JO 2014 à Sochi: préparez vos télés !

Près de 90 pays, 3.000 athlètes, autant d’accompagnateurs, 13.000 journalistes: voici quelques-uns des principaux chiffres des jeux Olympiques d’hiver organisés à Sotchi qui vont commencer dans quelques heures (début de la cérémonie à 20:14 temps de Moscou).

Trois compagnies russes ont acquis les droits de diffusion des Jeux Olympiques 2014 à Sotchi qui seront diffusés sur les 11 chaînes : « Channel One », « Rossya 1 » et « Rossya 2 » et « Sport 1 HD » de VGTRK, ainsi que les sept chaînes du groupe NTV (les chaînes à péage de la famille NTV-PLUS sont incluses).

Sochi2014_CommencentAu total plus de 200 diffuseurs vont assurer la couverture des XXIIe Jeux Olympiques d’Hiver à Sochi.

En France, durant la quinzaine olympique, France Télévisions va consacrer deux cents heures de direct aux épreuves de Sotchi, soit quatorze heures par jour, de 7 heures à 21 heures. Il faut également ajouter neuf cents heures sur Internet avec un site dédié (FranceTVsport.fr/les-jeux-olympiques), où il sera possible de suivre quatre épreuves simultanément sur le même écran.

Et que les meilleurs gagnent !

Voire également l’infographie liée à ce sujet:

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YouTube et la télévision russe

Sport, cuisine, voyage, animaux, séries, dessins animés, films d’horreur il y a du tout sur YouTube qui a récemment élargi son offre en autorisant les chaînes payantes sur abonnement. Tout est là pour que « la télérévolution » (changement global du mode de consommation des programmes TV) prônée par le fondateur de Google Sergey Brin se passe en Russie qui occupe la 5ème position pour le trafic mensuel en provenance de YouTube généré par 51 million utilisateur actifs.  Cependant, à la différence des Etats-Unis les chaînes thématiques YouTube n’ont pas encore percé en Russie; Beaucoup de questions se posent dont la plus importante est sur l’acceptation de payer pour un service dont les internautes bénéficiaient gratuitement depuis huit ans. 

YouTubeRus

Néanmoins, des chaînes de télévision russes, jusqu’à récemment très réticentes à ‘libérer’ leur contenu, commencent à s’agiter un peu plus en créant leurs propres chaînes YouTube. Très soucieuses de la chute des audience elles sont de moins en moins sceptiques par rapport aux nouvelles niches de distribution. En voici quelques exemples :

A la fin de 2012 Perviy Kanal avait signé un accord avec YouTube selon lequel la plateforme de Google a reçu les droits non-exclusifs sur quelques 3500 heures de contenu qui ont servi la base pour la création de la chaîne 1TV (+/- 140 000 abonnés).  D’autres services russes d’hébergement vidéo ont tenté d’obtenir le contenu de la première chaîne nationale (ex:  ivi.ru) mais aucun contrat n’a jamais été signé. Quand à YouTube, elle est devenue la première et la seule société légitime à diffuser le contenu de la chaîne sur Internet.

A la différence de Perviy Kanal, la chaîne NTV était assez présente sur l’Internet, car quelques-unes de ses émissions ont été diffusées sur les portails vidéo RuTube et Now.ru (les deux, comme NTV, appartiennent à Gazprom-Media). La création de la chaîne officielle de NTV sur YouTube (+/- 36000 abonnés) a été un prolongement de sa politique d’ouverture.

Rossya, la troisième chaîne de la grande ‘troïka’, est malheureusement le mauvais élève. Comme toutes les chaînes de la compagnie pan-russe d’État de télévision et de radiodiffusion (VGTRK), elle est très peu présente sur YouTube. Cela s’explique en partie par le fait que le contenu de la VGTRK a été longtemps représenté sur Zoomby.ru – un autre ressource russe qui avait un contrat d’exclusivité sur la distribution des programmes du holding ; Aujourd’hui ce n’est plus le cas, mais … bien que l’exclusivité ait été levée, le holding média n’a pas encore pu se mobiliser pour élaborer la stratégie de sa présence sur YouTube. Les résultats en témoignent :  les versions YouTube des chaînes thématiques de VGTRK (elle en a dix actuellement et réfléchit à la création de la onzième) ont été créées sporadiquement et rares sont celles qui dépassent la marque de 3000 abonnés. Les paroles du directeur adjoint de la VGTRK Dmitry Mednikov ne font que confirmer notre observation : « Nous donnons des miettes à YouTube.. – dit-il dans son interview à Cinémotion Lab, – notre principal partenaire reste Zoomby ».

