Un film extraordinaire sur l’apocalypse sera présenté hors concours au Festival de Cannes

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Igoumentzeva

Un film russe de Taisia Igumentseva, « Otdat Koncy » (Lâcher la rampe), sera projeté en séance spéciale lors de la 66e édition du Festival de Cannes en mai, a annoncé l’équipe du festival sur son Twitter officiel .

Le film parle des habitants d’un petit village russe qui apprennent à la radio qu’une comète frappera la Terre dans 24 heures. Les gens organisent leur dernière fête et commencent à se préparer à la mort et à prendre des décisions qu’ils ont toujours remis à plus tard. La fin du monde n’arrive pas, mais les habitants du village comprennent qu’ils ne peuvent plus vivre comme avant.

La réalisatrice russe Taisia Igumentseva a reçu le Premier Prix de la Cinéfondation à Cannes en 2012 pour son court métrage Doroga Na (En Chemin).

Médias en Russie‘s insight:

Lire l’interview avec Taisia Igoumentseva qu’elle a donné après avoir reçu le Premier Prix de la Cinéfondation en 2012 au correspondent de « La Russie d’Aujourd’hui »:

« Taïsia Igoumentseva une jeune réalisatrice russe qui fait son chemin »  

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Cinéma russe en 2012: pas de sensations mais plusieurs découvertes

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Les signes encourageants se multiplient dans le secteur du cinéma russe, plusieurs films de qualité ont vu le jour en 2012 sans créer de sensation. Pourtant, des nouveaux noms sont apparus. Faisons connaissance avec certains d’entre eux… (remerciements à la radio  La Voix de la Russie)

Aleksei Andrianov sur le lieu de tournage de son film "L'espion"

Aleksei Andrianov sur le lieu de tournage de son film « L’espion »

C’est ainsi que parmi les nouveaux noms du cinéma russe on remarque le réalisateur Alexeï Andrianov âgé de 36 ans. Son thriller « L’Espion », qui raconte le travail des résidents des services de renseignement rivaux à la veille de la Seconde guerre mondiale, a été bien distribué dans les salles de cinéma en Russie et a même été diffusé par une chaîne de télévision nationale. Après son achat par les États-Unis, « L’Espion » s’est hissé en quelques jours à la 14e place pour le taux de visionnement en format vidéo parmi 2500 films européens, américains et asiatiques. « C’est du beau travail !« ,  a dit le cinéaste Valery Kitchine dans un entretien à La Voix de la Russie.

Taïssia Igoumentseva, jeune diplômée de 23 ans de l’Institut des hautes études cinématographiques, est une découverte encore plus retentissante. Son court-métrage d’une demi-heure « En chemin … » n’a connu qu’une distribution limitée en Russie mais a récolté en revanche une riche moisson de récompenses aux festivals internationaux, y compris lors de la compétition des films d’étudiants du festival de Cannes. (Le héros du film, obscur gérant d’un petit magasin, invente un procédé audacieux lui permettant de s’exprimer : il sort tous les soirs dans une cour au milieu des grands immeubles et proférant des injures en hurlant de toutes ses forces. Il se fait tabasser mais revient obstinément à la charge pour essayer de rompre le carcan de sa morne existence…

Taïsia Igoumentseva Crédit photo : RIA Novosti / Ekaterina Chesnokova

Taïsia Igoumentseva Crédit photo : RIA Novosti / Ekaterina Chesnokova

Ce film peu traditionnel a d’abord provoqué une réaction de rejet dans le milieu des cinéastes, se souvient le maître de Taïssia, le célèbre réalisateur Alexeï Outchitel. « Un scandale a éclaté quand Taïssia a présenté ce film comme son travail de fin d’études à l’Institut parce que le jury a refusé de lui attribuer la note « excellent » en se contentant d’un « assez bien ». Je suis intervenu très vivement et j’ai demandé au jury de revoir sa décision. Une nouvelle réunion a eu lieu et la note « assez bien » a été confirmée. Alors je leur ai dit : vous allez le regretter ! »

Une autre trouvaille de l’année 2012 est l’historienne professionnelle du cinéma Lioubov Arkus qui a débuté avec son documentaire « Anton est ici, tout près ». Ce film a fait fureur au festival de Venise, bien que présentée en marge de la compétition principale. A travers la destinée d’un enfant autiste, Arkus a mis le doigt sur un immense problème, à savoir comment assurer en Russie une existence décente aux personnes handicapées. « C’est plus qu’un film, c’est une prise de position citoyenne », affirme la critique de cinéma Svetlana Khokhriakova. » 

