L’agence média russe RIA Novosti tire sa révérence. Un délire médiatique ?

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Bonjour chers, lecteurs, en voici une « bombe » de la fin d’année, mais d’abord, permettez-moi de vous poser une question afin que vous puissiez saisir la grandeur de cette nouvelle. Croyez-vous que l’Agence France Presse (AFP) peut être dissoute en une seule journée? Non, je n’ai pas de fièvre, et pourtant c’est ce qui vient de se passer en Russie, car Vladimir Poutine a décidé de dissoudre l’agence RIA Novosti, un géant des médias russes.  Les détails ci-dessous …

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Le président Vladimir Poutine a créé l’Agence d’information internationale Rossia segodnia (Russie aujourd’hui) sur la base de l’agence RIA Novosti, dissoute par décret présidentiel, a annoncé lundi le service de presse du Kremlin.

Comme le précise le décret, l’agence Rossia segodnia, dont le siège se trouvera dans les locaux de RIA Novosti, englobera également la compagnie radiophonique publique Voix de la Russie, elle aussi dissoute. Vladimir Poutine a chargé le gouvernement de réaliser d’ici un mois les mesures nécessaires à la création de la nouvelle agence et d’envisager l’inclusion de Rossia segodnia dans la liste des entreprises stratégiques du pays.

« L’axe d’activité principal de l’Entreprise unitaire fédérale publique « Agence d’information internationale Rossia segodnia » est l’éclairage à l’étranger de la politique et de la vie sociale de la Fédération de Russie », stipule le décret du président.

Dans son Décret, le président Vladimir Poutine nomme Dmitri Kisselev directeur général de l’Entreprise unitaire fédérale publique « Agence d’information internationale Rossia segodnia », indique le service de presse du Kremlin.

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Il faut y ajouter qu’en 2012 un bruit sur la fusion de l’agence RIA Novosti avec la chaîne de télévision Russia Today et la radio Voix de la Russie courait déjà dans les couloirs du Kremlin. Selon les oui-dires, le premier chef adjoint de l’administration présidentielle Alexeï Gromov a été derrière l’idée de la création d’un conglomérat axé sur la promotion de la Russie à l’étranger. Cependant, le projet a été enterré pour plusieurs raisons dont les principales sont l’hétérogénéité des médias concernés et le désaccord des personnages du gouvernement faisant le lobbying de ces groupes.

Néanmoins, comme on le voit aujourd’hui, il n’y a pas de fumée sans feu…

Quand à Dmitri Kisselev, qui depuis 1978 a fait sa carrière dans les médias russes et ukrainiennes, c’est un personnage connu et controversé qui a souvent été critiqué pour ses propos homophobes (interdiction aux homosexuels d‘être donneurs de sang, la comparaison de la campagne électorale de l’opposant russe Alexeï Navalny pour les élections municipales de septembre à Moscou à celle menée par Hitler etc…)

Je pense que tout ce qui s’est passé ne peux pas être justifié par la conjoncture du marché (RIA Novosti était bien dans le budget de l’Etat, de plus l’agence se débrouillait pas mal en gagnant son propre pain sur le net et devait couvrir les JO 2014 à Sochi), ni, d’ailleurs par la lutte pour le professionnalisme (même dans mes rêves délirants j’aurais jamais pu soupçonner l’incompétence des journalistes de l’agence RIA Novosti). Il s’agit plutôt d’une lutte pour l’autorité des personnage de très haut niveau dans une situation politique compliquée.

Vraiment dommage … Une fois de plus je me rends compte du fait que la Russie est non seulement un pays des grandes opportunités  mais des grandes surprises aussi …

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Pour finir,  si vous parlez russe vous avez la possibilité de regarder la réaction de Svetlana Myronyuk (PDG de RIA Novosti). Comme on le voit, la nouvelle a été une surprise (même pour elle) http://youtu.be/eQArbtJgPPM

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Les chaînes U, Muz TV et Disney Russie sont à vendre

UTV-is-for-sale

Le ‘branding’ et ‘re-branding’ des chaînes appartenant au holding UTV (UTH Russia), leur positionnement et re-positionnement semblent toucher à leur fin. Le journal russe « Vedomosti » nous a appris que plusieurs sociétés de médias russes ont reçu une offre d’achat de 100% des actions du holding UTV qui comprend trois chaînes: U TV (ancienne chaîne musicale hertzienne qui a connu la transformation radicale en devenant la chaîne pour les jeunes filles), MuzTV (une chaîne musicale qui a reçu sa place dans le deuxième multiplex russe) et la version russe de Disney (qui en 2011 a repris la fréquence de la chaîne sportive mourante du holding 7TV en achetant 49% de ses actions pour  300 millions de dollars). 

