés de la vie de Poutine.

GrazhdaninPoetEn 2011-2012, la série des sketchs Poète citoyen a fait un tabac sur Internet et dans les théâtres. L’acteur Mikhail Efremov récitait des pastiches irrévérencieux composés par le non moins célèbre écrivain Dmitri Bykov sur des thèmes de l’actualité politique russe.

Depuis 2010, le compte Twitter KermlinRussia parodie le compte du président de l’époque, Dmitri Medvedev. Une seule lettre le distingue du compte officiel, ce qui a provoqué des situations cocasses quand les médias l’ont cité en guise de source officielle.

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Jeux Olympiques de Poutine réussissent leur pitch au MIPDoc

PutinsOlympics

« Putin’s Olympics » le vainqeur du MIPDoc International Pitch competition (2013)

Un documentaire russe (réalisateur Alexandre Gentelev) dénonçant la corruption présumée entourant la candidature réussie du pays pour accueillir les Jeux olympiques d’hiver de l’année prochaine a remporté la compétition de la conférence internationale du documentaire et reportagele MIPDoc (MIPDoc International Pitch competition).

La chaînes  NDR / Arte (Allemagne), SVT (Suède), ORF (Autriche) et Yes Docu (Israël) sont déjà à bord du projet, d’autres co-producteurs et les partenaires de financement ont été recherchés à Cannes (Cinq années de travail ont déjà été investis dans ce film, et il est actuellement à court de 30.000 € en financement). Le projet devrait aller en post-production à partir du mois de Juillet.

« Je suis vraiment surprise et heureuse; j’ai même été surprise d’être choisie comme finaliste! » a déclaré Simone Baumann (), le producteur du film. Dans son interview elle a promis que nous allons apprendre beaucoup de choses sur Poutine, les Jeux Olympiques d’hiver et le Sotchi, qui est une station balnéaire tropicale dans le sud de la Russie.

Alors, nous attendons un nouveau film impatiemment / avec espérance / avec un regard de haine (Soulignez la bonne :)

PutinsOlympics

Titre: « Putin’s Olympics »
Réalisateur: Alexandre Gentelev
Producteurs: Shasha Klin, Heirich Ambrosh, Simone Baumann
Durée, minutes: 90
Langue: Russe
Sous-titres: Anglais
Pays: Allemagne
Année: 2013

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