Les voyages interplanétaires en Russie soviétique

La nuit du 12 avril 1961 au cours de laquelle Youri Gagarine devenait le premier homme à accomplir un vol dans l’espace est rentrée dans l’histoire de l’humanité. Depuis, la Journée mondiale de l’astronautique est célébrée un peu partout dans le monde ; Cependant, il faut admettre que c’est bien avant cette datte que l’homme a commencé une exploration de l’espace à travers des livres et des films. Le Voyage dans la Lune (1902) de Georges Méliès en est un bon exemple. Quand aux vols interplanétaires c’est bien le réalisateur russe Iakov Protazanov qui, il y a 90 ans, a tourné un film de science fiction d’après un roman d’Alexei Tolstoï.

Aelita

Affiche du film en 1927, par Izrail Bograd

Aelita (1924) était le premier film à gros budget fait en Russie soviétique.  En dehors du kitsch martien à la sauce bolchevique (le film a servi la propagande bolchevique pour faire la comparaison entre la Russie de 1921 et Mars qui est devenue une planète capitaliste), l’oeuvre de Iakov Protazanov a une véritable importance historique. D’un côté, le film documente de manière très réaliste l’ambiance qui régnait à Moscou (où de nombreuses scènes se déroulent) durant la Nouvelle Politique Économique post révolutionnaire. D’autre part Il s’agit de l’unique superproduction du cinéma soviétique : une distraction populaire, politiquement correcte, mais capable de concurrencer l’envahissement du cinéma hollywoodien. D’ailleurs, les décors incroyables et avant-gardistes réalisés par Alexandra Exter et son protégé Isaak Rabinovich seraient bientôt repris par Fritz Lang dans Métropolis.

Synopsys

aelita (1)L’histoire s’inspire d’Pendant les difficiles années du communisme de guerre, l’ingénieur Los construit un appareil destiné à voler vers la planète Mars. Ce qui le stimule dans l’accomplissement de cette invention, ce n’est pas tant le rêve de découvrir des mondes inconnus que les innombrables difficultés quotidiennes qu’il rencontre sur la Terre. Loss veut quitter cette Terre maudite, ou l’on a faim et froid , ou le voisin de palier fait une cour assidue à sa femme.  Après une querelle conjugale,  Loss dans un  accès de jalousie tire sur sa femme et s’enfuit de la maison, décidant de s’envoler immédiatement sur Mars…

Si vous êtes intéressé je vous recommande de lire un très bon article de Franck Lubet sur le film Aelita. Vous pouvez même regardez le film complet avec les sous-titres anglais sur YouTube. Sinon, je sais que la compagnie RUSCICO a fait une belle édition DVD avec des sous-titres français qui est disponible ici au prix de 12 euro.

PS: C’est juste intéressant de remarquer que la planète Mars sera plus proche de nous que jamais ce lundi 14 avril. 🙂 Vous pouvez l’observer à l’œil nu et si le temps le permet, peut être, seriez-vous capable de distinguer les descendants de l’ingénieur Loss 😉 

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La Douma prépare les sanctions contre les producteurs des films américains. Une auto-punition ?

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(traduction) "Le film a été annulé"

(traduction) « Le film a été annulé »

Un projet de loi déposé cette semaine à la Douma, le Parlement russe, pourrait faire mal aux Américains. Cette loi, si elle est adoptée, limiterait à 50% l’espace accordé aux films étrangers sur tout le territoire russe. Actuellement, les productions venues d’ailleurs occupent 80% du marché. La moitié des films étrangers lancés en Russie proviennent des États-Unis.

Selon la firme d’analyse Nevafilm, 70% des recettes totales en Russie sont engendrées par des productions américaines.

Les observateurs estiment que cette visée protectionniste serait irréaliste dans les circonstances, dans la mesure où l’industrie du cinéma russe n’a produit que 74 longs métrages l’an dernier. Qui n’occupent que 20% du marché. En 2013, les films américains ont enregistré des recettes de 885 millions de dollars en Russie.

Médias en Russie‘s insight:

Un projet peu intéressant et très mal pensé comme, d’ailleurs, toutes les autres mesures et des sanctions proposées depuis l’annexion de la Crimée par n’importe quel pays.

Si le projet de la loi est soutenu il se traduira par la perte de revenu  pour les producteurs d’Hollywood, certes, mais aussi par la crise des salles de cinéma en Russie, car l’industrie ne sera pas capable de combler la lacune après le départ forcé des films américains.