YouTube gagne du terrain et commence à bénéficier de la notoriété non seulement chez les producteurs de contenu (chez certains la collaboration avec YouTube rapporte plus que la distribution classique) mais aussi chez les grande chaînes de télévision et des holdings médias. Si les dirigeants du groupe CTC Media ont tous été adeptes de la stratégie de distribution du contenu via son propre service de streaming (Videomore), ils commencent à s’incliner vers l’utilisation des services tiers. La chaîne YouTube de CTC Media compte plus de 46000 abonnés.

RussiaTodayYouTube

La chaîne RT – le meilleur élève de la fac ‘YouTube’ en Russie (835 000 abonnés)

De façons générale les sociétés de télévision russes ont compris que les téléspectateurs loyaux vont continuer à aller sur leurs sites-web ou bien brancher la télé à l’heure précise pour regarder leurs émissions préférées. Quand à d’autres portails vidéo, ils ne sont plus perçu comme des ennemis mais comme des ressources qui sont capables d’apporter à la chaîne des revenus supplémentaires sans trop compromettre leurs audiences. Malgré tout, le temps des chaînes  YouTube à péage n’est pas encore au rendez-vous. Même les chaînes les plus populaires sur YouTube n’y pensent pas encore. La chaîne d’information du Kremlin Russia Today en est la meilleur exemple. Très connectée, avec plus de 800 miles abonnés et le nombre de visionnage qui se rapproche du milliard elle réalise un chiffre d’affaire de $1,5 million de dollars issu de la collaboration avec YouTube (partage des recettes publicitaires) et, selon les communiqués de presse récents, ne veut rien changer.  Pour la majorité des producteurs russes à succès le partage des recettes restera le juste milieu pour l’instant.

Via

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La chaîne NTV s’essaye à la satire politique

OuiMonsieurPresident

L’apparition d’un show parodiant la politique est indubitablement guidé par le souhait d’augmenter l’audience. Le poète Alexei Tsvetkov, connu pour ses caricatures d’hommes politiques, pense que c’est une façon pour les chaînes d’attirer les internautes.

Mais la satire est-elle dangereuse pour le pouvoir ? Selon Tsvetkov, si « le climat politique dans le pays est sain, la satire ne peut que participer de cette bonne santé, en formant le public au scepticisme ».

Le service de presse de NTV refuse de commenter l’avenir du projet. Ce qui est certain, c’est que la demande pour la satire politique existe. « Le spectateur est fatigué de la télé actuelle. Il accueillera avec reconnaissance la moindre tentative de critiquer le pouvoir. C’est un axiome », explique l’écrivain Boris Minaev. Car la satire politique permet de vivre mieux et de respirer plus librement, conclut-il.

La télévision saura-t-elle rivaliser ?

Médias en Russie‘s insight:

Si on parle de cette émission de NTV, sortie au mois de mars la réponse (hélas) serait « NON ».

YesMinisterOfficiellement, les créateurs de « Oui, Monsieur le Président! », ont avoué qu’ils se sont inspirés du sitcom politique britannique « Yes, Minister » (d’où la ressemblance du titre de l’émission). Cependant, il faut dire que le nouveau produit de NTV n’a rien à voir avec la série sortie sur le « BBC » dans les années 80.

Tout d’abord, «Yes, Minister» n’était pas un spectacle de sketchs, mais un vrai sitcom et a été produit selon les lois de la série télévisée: dans chaque série, l’intrigue et le conflit principal étaient bien présents (la confrontation du héros et de la bureaucratie).

Deuxièmement, le héros (l’honorable James Hacker) était un personnage imaginaire, ainsi que son Ministère des Affaires Administratives (une pure fiction). En dépit de ce fait, le spectacle était d’une actualité brûlante..