La réalisatrice Lioubov Arkus

La réalisatrice Lioubov Arkus

Liouba Arkus a, contre toute attente, débuté dans le cinéma documentaire. Ce qu’elle a fait n’est même pas un film mais un cri de l’âme. Elle l’a tourné parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement !« 

Les spécialistes signalent également des tendances nouvelles qui se sont manifestées dans le cinéma au cours de l’année qui s’achève. Il y a eu un foisonnement de films sous forme de nouvelles. C’est sûrement une tendance puisque plusieurs réalisateurs à la fois privilégient ce format. (exemple: « Vivre » du réalisateur Vassili Sigarev, qui est composé de trois histoires parallèles. Les héros de chacune d’entre elles ont perdu un être proche et atteignent cette limite où la vie, au sens d’une existence ordinaire et responsable, devient impossible.)

Pour conclure, l’année 2012 a été très productif pour le cinéma russe et s’est conclut à la note optimiste des réformes. La critique Vita Ramm explique:  « 2012 est l’année de la tentative pour réformer le cinéma russe (en fait, depuis 2009 chaque année est marquée par des tentatives similaires; néanmoins, nous espérons que les initiatives prises à la fin de 2012 mettront un peu d’ordre dans le système, – n.d.@mediasrusses). Il s’agit des décisions prises début décembre et introduisant les nouvelles modalités de financement du cinéma… » Le gouvernement a élaboré un train des mesures qui permettront d’améliorer le système de distribution des films russes tant en Russie qu’à l’étranger.

Une mouche dans le potage, si l’on en croit Variety, est l’arrivée de Vladimir Medinsky à la tête du ministère de la Culture russe ce qui pourrait être accompagnée d’une nouvelle philosophie de financement renvoyant, pour citer le quotidien spécialisé, « à l’ère soviétique ». Désormais, seuls les films traitant d’un sujet approuvé par le gouvernement et respectant « les intérêts stratégiques de l’État » pourront réclamer des fonds fédéraux. Afin de séparer le bon grain de l’ivraie, une liste officielle a été édictée. Décrit comme un loyaliste de Poutine, Medinsky a personnellement sanctionné les douze thèmes « socialement pertinents » qui y figurent. D’affirmer le ministère, ceux-ci s’inspirent des préoccupations du public. Ainsi, les cinéphiles russes souhaiteraient apparemment voir davantage de films ayant trait à l’histoire de la Russie, à ses victoires militaires et aux héros qui les ont rendues possibles, au combat des forces de l’ordre contre le terrorisme, etc. La famille, la tradition, l’amour et la loyauté demeurent des enjeux porteurs.

Aleksei Guskov

Aleksei Guskov

Comme vous le voyez, il reste peu de place pour les cinéastes qui souhaitent d’aborder « les sujets qui fâchent »;  c’est pourquoi les réalisateurs « rebelles » se tournent de plus en plus vers l’Europe en préférant un chemin épineux de la co-production aux subventions grasses de l’Etat (parmi les dernières exemples se trouvent Alexandre Sokourov (Faust) ou Aleksei Guskov (4 jours en mai)). Et cela aussi aussi peut être vu d’un point de vue positif quand aux changements produits en 2012, car le box-office global a battu un nouveau record cette année, même pour les films russes. D’ailleurs, les spécialistes de Romir Movie Research sont très optimistes pour l’année suivante. Selon leur étude, le box-office va encore croître de 12% en 2013 pour atteindre 44,8 milliards de roubles / 1,1 milliard d’euros et le box-office des films nationaux verra l’augmentation de près de 36% (7,5 milliards de roubles / 185 millions d’euros).

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Q&A: Taïsia Igoumentseva une jeune réalisatrice russe qui fait son chemin

Le court métrage En chemin, de la réalisatrice russe Taïsia Igoumentseva, a reçu le grand prix de la Cinéfondation, qui récompense les œuvres d’étudiants à Cannes. Cette année, 15 films réalisés dans 14 pays différents ont été retenus parmi plus de 1 700 projets envoyés. En plus du prix, Igoumentseva recevra également la somme de 15 000 euros. Le jury du concours était présidé par le réalisateur belge Jean-Pierre Dardenne.

En chemin, c’est une histoire de 30 minutes sur un jeune d’une mégalopole, dont le seul plaisir dans la vie est de proférer des insultes très crues aux habitants de sa propre cour entourée de grands immeubles. La Russie d’aujourd’hui a discuté avec Taïsia de sa victoire et de ses futurs projets.

Ici vous pouvez lire la version intégrale de l’interview de cette jeune réalisatrice qu’elle a accordé à La Russie d’Aujourdui (un projet du quotidien russe Rossiyskaya Gazeta, journal officiel du gouvernement russe).

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