De l’autre côté les distributeurs du « Home Cinéma » et des plateformes de vidéo à la demande (VOD) ainsi que les producteurs des chaînes thématiques seront content car la demande de leurs service augmentera d’un cran…

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Les films russes gagnent des points au box-office national

En passant

De janvier à novembre 2013, les films russes  ont rapporté plus de 7,2 milliards de roubles (159 millions d’euros), un chiffre d’affaires d’un tiers supérieur à l’année dernière, indique le Bulletin des distributeurs.

FilmRussesBoxOfficeNational

Si les spectateurs s’intéressent plus au cinéma « Made in Russia », c’est notamment grâce à des grands titres tels le blockbuster Stalingrad qui a déjà rapporté 1,7 milliards de roubles (37 millions d’euros) ou la comédie Gorko qui arrive en deuxième place avec 800 millions de roubles de recettes.  La surprise de l’année Le Géographe a bu son globe, avec 130 millions de roubles (2,8 millions d’euros), est à la troisième position actuellement.

La part des films russes dans le box-office national est ainsi passée à 18%, soit un record absolu depuis les quatre dernières années au cours desquelles les recettes du cinéma russe étaient régulièrement en baisse (voir le graphique en haut). Bref, une bonne année pour le cinéma russe. De plus que les 18% n’est qu’un chiffre provisoire, car les deux grandes premières nationales (« Arbre de Noël – 3 » et « Ivan Tsarévitch et le Loup Gris – 2 ») sont planifiées à la fin de ce mois pour améliorer la côte de l’année 2013.

Rappelons au lecteur que pour cette année  le gouvernement s’est fixé un objectif de franchir le seuil de 13% dans le box-office national. Le but est atteint, mais tout le monde est déjà soucieux de l’année prochaine. Est-ce que la croissance va durer ? Tout dépend de ce que les grands réalisateurs russes nous préparent…

Source

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Dostoïevski : ce que pense la presse de la mini-série historique russe

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Dostoevski

C’est hier soir, jeudi 5 décembre 2013 à 20h50, qu’Arte a dévoilé sur son antenne la mini-série russe qui racontait une partie de la vie mouvementée de l’auteur de Crime et Châtiment. Un biopic « remarquable » porté par un « bon casting » pour la presse.

Fiodor Dostoïevski est est l’un des écrivains russes les plus connus dans le monde. Célèbre pour avoir créé sous sa plume Crime et châtiment, L’Idiot ou encore Le Joueur, Fiodor Dostoïevski a eu une vie particulièrement riche en rebondissements. C’est son histoire qui est contée dans la mini-série russe de 7 épisodes baptisée tout simplement DostoïevskiCréé par Eduard Volodarsky et réalisé par Vladimir Khotinenko, ce biopic se concentre sur la vie de l’auteur de 1849 à 1881, date de sa mort. C’est l’occasion de découvrir son arrestation en 1849 pour avoir fréquenté un cercle aux positions révolutionnaires ; arrestation suivie d’un simulacre d’exécution. Condamné à quatre ans de bagne en Sibérie, il est libéré en 1854 et connaît ensuite une forte passion avec une femme mariée, Maria Dmitrievna Issaïeva.

Fresque historique « remarquable » pour Télé Z, cette mini-série est portée selon le magazine par une réalisation « des plus soignées ». Télé Loisirs de son côté est sous le charme de cette « biographie pleine de souffle portée par un bon casting ». Télé Cable Sat affirme de son côté : « Cette saga historique bénéficie de décors fabuleux, de moyens conséquents et d’interprètes rigoureux. Seule la musique omniprésente et grandiloquente atténue sensiblement un ensemble plutôt réussi et didactique. »

« Évocation grandiloquente de la vie de Dostoïevski » pour Télé Star, cette fiction est pour Télé 7 Jours un « biopic ambitieux qui fait la part belle aux amours de Dostoïevski mais s’attarde peu sur sa personnalité tourmentée. »

Les trois premiers épisodes de la mini-série Dostoïevski sont à découvrir dès ce jeudi à partir de 20h50 sur Arte et sur Arte 7, bien évidement.

Les avis de la presse :

  • Télé 7 Jours : Bien
  • TV Grandes chaînes : Très Bon
  • Télé Star : moyen
  • Télé Cable Sat : Bien
  • Télé Loisirs : Bon
  • Télé Z : Excellent
  • Télé 2 Semaines : Bon
  • Télé Poche : Moyen
Commentaire de Médias en Russie‘:

La mini-série Dostoïevski est merveilleusement mise techniquement et artistiquement. Les acteurs se débrouillent bien, sans mentionner le jeu de Evgeni Mironov qui littéralement « porte » la production sur ses épaules.