Le holding UTV a été créé en 2009 par la fusion des actifs télévisuels de deux hommes d’affaires russes: A. Usmanov et I. Tavrin. La raison de la vente actuelle peut être expliquée par deux choses: tout d’abord, c’est Monsieur Tavrin, la force-motrice principale du UTV, qui est devenu le DG de l’opérateur mobile russe « Mégaphone » l’année dernière. N’arrivant pas à se concentrer sur sa nouvelle activité il a décidé de se retirer complètement de UTV. Deuxièmement, le marché de la télévision russe a nettement ralenti cette année et les deux businessmans ne s’attendaient plus que la valeur de leurs actifs télévisuels augmenterait. Alors, ils ont préféré de saisir ce moment pour tirer les bénéfices (le holding UTV a enregistré des revenus de R4.5 milliards (€ 103 millions) l’année dernière).

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Le grand méchant russe

Dans le peu d’analyse que peut contenir un « sujet » du journal télévisé, puisque depuis les écoles de journalisme on décrète que le « sujet » en télé ne doit pas dépasser 1 minute et 20 secondes, la tendance à la simplification voire à la caricature est courante, et même indispensable. Ainsi, quand les médias traitent d’un pays bouleversé et complexe comme la Russie aujourd’hui, on prend juste le pouls, l’état de l’éternel grand méchant ours russe. Le redoutable et immense pays de la perpétuelle « dictature » tenté par l’invasion, l’impérialisme. C’est l’indéboulonnable peur des chars russes aux portes de nos villes, le communiste couteau entre les dents. C’est très con et débile mais c’est la petite musique de fond que l’on entend immanquablement derrière les courts reportages inconsistants des grands messes journalistiques.

Pourtant, depuis la chute de l’Union soviétique dans les années 1990 et le traitement de choc ultra-libéral auquel le pays a eu le droit sous la direction enivrée de Elstine, la Russie est en droit de se méfier des intentions et des influences des autres nations quant à son avenir. Moscou est en droit de considérer que le concert mondial préfère voir le grand ours étendu, impuissant et dans l’impossibilité de se relever. Facile dans un instantané de la situation du pays de ne que voir le règne autoritaire de Poutine le va-t-en-guerre avec le culte de la personne qui va avec et qu’affectionnerait l’âme slave.

 Prenons le temps d’approfondir l’histoire et la géopolitique pour ne pas rester à cette vision caricaturale, vision qui permet de nous faire avaler n’importe quoi comme les reportages de BHL ressuscitant l’ogre russe dans les ruinesfumantes géorgiennes dans un manichéisme crétin et russophobe. On ne peut pas oublier et ne pas prendre en compte ces années 1990 de destruction d’une nation par le ravage libéral, l’anarchie sauvage du capitalisme laissant un héritage indigeste et terrible d’inégalités abyssales, de santé publique dévastée, d’éducation à l’abandon. Sont sortis gagnants une poignée d’oligarques pourris et mafieux tenant le pays et ses richesses grâce à des trafics, des combines. Je me souviens encore des articles lus pendant cette décennie de pauvres Russes se nourissant avec de l’écorce d’arbres bouillie pour se mettre quelque chose dans le bide. L’arrivée du capitalisme fut une chute vertigineuse de l’espérance de vie et encore en 2005, l’homme russe pouvait espérer en moyenne atteindre l’âge de 59 ans seulement (74 ans aux USA).

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Télévision russe : un taux de confiance historiquement bas

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(traduction du slogan: "La télé te ment!")