Est-ce que nous avons vu quelque chose de pareil dans la première émission de « Oui, Monsieur le Président »? – Non.

Monsieur Poutine apparaît comme un homme calme, doux et laborieux, tout comme fameux « grand-père Lénine » dans les blagues dont, apparemment, les auteurs du programme se sont inspirés. L’éventail des sujets qui sont soulevés tient bien dans les cadres définis à l’époque soviétique à une seule différence que les histoires drôles sur les vendeuses bêtes et insolantes  ou bien des plombiers soulds ont été remplacées par celles sur les fonctionnaires corrompus et Deparrdieu ivre mort.

Guignols_PoutinesQuoique, ce n’est pas si grave que ça. Les blagues sur les vendeuses peuvent aussi être marantes si elles s’appuient sur la réalité et coïncident avec les attentes et l’expérience quotidienne de l’auditoire. Cette règle s’applique pleinement partout (même si on plaisante au sujet des hauts fonctionnaires). Par conséquent, les « Kukly » (Guignols) et « Itogo » ont bien marché sur la TV dans les années 90 et c’est aussi pour cette cause que l’émission « Oui, Monsieur le Président » ne marchera pas.

Soyons francs, même si le programme compte quelques passages rigolos, elle en dénombre plus de séquences qui qui ne le sont pas; et quand aux passages véridiques – (hélas, hélas, hélas)…  il n’y en a pas du tout…

See on m.larussiedaujourdhui.fr

L’histoire de la satire politique à la télé russe

KVNL’histoire de la satire politique à la télé russe n’a pas plus de vingt ans. Tout a commencé avec le KVN (le club des joyeux lurons), un tournoi de sketchs et de stand-up. Dès la fin des années 80, s’y sont glissées des parodies du dernier leader soviétique Mikhail Gorbatchev, puis du premier président russe, Boris Eltsine.

En 1994 a été créée la plus importante émission de satire politique russe, les Koukly, une version russifiée des Guignols de l’info français. Grâce à l’écrivain-satiriste Viktor Chenderovitch, le scénariste du projet, les sketchs étaient mordants, percutants et l’émission a tout de suite acquis une grande popularité. Elle a existé pendant huit ans, sur la chaine NTV, et a été suspendue en 2001.

Plusieurs tentatives pour faire renaître le genre de la parodie politique à la télévision dans les années 2000 ont donné des résultats mitigés. Entre 2005 et 2008, NTV a diffusé Politique réelle, une émission qui présentait entre autres des animations parodiant gentiment les leaders politiques. Selon Chenderovitch, il s’agit d’un simulacre de satire politique.

À mesure que le genre dépérissait à la télé, il prenait du poil de la bête sur la Toile, sur laquelle on trouve aujourd’hui des parodies politiques, comme le blog vladimirvladimirovich.ru, qui publie régulièrement de courts textes absurdes prétendument tirés de la vie de Poutine.

GrazhdaninPoetEn 2011-2012, la série des sketchs Poète citoyen a fait un tabac sur Internet et dans les théâtres. L’acteur Mikhail Efremov récitait des pastiches irrévérencieux composés par le non moins célèbre écrivain Dmitri Bykov sur des thèmes de l’actualité politique russe.

Depuis 2010, le compte Twitter KermlinRussia parodie le compte du président de l’époque, Dmitri Medvedev. Une seule lettre le distingue du compte officiel, ce qui a provoqué des situations cocasses quand les médias l’ont cité en guise de source officielle.

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Bilan de l’année 2012 à la télévision russe

watching_tvTout d’abord, il faut noter que l’année civile à la télévision russe est très semblable à celle aux Etats-Unis:  la période de diffusion « classique » court de septembre à mai ce qui fait que le Jour de l’An est souvent considéré comme l’équateur. Cependant, nous sommes tous des humains et tous les bilans sont traditionnellement faits à la fin de l’année civile.

Maintenant quand la 2012 est finie, faisons un court bilan sur ce qui s’est passé en 2012 sur le champs de bataille entre les chaînes de télévision; quels programmes ont généré plus d’audience etc. Le correspondant du quotidien russe Коммерсантъ (le Commençant) Arina Borodina va nous aider.