Cependant, il faut bien noter que la production met un accent fort sur les passions du génie de la littérature russe en laissant d’autres aspects de sa vie privée de côté. C’est pour cela que je ne recommanderais la série que pour les fans de Dostoïevski passionnés par les romans dramatiques.

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Quel avenir pour Festival du film de Moscou ?

Cette année je n’ai pas prêté beaucoup d’attention à l’événement majeur de l’industrie cinématographique russe qui le 35e Festival International du film de Moscou (vous l’avez  remarqué peut-être) et pour cause ; Difficile de le constater mais à l’instar du cinéma russe qui s’oriente de plus en plus vers le marché national le Festival, lui aussi, se convertie en événement réservé au public russe. L’article suivant publié dans La Russie Aujourd’hui vous montre comment le Festival se prive de ses notes de fonds.

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Lors d’une conférence de presse du Festival international du Film de Moscou (FIFM), une question en allemand a soudain retenti. Le chef du centre de presse et critique Piotr Chepotinnik a demandé à la journaliste de répéter la question en russe, et a été très surpris quand elle a reconnu sa faible connaissance de la langue de Pouchkine, car elle vit et travaille en Allemagne. Cet incident mineur a dévoilé une triste réalité : même le centre de presse ne s’attend pas aux questions de critiques étrangers – on sait bien que ces derniers sont presque absents au festival. On n’édite pas de journaux internationaux comme à Cannes ou Berlin, on ne réalise pas classements critiques, et les langues étrangères ne résonnent quasiment jamais dans les couloirs. Presque aucune information sur les temps forts du festival n’a été relayée dans la presse mondiale. Le Festival international du film de Moscou, né en 1935, qui s’enorgueillissait jadis de la participation de génies du monde du cinéma comme Federico Fellini ou Stanley Kramer, ce festival international de classe « A », s’est peu à peu converti en événement réservé au public russe.

Un événement à l’échelle moscovite

Pire, c’est devenu un événement à l’échelle moscovite. Encore plus grave, un événement non pas destiné au public, mais principalement aux journalistes dépêchés pour le couvrir. Ce sont eux qui remplissent les 11 salles du multiplex Octobre. Le public, selon rapport de l’administration de l’année dernière, ce ne sont que 50.000 personnes – moins de la moitié de son plus proche rival, Karlovy Vary, et incomparablement moins que les festivals de Berlin ou Toronto. Beaucoup de films sont projetés dans des salles à moitié vides, les films en lice le sont dans des salles désertiques. Moscou, comme la presse du monde entier, n’y voit que du feu.

L’hypertrophie du nombre de films et de programmes au détriment de la qualité

Le FIFM se déroule dans un contexte familier de critiques incessantes. Les raisons à cela sont légion – du médiocre thriller rempli de zombies World War Z, choisi pour la cérémonie d’ouverture afin d’attirer Brad Pitt sur le tapis rouge, à l’hypertrophie du nombre de films et de programmes : 364 films dans 30 programmes ! Sur fond de crise générale du cinéma et d’augmentation du nombre de concurrents de poids, le FIFM peine à sélectionner pour son concours des premières mondiales de qualité. L’abondance lors du concours de films médiocres, sélectionnés comme par accident, pour la plupart impropres à être projetés, a poussé le public à se désintéresser des titres présentés au concours.

Valeur commerciale = zéro 

Le Festival lui-même et les distributeurs russes s’y sont habitués. Même en gagnant à Moscou, un film n’a aucune chance de sortir dans les cinémas russes – les prix du FIFM n’affectent pas le sort des gagnants. D’un point de vue commercial, le festival est sans intérêt pour l’industrie cinématographique mondiale.