(traduction du slogan: « La télé te ment ! »)

Les Russes ne croient désormais plus à ce qui se dit à la télévision. Seuls 35% des Russes pensent que la télévision est objective. Un taux de confiance historiquement bas. L’Internet bénéficie d’une plus grande confiance, mais pour une grande majorité de Russes, l’accès au web reste limité. En ce sens, bien que les experts prédisent une importante augmentation de l’intérêt de la population pour les médias interactifs, les publicitaires restent fidèles au poste de télévision, et ne semblent pas encore reporter leurs budgets vers les nouveaux médias.

Environ 35% : c’est le pourcentage de Russes qui fait encore confiance à la télévision. Les journaux obtiennent un résultat identique, rapportent des chercheurs de la société Synovate Comcon. Les magazines enregistrent des chiffres un peu meilleur – 36%. Des résultats étonnants lorsque l’on sait que la presse écrite russe a toujours été créditée d’au moins 10 points de confiance en plus. Ainsi, l’année dernière, près de 40% des Russes exprimaient leur confiance à l’égard de la télévision contre seulement 34% à l’égard des journaux. Mais c’est Internet qui double les médias traditionnels, avec un support de 40% de la population russe. Synovate Comcon explique cette tendance par un contrôle étatique moins fort de l’information sur le web.

La population économiquement active, entre 25 et 54 ans, est la plus défiante: seuls 33% font confiance à la télévision. Les jeunes et les retraités semblent faire un peu plus confiance au petit écran (37%). Mais pour l’Internet, la situation est un peu différente. Ce sont les 16-19 ans qui font le plus confiance aux réseaux, tandis que les personnes de plus de 35 ans sont les plus méfiantes. « C’était prévisible. Je dirais même plus, cette tendance va se poursuivre : la confiance à l’égard de la télévision va continuer de baisser, et celle des nouveaux médias, de grimper », annonce sans surprise le président du Conseil d’Administration du journal russe Izvestia, Aram Gabrelianov.

Sur les réseaux, l’internaute est actif, il peut ressentir son implication dans le processus de création de l’information. Un effet impossible à avoir avec un écran de télévision. Un sujet dans le journal du soir sur la première chaîne russe est préparé par l’équipe de la rédaction, puis diffusé aux téléspectateurs, dont le pouvoir d’influence est totalement nul. Avec les journaux, c’est d’ailleurs un peu plus compliqué : la défiance de la population provient plus de la version papier que du site web. La publication-papier passe donc en seconde lecture.

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Des médias en Russie pourraient être considérés comme des « agents de l’étranger »

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Des médias en Russie pourraient être considérés comme des « agents de l’étranger » au même titre que les ONG sur lesquelles une loi a été adoptée.

Selon « Izvestia » (journal considéré comme proche du pouvoir), des amendements à la loi sur les médias devraient être présentés à la rentrée parlementaire à la Douma (chambre basse), où Russie unie, parti présidé jusqu’à son retour au Kremlin par Vladimir Poutine, dispose de la majorité absolue. Il s’agit d’inscrire dans la loi la notion de « média agissant dans l’intérêt d’un Etat étranger », selon la même source, qui précise que les médias visés sont ceux bénéficiant d’un financement venant de l’étranger.

«La société a le droit de savoir qui finance ces représentants du quatrième pouvoir et quelle est leur indépendance », a déclaré au journal le député Ilia Kostounov. « Je pense que l’histoire des agents de l’étranger n’est pas terminée », a-t-il ajouté. « Nous savons qu’opèrent dans le pays différents sites d’information, journaux, magazines, dont le financement est opaque », a déclaré un autre parlementaire de Russie unie, Vladimir Bourmatov.

La Douma a adopté vendredi une proposition de loi très controversée, qualifiant d’ »agents de l’étranger » et soumettant à un contrôle renforcé les ONG bénéficiant d’un financement étranger et ayant une activité jugée « politique » en Russie. Cette nouvelle loi s’est ajoutée à une série d’amendements adoptés ces dernières semaines comme ceux réintroduisant la qualification pénale pour la diffamation, instaurant un contrôle renforcé sur l’internet, ou durcissant la législation sur les manifestations. L’opposition russe et les défenseurs des droits de l’Homme ont dénoncé un tour de vis répressif, après les poursuites judiciaires, perquisitions et interrogatoires qui ont visé des opposants depuis le retour au Kremlin en mai de Vladimir Poutine.

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