La première Troïka: celle qui perd moins – gagne!

La première troïka des chaînes TV : Channel One, NTV, Rossya 1

La première troïka des chaînes TV : Channel One, NTV, Rossya 1

Parmi tous les téléspectateurs âgés de plus de 18 ans (18+ – est la principale catégorie pour laquelle les plus grandes chaîne TV sont en concurrence les uns avec les autres), la première place revient …  à la chaîne NTV. Et oui! C’est la chaîne à trois lettres qui selon l’organisme de mesure d’audience TNS Gallup Russie est un leader inconditionnel en termes de la part d’audience moyenne quotidienne ( Du 1 Janvier au 23 Décembre 2012 la moyenne de la part d’audience journalière sur NTV était de 15,3% à Moscou et de 14,7% au niveau national (-0,4% par rapport au même période en 2011)). Channel One qui occupe la deuxième position a dû se contenter de 12,6%  d’audience moyenne journalière à Moscou et de 14,3% (-3,1% par rapport au même période en 2011) sur l’ensemble du territoire de la Russie. La médaille de bronze de cette course acharnée est revenue à la chaîne Rossya 1 du holding VGTRK: 11,9% d’audience moyenne pour Moscou et 13,8% (-2,1% par rapport au même période en 2011) pour l’ensemble du pays pendant la période entre le 1 Janvier et le 23 décembre 2012.

La deuxième Troïka: le cap sur la croissance.

La deuxième troïka des chaînes TV : TNT, CTC, REN (suivie par Channel Five)

La deuxième troïka des chaînes TV : TNT, CTC, REN (suivie par Channel Five)

En ce qui concerne les trois canaux de la deuxième troïka (CTC, TNT et Ren TV) – les différences dans les résultats par rapport à l’année dernière sont également à noter. Ainsi,  la chaîne CTC qui cible le public de 6 à 54 ans a recueilli 9,3% d’audience moyenne journalière ce qui est de 1,1% en moins par rapport à la période du 1 Janvier au 23 Décembre 2011. Notons, cependant, que la chaîne a fait quelques changements importants : de l’habillage général à l’orientation vers un public différent (de 10 à 45 ans) ce qui va avoir l’incidence sur les résultats à la fin de saison 2012/2013.

A l’instar de toutes les chaînes TV ci-dessus, les audiences de la TNT ont, au contraire, augmenté :  12,6% de la part d’audience moyenne en 2012 dans le secteur de 14 à 44 ans (+0,7% par rapport à 2011).

La REN TV, elle aussi, a vu ses chiffres à la hausse. Si en 2011 la chaîne avait généré la part d’audience de 5,1% auprès des téléspectateurs de 25 à 59 ans, elle a su dépasser cette barre de 0,8% pour arriver à 5,9% de la part d’audience moyenne en 2012.

Il faut dire que cette augmentation était d’autant plus importante pour la REN TV au vu du succès d’une autre chaîne fédérale: Channel Five dont la part d’audience moyenne hebdomadaire est passée de 3,3% à 5,4% en 2012 (+2,1%)! Le résultat est impressionnant. Tout le producteur de télévision peut vous dire qu’est-ce qu’un saut de 2% à 5% en terme d’audience moyenne … A cette allure Channel Five pourrait bien viser la troisième place dans la deuxième troïka des chaînes TV russes vers la fin de la saison  2012/2013.

« Les boosters » des audiences* 

En ce qui concerne les programmes, le Championnat d’Europe de Football a été le roi des audiences en 2012. Les matchs avec la participation de l’équipe nationale russe ont battu tous les records: presque 40% de la part d’audience pour le match Russie – Pologne; 37,6% et 37% pour les matchs Russie – République Tchèque et  Russie -Grèce respectivement. 