Jadis, ce festival était pour le public soviétique l’unique fenêtre sur le monde du cinéma – seuls quelques films en provenance d’Europe et d’Amérique étaient montrés au grand public. Aujourd’hui, il sert aussi de hublot aux cinéphiles pour voir des films d’auteur internationaux – les distributeurs jettent rarement leur dévolu sur des œuvres aux fortes qualités artistiques, y préférant  les films policiers, fantastiques et les thrillers pour adolescents. Cette année, par exemple, le FIFM montre la quasi-totalité de Bernardo Bertolucci, qui, selon les nouvelles lois, est indésirable sur les écrans russes. On montre aussi des films qui ont choqué le récent Festival de Cannes par leur qualité graphique – eux aussi auront des difficultés au box-office. Autrement dit, le festival est réduit à attirer les spectateurs par la possibilité de goûter à quelques « fruits défendus ». De ce fait, beaucoup sont prêts à lui pardonner son faible concours et toute son organisation, qui est de plus en plus provinciale. Ce style et ces goûts provinciaux se font fortement sentir lors des cérémonies d’ouverture, qui rappellent de plus en plus une soirée d’élus dans une propriété rurale avec son maître de maison affable et son banquet sur les berges de la rivière. Les cérémonies ont de moins en moins la prétention d’être des événements internationaux : il y a bien quelques visiteurs étrangers honorifiques, mais les présentateurs de la cérémonie ne connaissent aucune langue étrangère et s’emmêlent dans les noms des célébrités internationales, démontrant leur déconnexion avec la salle, le sujet de la soirée, et le septième art lui-même (ceci n’est ).

Changements drastiques à prévoir 

Pour survivre, le Festival de Moscou a besoin de changements drastiques. On a proposé à plusieurs reprises d’annuler le concours, ce dernier ayant dans le contexte actuel perdu tout son sens. Mais tout le monde sait que si on annule le concours, le festival perdra probablement son statut « A », et les solides injections d’argent public qui vont avec. La viabilité économique des dépenses a plusieurs fois été évoquée par les experts : faut-il dépenser, selon la presse, jusqu’à 120 millions de roubles (3 millions d’euros) pour que les journalistes courent de salle en salle, « dégustant » quelques gouttes de l’océan insondable du cinéma? Et pourquoi 364 films, s’ils ne rassembleront même pas une centaine de spectateurs ? Si Toronto ou Berlin, où toute la ville fait la queue pour les billets, reçoivent de leurs festivals d’importants revenus pour les caisses de la ville, le Festival de Moscou est un événement purement subventionné et largement déficitaire.

Atmosphère d’empressement, dans un régime d’urgence et d’inefficacité…

Car le festival est rongé d’une longue maladie – un financement non pas permanent, mais sporadique, autorisant officiellement l’équipe de sélectionneurs à se mettre au travail trois ou quatre mois seulement avant l’ouverture, alors que les grands festivals du monde entier glanent les films tout au long de l’année. Ainsi, l’organisation même du festival implique de travailler dans une atmosphère d’empressement, dans un régime d’urgence et d’inefficacité.

Nikita Mikhalkov

Nikita Mikhalkov

Dans une certaine mesure, les maux du festival sont liés à l’inamovibilité de ses organisateurs – pas seulement des sélectionneurs, mais aussi de l’ensemble de la direction. Le réalisateur de premier plan Nikita Mikhalkov tourne ses films, il occupe beaucoup de postes administratifs et publics, et il ne peut physiquement pas prêter l’attention qu’exige la fonction de président d’un tel festival. Concernant les sélectionneurs, la gamme de leur goût est bien connue des habitués du FIFM, et elle ne reflète pas la moitié de la palette de styles et de genres du cinéma mondial. Par conséquent, la presse exige avec une insistance croissante une rotation de toute l’équipe – une rotation progressive, tactique, mais constante.

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Les films russes les plus et les moins rentables en 2012 et 2013?..

Le poster du films d'animation à rendement de 912% (lire ci-dessous)

Le poster du film d’animation à rendement de 912% (lire ci-dessous)

En mettant le point pour les bilans de l’année 2012 nous vous proposons de découvrir une sélection des films les plus et moins rentables du cinéma russe de l’année dernière.

Pour la première place, il n’y a pas de surprise.Comme en 2011, le film d’animation « Ivan Tsarévitch et le loup gris » a été le plus vu aux salles de cinéma (très beau rapport de recettes aux dépenses à 912%; comme à l’époque de distribution centralisée sous le régime communiste, belle époque…). Le pire résultat (5%* de rendement) revient à « Faust » d’Alexandre Sokourov (le meilleur film de l’année selon la guilde des critiques de cinéma russes).

Pour plus de détails nous vous invitons à regarder le tableau ci-dessous qui est un résultat du travail d’Hercule (pourvu que ce ne soit pas celui de Sisyphe) de l’agence RIA Novosti et de votre aimable serviteur :

Télécharger l’infographie: image ou .pdf haute résolution (conseillé)

FilmsRusses2012_rentabiliteComme vous voyez seuls 15 films des 68 tournés en 2012 ont été rentables (trois de ces films ont bénéficié des subventions de l’Etat); le reste (73%) c’est de la perte. Cependant, ce n’est pas cela qui dérange les spécialistes (à titre d’exemple en France 86% des films produits en 2012 on perdu l’argent) c’est la part de marché des films russes qui, malgré l’augmentation des revenus, reste encore très bas. Elle a même diminué de 15,9% à 13,8% (-2% par rapport à 2011).  Par ailleurs, aucun des films russes n’est entré dans la TOP-10 du box office national où presque toutes les places ont été occupées par les franchises hollywoodiennes. C’est cette proportion que le Gouvernement russe voudrait changer dans les deux années à venir quitte à introduire les quotas obligeant les distributeurs et les exploitants à montrer un minimum de 20% de films russes sur les écrans. Une mesure qui nous renvoie aux années 30 du siècle dernier quand plusieurs pays (Italie, France, Grande-Bretagne) adoptaient ce modèle protectionniste qui souvent se soldait par l’augmentation du nombre de films produits au détriment de leur qualité. A notre avis, seules la concurrence et la formation des professionnels seraient capables de remédier aux problèmes mentionnés ci-dessus.

Mais alors, sur quels films russes pourront-nous compter en 2013?

Stalingrad_3D1. Les principaux espoirs sont liés au « Stalingrad »,  une super-production russe aux accents d’Hollywood qui sortira à l’occasion des 70ème anniversaire de la terrible bataille. Le film de Fedor Bondarchuck est actuellement au stade de montage et doit sortir aux écrans en automne. Il est claire que ce premier film russe en 3D va avoir du succès chez les spectateurs locaux, et, fort probablement à l’étranger. En tout cas, tous mes amis qui ont eu la chance de voir quelques images de « Stalingrad » au dernier MIPCOM ont été agréablement surpris.

2. Un autre film prometteur est la production d’Alexander Rodnyansky « Le Mystère du col Dyatlov« , ou bien « Le Mystère du passage Dyatlov » (un thriller, voire le film d’horreur sur la disparition d’un groupe de randonneurs tous massacrés par une créature de neige, un Yeti).

3. Le studio de Nikita Mikhalkov « TRITE » mise sur le sport et sur les grands athlètes russes en particulier : « Ivan Poddubny » de Gleb Orlov, et « La légende № 17 » avec Oleg Menchikov et Danila Kozlovsky sur la vie de Valeri Kharlamov, une méga-star du hockey sur glace soviétique, mondialement connu.

4. Un nouveau projet de « Direktsiya Kino » (producteur des films « Amiral », « Night Watch ») sortira au mois d’octobre 2013. Ce sera une comédie « Courrier du Paradis » de Michail Khleborodov, un film très original, et plein d’humour et de réflexions sur notre existence.

5. Finalement, la suite de la comédie « Arbres de Noël » (un des plus grands succès dans l’histoire du cinéma russe) est également prévue. « Arbre de Noël – 3 » produit par le studio Bazelevs de Timour Bekmambetov sortira à la fin de l’année pour écrémer les recettes du box-office festif (n’oublions pas qu’en Russie les festivités de fin d’année peuvent durer jusqu’à deux semaines 😉 )

Sources: RiA Novosti, Cinemotion Lab, Kinobusiness

* Le ratio est calculé en fonction des recettes du film en Russie uniquement et ne tient pas compte du revenu perçu à l’étranger (0,56 millions de dollars).

Lire également sur notre blog : 

Le box-office des films russes en 2012

Encore un petit bilan de 2012. Cette fois-ci il s’agit des recettes des films russes sortis en 2012 au box-office national. Les drames et les comédies dépassent tous les autres genres.  (Click sur l’image ci-dessous)

BoxOffice2012_FilmsRusseGen

Et cela aussi aussi peut être vu d’un point de vue positif quand aux changements produits en 2012, car le box-office global a battu un nouveau record cette année, même pour les films russes.

Et quand à l’international? 