Pust Govorjat (Laissez-les parler) un talk-show d'Andreï Malakhov

Pust Govorjat (Laissez-les parler) un talk-show d’Andreï Malakhov

Le deuxième programme le plus populaire de l’année (du 1 Janvier au 23 Décembre) a été un talk-show « Пусть Говорят » (Laissez-les parler) sur Channel One. Ce talk-show de l’animateur vedette de la télévision russe Andrei Malakhov est un phénomène à la télévision nationale. Le format est à l’antenne depuis 2001 mais il continue de générer des audiences fantasmagoriques. Si vous regardez la liste des 20 meilleurs programmes de la télévision en 2012 les émissions du « Laissez-les parler » vont occuper 12 places sur 20 avec le chiffre le plus bas de la part d’audience à 26%! Dans le monde des médias on dit souvent que l’audience n’a aucun lien avec la qualité du programme: ce talk-show russe où on lave son linge sale en public en est le meilleur exemple.

Les films « Sniper 2 Toungouse » (35,2%) ou « Moscou ne croit pas aux larmes » (28,4%), les émissions consacrée aux débats présidentiels (28,5%), le journal télévisé de 22h « Vremya » (le temps), certaines épisodes de la série russe « Nid d’hirondelle » (26,6%) sur la chaîne Rossya 1 ou l’adaptation du célèbre format The Voice (26%) sont également dans la liste des Top-20 des émissions russes.

En parlant des meilleurs émissions il ne faut pas oublier quelques particularités : la parade  militaire sur la Place Rouge, traditionnellement regardé chaque année le Jour de la Victoire (le 9 mai) et le concours annuel de la chanson Eurovision (ou les grands-mères de Bouranovo ont fait un tabac) Les deux programmes ont enregistré la part d’audience de 36% et 40% respectivement.

En fait, si vous regardez les vingt premières programmes les mieux notées (tous genres confondus) vous verrez que les 12 places sur 20 sont occupé par les émissions de Channel One, les chaîne Rossya 1 et NTV y partagent la deuxième position avec 4 programmes chacune. La troisième place revient à CTC avec la projection des films d’animation en début de l’année dernier (par exemple:   » Les Trois Preux et La Reine de Chamakhan«   de Sergueï Glézine).

*Gardons toujours en mémoire notre remarque par rapport à l’année civile à la télévision russe, car toutes les stats de cet article ne tiennent pas compte des émissions de fin d’année fort capables d’apporter quelques changements dans le classement des émissions phares de la saison 2012/2013 qui se terminera au mois de mai prochain. 

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Lire également sur notre blog: 

NTV lancera cinq chaînes thématiques en 2013

NTV

En fin de compte, un groupe de télévision NTV (lui aussi) a cédé à la tentation en décidant de créer son propre bouquet numérique des chaînes thématiques. (Rappelons que le premier bouquet numérique a été lancé en 2005 par Channel One Russia sous le nom de « Télé-famille numérique »; Par la suite,  la compagnie pan-russe d’État de télévision et de radiodiffusion (VGTRK) s’est activement impliquée dans ce processus et depuis 2010 elle a pu produire 15 nouvelles chaînes thématiques).

Quand à NTV, elle envisage de produire cinq chaînes en haute définition et les rassembler sous la marque « Trend » ; Ainsi « Trend – Serialy » (les séries) va proposer un large choix des séries TV russes dont les plus récentes, « Trend – Pravo » (le droit) mettra un accent sur les magazines des faits divers, les enquêtes criminelles et les drames policiers. La troisième chaîne du bouquet va s’appeler « Trend-Zvezdy » (les vedettes) et sera entièrement consacrée aux nouvelles du show-business. Le répertoire de la quatrième chaîne « Trend-Fakty » (les faits) comprendra les documentaires, les fictions, les films historiques et les émissions d’infotainment.  La dernière chaîne « Trend – Lifestyle » organisera la grille conformément à son nom: les émissions sur la mode, le style, la santé,  la cuisine, les voyages y seront majoritaires.

Compte tenu de l’énorme potentiel de la chaîne NTV qui pourra faire la promotion de ses chaînes câbles à l’antenne le bouquet « Trend » peut compter sur la croissance rapide des abonnés. Tout dépend de la qualité des émissions…

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Les étoiles montantes de la Russie Poutinienne

See on Scoop.itMédias en Russie

En Russie, les carrières et la notoriété s’acquièrent très souvent en chantant les louanges du pouvoir. Témoin, Sveta Kouritsina, cette jeune fille de 19 ans qui, dans cette vidéo postée le 6 décembre 2011, célébrait le parti Russie Unie et qui vient de se voir confier par la chaîne NTV, une émission en prime time baptisée « Loutch Sveta » (le rayon de lumière, en référence à son prénom), destinée à peindre la vie en rose, à travers des interviews de personnalité, appartenant notamment au show business.