Seuls trois films russes ont sortis aux salles de cinémas à l’étranger à partir du 1 Janvier au 23 Décembre 2012 (les projections dans le cadre des festivals du cinéma russe ne sont pas prises en compte). Il s’agit bien du drama « Ovsyanki » (ou Le Dernier voyage de Tanya) d’Alexei Fedorchenko, « Faust » d’Alexander Sokurov et « Elena » d’Andreï Zviaguintsev.

elena1. Le film « Elena », sorti dans sept pays de l’Union européenne, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud et en Australie a gagné 2,44 millions de dollars dont 230 milles dollars gagnés dans les 13 salles de cinéma nord-américains.

2. La parabole philosophique « Faust » (le meilleur film de l’année selon les critiques de cinéma russes) a recueilli  0,56 millions de dollars dans huit pays européens et au Brésil.

3. Les recettes du drama « Ovsyanki » provenant de deux pays européens et d’Australie remontent à 0,15 million de dollars. C’est-à-dire que les films russes sortis en 2012 ont recueilli 3,15 millions de dollars (-1,31 million de dollars en moins par rapport à 2011, soit la baisse de 29,4%).*

Malgré tout le box-office global a battu un nouveau record cette année en Russie, même pour les films russes (+15% d’entrées par rapport à 2011). Les spécialistes de Romir Movie Research sont très optimistes pour l’année suivante. Selon leur étude, le box-office va encore croître de 12% en 2013 pour atteindre 44,8 milliards de roubles / 1,1 milliard d’euros et le box-office des films nationaux verra l’augmentation de près de 36% (7,5 milliards de roubles / 185 millions d’euros).

Source 1;  Source 2

* en 2011 neuf films russe et un film soviétique ont recueilli 4,46 millions de dollars.

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Joël Chapron sur l’exportation des films russes

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CinemaRusseExport

Les films russes ne sont pas très courants sur les écrans des pays occidentaux, dont la France. Cela est une constante depuis de longues années. Anton Nikolski a décidé de scruter le problème et de voir ce qu’en pensent les spécialistes dont le responsable du secteur Russie et Europe de l’Est à « Unifrance » Monsieur Joël Chapron qui connaît la situation mieux que quiconque.

La première question était de savoir quel est l’obstacle principal pour la diffusion des films russes sur les écrans français…

Joël Chapron. C’est effectivement une très grande question. Il n’y a sur le papier aucun obstacle aujourd’hui à la diffusion des films russes en France. La vraie difficulté aujourd’hui c’est que sortir un film de manière correcte en France coûte beaucoup d’argent, beaucoup plus qu’il y 20 ou 30 ans. Les films soviétiques, post-soviétiques et les films russes qui sortent en France aujourd’hui sont très peu nombreux. Ils n’ont jamais été extrêmement nombreux dans toute l’histoire pour des raisons politiques, notamment, mais aujourd’hui il y a entre deux et cinq films qui sortent par an chaque année, et c’est extrêmement compliqué parce que même les cinq films qui sont sortis en France en 2012 n’ont pas tous bénéficié d’une grande promotion. Globalement, si on prend 2012, il y a deux films qui sortent un petit peu du lot. C’est « Faust » d’Alexandre Sokourov parce qu’il a eu le Lion d’or à Venise l’année dernière, et à partir du moment que vous êtes promu par un grand festival international, vous avez de la presse, vous avez des articles et donc, bien évidemment, ça aide. Et l’autre, c’est « Elena » qui était au Festival de Cannes l’année dernière et qui pour les mêmes raisons, a eu aussi une très bonne presse et a fait quelques dizaines de milliers d’entrées, ce qui est très bien aussi. Mais les trois autres sont passés quasiment inaperçus. « Portrait au crépuscule » a fait moins de 15 mille entrées, « Water, le pouvoir secret de l’eau » est passé totalement inaperçu, et « La Mouette » est la sortie d’un vieux film soviétique qui n’est jamais sorti en France, une adaptation de Tchékhov qui est très bien. Mais sans possibilités qu’on notamment des films américains, mêmes des films allemands ou des films italiens, c’est extrêmement compliqué de sortir des films russes en France parce que ça manque de notoriété, on ne connaît aucun acteur russe, vous ne pouvez baser votre promotion sur rien.

Même les noms de la cinématographie russe connus restent connus essentiellement des cinéphiles – Nikita Mikhalkov, Kontchalovski, Zviaguintsev aujourd’hui ou même Sokourov – vous arrêtez les gens dans la rue, vous leur donnez ces noms-là, personne ne les connaît. Donc, c’est compliqué de sortir un film si vous ne pouvez pas vous vous appuyer sur quelque chose de connu. Pour moi, le principal obstacle, il est essentiellement là, il est dans le fait que si vous voulez sortir un film, il faut l’acheter, il faut le promouvoir et que tous les moyens de promotion coûtent beaucoup d’argent aujourd’hui. Pour vous donner un ordre d’idées, pour sortir un film en France de qualité, dont tout le monde parle, sans que ce soit « Harry Potter », il faut compter quand même entre 500 mille et un million d’euros de budget promotionnel. Aucun distributeur n’a ni les moyens, ni l’envie de prendre le risque de perdre autant d’argent si le film ne fait pas d’entrées. Et donc c’est un rapport entre le manque de notoriété et le risque financier et le manque de notoriété… Après c’est un cercle vicieux, si les films ne sortent pas, on ne les connaîtra pas plus, et malheureusement, cela ne s’arrête pas.

Anton Nikolski. Et les films mêmes, ne sont-ils pas un obstacle à la diffusion ?

Lire ou écouter la suite sur le site de la radio de la Russie: french.ruvr.ru

Médias en Russie‘:

Merci à Monsieur Nikolski pour cet interview intéressant!

 

Cinéma russe en 2012: pas de sensations mais plusieurs découvertes

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Les signes encourageants se multiplient dans le secteur du cinéma russe, plusieurs films de qualité ont vu le jour en 2012 sans créer de sensation. Pourtant, des nouveaux noms sont apparus. Faisons connaissance avec certains d’entre eux… (remerciements à la radio  La Voix de la Russie)

Aleksei Andrianov sur le lieu de tournage de son film "L'espion"

Aleksei Andrianov sur le lieu de tournage de son film « L’espion »

C’est ainsi que parmi les nouveaux noms du cinéma russe on remarque le réalisateur Alexeï Andrianov âgé de 36 ans. Son thriller « L’Espion », qui raconte le travail des résidents des services de renseignement rivaux à la veille de la Seconde guerre mondiale, a été bien distribué dans les salles de cinéma en Russie et a même été diffusé par une chaîne de télévision nationale. Après son achat par les États-Unis, « L’Espion » s’est hissé en quelques jours à la 14e place pour le taux de visionnement en format vidéo parmi 2500 films européens, américains et asiatiques. « C’est du beau travail !« ,  a dit le cinéaste Valery Kitchine dans un entretien à La Voix de la Russie.

Taïssia Igoumentseva, jeune diplômée de 23 ans de l’Institut des hautes études cinématographiques, est une découverte encore plus retentissante. Son court-métrage d’une demi-heure « En chemin … » n’a connu qu’une distribution limitée en Russie mais a récolté en revanche une riche moisson de récompenses aux festivals internationaux, y compris lors de la compétition des films d’étudiants du festival de Cannes. (Le héros du film, obscur gérant d’un petit magasin, invente un procédé audacieux lui permettant de s’exprimer : il sort tous les soirs dans une cour au milieu des grands immeubles et proférant des injures en hurlant de toutes ses forces. Il se fait tabasser mais revient obstinément à la charge pour essayer de rompre le carcan de sa morne existence…

Taïsia Igoumentseva Crédit photo : RIA Novosti / Ekaterina Chesnokova

Taïsia Igoumentseva Crédit photo : RIA Novosti / Ekaterina Chesnokova

Ce film peu traditionnel a d’abord provoqué une réaction de rejet dans le milieu des cinéastes, se souvient le maître de Taïssia, le célèbre réalisateur Alexeï Outchitel. « Un scandale a éclaté quand Taïssia a présenté ce film comme son travail de fin d’études à l’Institut parce que le jury a refusé de lui attribuer la note « excellent » en se contentant d’un « assez bien ». Je suis intervenu très vivement et j’ai demandé au jury de revoir sa décision. Une nouvelle réunion a eu lieu et la note « assez bien » a été confirmée. Alors je leur ai dit : vous allez le regretter ! »

Une autre trouvaille de l’année 2012 est l’historienne professionnelle du cinéma Lioubov Arkus qui a débuté avec son documentaire « Anton est ici, tout près ». Ce film a fait fureur au festival de Venise, bien que présentée en marge de la compétition principale. A travers la destinée d’un enfant autiste, Arkus a mis le doigt sur un immense problème, à savoir comment assurer en Russie une existence décente aux personnes handicapées. « C’est plus qu’un film, c’est une prise de position citoyenne », affirme la critique de cinéma Svetlana Khokhriakova. » 