Le fait que dans la vidéo, la demoiselle massacrait allègrement la langue de Pouchkine, n’a pas dissuadé les dirigeants de NTV, une chaine inféodée au Kremlin et spécialisée dans les Kompromat, ces sujets à charge, souvent fabriqués de toute pièce, et destinés à compromettre les ennemis du régime.

Voir la vidéo de Sveta (en russe) qui est devenue virale en cumulant plusieurs millions de vues sur YouTube: http://youtu.be/24XBX0Wkmpw

See on blog.lefigaro.fr

L’ancien directeur général de « Zvezda TV » achète RTVi

Un homme d’affaires russe Vladimir Goussinski (le fondateur de la « NTV » – première chaîne indépendante, saisie par le gouvernement russe en Avril 2001) a vendu son principal actif média – la chaîne RTVi à l’ancien directeur général de la chaîne de télévision « Zvezda TV » (Etoile TV) Ruslan Sokolov.

Dans son interview à « Kommersant » Monsieur Sokolov a confirmé les faits tout en refusant de divulguer le montant de transaction (les experts de « Kommersant » l’estime à  10 millions de dollars américains). En ce qui concerne la stratégie de la chaîne, connue par sa vision critique du pouvoir au Kremlin, il a déclaré que les changements et la diversification de programmation de RTVi étaient envisageables, voire « inévitables ».

Ruslan Sokolov

Ruslan Sokolov

Ce commentaire a provoqué une réaction forte des experts médias et des défenseurs des droits de l’homme, car ils craignent que désormais la RTVi va s’aligner à la politique du Gouvernement russe. Le fait que dans son interview à BBC Monsieur Sokolov s’est montré réservé par rapport à l’avenir du partenariat entre RTVi et la radio Echo de Moscou (une des premières radios indépendantes russes) ne fait que mettre de l’huile sur le feu.  Quand à Ruslan Sokolov, il affirme que sa décision d’acheter la chaîne est issue de ses propres intérêts commerciaux qui ne sont pas liés au Kremlin, ni influencés par qui que ce soit.

Est-ce que l’ancien chef du système de radiodiffusion unique des forces armées russes est sincère? On le saura bientôt…

Pour info : RTVi est une chaîne de télévision internationale russe avec les bureaux basés aux Etats-Unis, Russie, Ukraine et Israël. Lancée en 1997 sous le nom de « NTV International » elle a été renommée par Goussinski suite à la vente de son holding « Media Most » dont elle faisait partie.  Aujourd’hui, l’audience totale de RTVi est d’environ 25 millions de personnes dont la plus grande partie est la communauté russophone qui vie à l’étranger. La chaîne et diffusée par satellite et par câble en Europe, en Amérique du Nord, en Israël et dans certains pays de la C.E.I.

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A lire également: Une autre « Etoile » apparaît sur l’horizon de la télévision publique en Russie

« NTV Plus » se diversifie en lançant son premier bouquet gratuit

A partir du 1 mars 2012  le plus ancien opérateur russe de la télévision payante par satellite « NTV-Plus » lance un nouveau bouquet « gratuit » composé de 14 chaînes: « Channel One », chaînes de VGTRK (« Rossiya 1 », « Rossiya 2 », « Rossiya-K », »Rossiya-24″), « Channel 5 », « Carrousel », « NTV », « NTV-Plus Sport Soyouz » , « TNT », « STS », « TV Zakon » (TV Loi), « Disney Channel », « Muz TV » seront disponibles aux abonnés sans frais mensuels.

Pour en bénéficier il suffit de payer une somme de 600 roubles (15,30€) et le bouquet « Startoviy » (de base, basique) sera accessible indépendamment de la disponibilité des fonds sur le compte de l’abonné pendant la durée du contrat.