La réalisatrice Lioubov Arkus

La réalisatrice Lioubov Arkus

Liouba Arkus a, contre toute attente, débuté dans le cinéma documentaire. Ce qu’elle a fait n’est même pas un film mais un cri de l’âme. Elle l’a tourné parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement !« 

Les spécialistes signalent également des tendances nouvelles qui se sont manifestées dans le cinéma au cours de l’année qui s’achève. Il y a eu un foisonnement de films sous forme de nouvelles. C’est sûrement une tendance puisque plusieurs réalisateurs à la fois privilégient ce format. (exemple: « Vivre » du réalisateur Vassili Sigarev, qui est composé de trois histoires parallèles. Les héros de chacune d’entre elles ont perdu un être proche et atteignent cette limite où la vie, au sens d’une existence ordinaire et responsable, devient impossible.)

Pour conclure, l’année 2012 a été très productif pour le cinéma russe et s’est conclut à la note optimiste des réformes. La critique Vita Ramm explique:  « 2012 est l’année de la tentative pour réformer le cinéma russe (en fait, depuis 2009 chaque année est marquée par des tentatives similaires; néanmoins, nous espérons que les initiatives prises à la fin de 2012 mettront un peu d’ordre dans le système, – n.d.@mediasrusses). Il s’agit des décisions prises début décembre et introduisant les nouvelles modalités de financement du cinéma… » Le gouvernement a élaboré un train des mesures qui permettront d’améliorer le système de distribution des films russes tant en Russie qu’à l’étranger.

Une mouche dans le potage, si l’on en croit Variety, est l’arrivée de Vladimir Medinsky à la tête du ministère de la Culture russe ce qui pourrait être accompagnée d’une nouvelle philosophie de financement renvoyant, pour citer le quotidien spécialisé, « à l’ère soviétique ». Désormais, seuls les films traitant d’un sujet approuvé par le gouvernement et respectant « les intérêts stratégiques de l’État » pourront réclamer des fonds fédéraux. Afin de séparer le bon grain de l’ivraie, une liste officielle a été édictée. Décrit comme un loyaliste de Poutine, Medinsky a personnellement sanctionné les douze thèmes « socialement pertinents » qui y figurent. D’affirmer le ministère, ceux-ci s’inspirent des préoccupations du public. Ainsi, les cinéphiles russes souhaiteraient apparemment voir davantage de films ayant trait à l’histoire de la Russie, à ses victoires militaires et aux héros qui les ont rendues possibles, au combat des forces de l’ordre contre le terrorisme, etc. La famille, la tradition, l’amour et la loyauté demeurent des enjeux porteurs.

Aleksei Guskov

Aleksei Guskov

Comme vous le voyez, il reste peu de place pour les cinéastes qui souhaitent d’aborder « les sujets qui fâchent »;  c’est pourquoi les réalisateurs « rebelles » se tournent de plus en plus vers l’Europe en préférant un chemin épineux de la co-production aux subventions grasses de l’Etat (parmi les dernières exemples se trouvent Alexandre Sokourov (Faust) ou Aleksei Guskov (4 jours en mai)). Et cela aussi aussi peut être vu d’un point de vue positif quand aux changements produits en 2012, car le box-office global a battu un nouveau record cette année, même pour les films russes. D’ailleurs, les spécialistes de Romir Movie Research sont très optimistes pour l’année suivante. Selon leur étude, le box-office va encore croître de 12% en 2013 pour atteindre 44,8 milliards de roubles / 1,1 milliard d’euros et le box-office des films nationaux verra l’augmentation de près de 36% (7,5 milliards de roubles / 185 millions d’euros).

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Lenfilm reçoit un cadeau de 350 films muets

La société américaine Magna-Tech Electronic a gracieusement offert  la collection de 350 films muets réalisés en Russie au début du XXe siècle (avant 1917), au studio Lenfilm, informe RIA Novosti.

Ces films ont été emportés par les émigrés russes qui ont déménagé aux États-Unis pendant la guerre civile. L’Université de Floride a assuré leur sauvegarde jusqu’à l’incendie survenu dans ses locaux il y a un certain temps. Après cet accident les films russes ont été transférés à Steven Krams, président de Magna-Tech Electronic.

Selon l’accord du 21 septembre avec Lenfilm, le transfert vers la Russie aura lieu en Décembre 2012. C’est aussi en décembre que le Président du conseil d’administration du studio Lenfim Edouard Pitchouguine a promis d’organiser la projection des plus intéressants films de cette collection.