 Alexei Kukolevsky, PDG de "NTV Plus"

Alexei Kukolevsky, PDG de "NTV Plus"

« Notre proposition se distingue des offres similaires de nos concurrents, parce que nos clients auront accès non seulement aux chaînes populaires diffusées en clair mais aussi à une une chaîne de sport premium « Sport Soyouz » – a déclaré le PDG de « NTV Plus » Alexei Kukolevsky. [N.D.A. cette chaîne thématique produite par « NTV Plus » couvre de grands évènements sportifs: football, basket-ball, handball,  volley-ball, patinage artistique, ski etc. Elle est diffusée sur l’ensemble du territoire de la Communauté d’Etats Indépendants]. « C’est notre point fort et je suis sûr que nos téléspectateurs l’apprécieront« , – a ajouté-t-il.

Cette ouverture de « NTV Plus » est probablement une tentative d’entraver les plans d’un autre DTH russe connu par ses offres bradées. Il s’agit bien de « Tricolor TV » qui compte de passer la barre des 12 millions d’abonnées en 2012  dont le bouquet de base « Optimum » est proposé (lui aussi) à 600 roubles / an.  D’une manière ou d’une autre, mais la bataille entre les opérateurs s’intensifie et la décision récente de « NTV Plus » d’entrer sur le marché IPTV (en signant l’accord de partenariat avec SmartLabs) en dit long.

A lire également: Tricolor s’ouvre aux chaînes étrangères

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De la télévision publique en Russie et du cognac…

La semaine dernière l’idée de la création de la télévision publique en Russie a fait l’écho dans la presse et a suscité de nombreux débats. Ce besoin, évoqué dans le message du Président russe D. Medvedev à l’Assemblée Fédérale est issu de la réalité: en Russie le nombre de gens qui refusent de regarder les chaînes principales en les qualifiant de machines à propagande augmente. Cela signifie que l’Etat a de plus en plus mal à faire passer ses messages et de se faire entendre. Or, ce message du Président russe a été un point de départ pour une N-ème tentative de création de la télévision publique en Russie.

Un groupe de travail composé des membres et des experts du Conseil présidentiel sur la société civile et des droits de l’homme sous la direction de Mikhail Fedotov a examiné des options possibles pour le développement de la télévision publique. Les résultats de cette réunion seront présentés au Président le 1 mars. En les attendant, nous pouvons dire qu’il est très probable que la télévision publique russe va être créée à la base d’une des chaînes fédérales existantes. Pour cela deux candidats sont mentionnés: certains disent que le Gouvernement va choisir RTR (VGTRK), d’autres défendent la cause de NTV (dans le dernier cas, «Gazprom» sera obligé de vendre son actif à l’Etat ou même l’ensemble de son filiale « Gazprom-Media »). Il en est moins claire pour le financement de ce nouvel organisme. Qui doit s’en charger? L’état? Sous quelle forme? Les contribuables? Dans quelle mesure et quel sera le montant de cette nouvelle taxe? A l’heure d’aujourd’hui rien n’est certain.

Qui va travailler pour cette télévision publique est une autre question qui fâche. Ne serait-ce les mêmes personnes qui détournaient les faits dans leur films « sponsorisés » par l’Etat ou ceux et celles qui faisaient passer le message du Kremlin dans les journaux télévisés? Nous ne croyons pas une seconde que ces gens-là seront capables de «promouvoir le développement de la société civile» évoqué dans le discours du Président.

L’histoire de la création de la télévision publique en Russie est longue et (hélas) triste. Les autorités publiques en parlent depuis 1990. Depuis, les citoyens ont vu des projets différents mais aucun de ces projets n’a pas abouti. Il existe même une anecdote qu’en 2002 Mikhail Fedotov (dont le nom est évoqué au début de cet article) a fait un pari avec le président de l’Association Nationale des Diffuseurs, Eduard Salagaev qu’un projet de la loi sur la télévision publique sera accepté dans la période maximale de trois ans. Fedotov a perdu et a du se séparer d’une boite du cognac coûteux (le coût du pari). On peut certainement en rigoler, mais le pire dans cette histoire est que la société civile a perdu beaucoup plus…

Cet article est le premier dans la série consacrée à la création de la télévision publique en Russie. D’autres mises-à-jour de ce « trend » sont à venir.

Source: Kommersant