Les meilleurs films russes de l’année à Paris!

RegardsRussie

La 11e Semaine du Cinéma russe à Paris « Regards de Russie » s’ouvre le 13 novembre 2013 au cinéma « L’Arlequin », avec « le plus russe » des films du programme – « Le Géographe a bu son globe » du réalisateur Alexandre Vélédinski.

Long-métrages, Télécharger (PDF) ›

"Le Géographe a bu son globe" (2013)

« Le Géographe a bu son globe » (2013)

Le public parisien aura l’occasion, presque simultanément avec le public russe (sortie en Russie le 7 nov), de voir le meilleur film de l’année, (de l’avis unanime du jury, des critiques et des spectateurs du Festival national du film « Kinotaure » ). Co-scénariste du célèbre feuilleton « La Brigade », réalisateur du film « Russe » (d’après les œuvres d’Edouard Limonov) et du film « Vivant ! » qui parle des jeunes soldats russes morts en Tchétchénie, Alexandre Vélédinski a été fasciné par le roman d’Alexeï Ivanov, qu’il porte à l’écran avec brio. « Le Géographe a bu son globe » est une simple comptine. Ce n’est pas l’histoire d’un alcoolique ; c’est l’histoire  d’un intellectuel qui cache en vain sa faculté de réflexion. « Quand j’ai lu le roman, j’ai compris que c’était mon histoire et celle de beaucoup de Russes. Cet homme ne se plaint pas de son sort, c’est un bouffon, un pitre qui incarne tous nos péchés <…> Et je l’aime beaucoup, car Sloujkine c’est moi », — reconnait le réalisateur Alexandre Vélédinski.

Ce choix convaincra à nouveau le spectateur que le meilleur moyen de connaître et de comprendre un pays est d’aller voir des films contemporains. Mais surtout, le public aura l’occasion de voir un « héros de notre temps » qui a si longtemps et si cruellement manqué au cinéma russe. Le personnage principal du film – le professeur de géographie Victor Sloujkine – est vraiment un personnage tiré de la littérature russe et dont les racines remontent aux romans de Gontcharov, de Tchékhov et de Dostoïevski : il a quelque chose d’Oblomov, d’Oncle Vania, mais aussi du prince Mychkine. Et l’acteur Constantin Khabenski a su incarner avec talent un personnage aussi ambigu que Sloujkine.

De plus, le film d’ouverture montre que le cinéma russe d’aujourd’hui s’attache aux meilleures traditions du  cinéma soviétique. Les auteurs du film d’ouverture ne redoutent pas la comparaison et s’y hasardent délibérément : il y a, dans ce film, une scène avec une balançoire, d’où s’élance le personnage de Constantin Khabenski (c’est l’acteur qui avait proposé cette scène), car son personnage Sloujkine a vu, de toute évidence, le film-culte des années 1980 « Vols entre rêves et réalités » de Roman Balayan.

18 productions russes récentes et inédites en France seront présentées dans trois salles des Ecrans de Paris – l’Arlequin, Le Reflet Médicis, le Majestic Passy.

On pourra y découvrir les premiers et derniers films de deux réalisateurs parmi les plus représentatifs des années 2000. Alexeï FEDORTCHENKO avec « Les épouses célestes du peuple Mari », film onirique de 2012, et « Les premiers sur la lune », son premier film de fiction, un pseudo-documentaire réalisé en 2005. Sera également projetés le premier film de Boris KHLEBNIKOV « Koktebel » (réalisé avec A.Popogrebski). Ainsi que le 14ème et dernier film du réalisateur Aleksei BALABANOV mort prématurément.

"Je veux aussi" (2012)

« Je veux aussi » (2012)

Film initiatique, «Je veux aussi» , salué l’année dernière à la Mostra de Venise, raconte la quête désespérée du bonheur et la pulsion  mystique du peuple russe.  A voir également «le Jeu de la vérité» une comédie d’après la pièce de l’acteur, réalisateur et scénariste français Philippe Lellouche. Cette mise en scène de Victor Chamirov est également joué au théâtre à Moscou depuis 2007 avec un succès jamais démenti. «Légende N°17» de Nikolaï Lebedev, aux 1ères places du box-office 2013 en Russie, le film, qui retrace l’histoire de Valéry Kharlamov, véritable légende du hockey mondial, devrait être plébiscité par le grand public à Paris.

Documentaires, Télécharger (PDF) ›

Côté documentaires, après le succès de «Vivan las Antipodas!« sorti en France en 2013, la semaine du cinéma russe présente le précédent film de V. Kossakovsky, «Silence !/Tishe !»(connu également sous le nom « La Russie vue de ma fenêtre ») réalisé à St-Pétersbourg. Autre temps fort, « Rudolf Noureev, le Démon rebelle », documentaire consacré au 75e anniversaire du plus grand danseur du XXe siècle. 

Pour la famille, Télécharger (PDF) ›

Les touts petits ne seront pas oubliés avec la projection de « Macha et l’ ours », grand succès en Russie qui mélange harmonieusement un conte russe traditionnel et les techniques de l’animation moderne.

Information pratique :

  1. L’Arlequin 76 Rue de Rennes -75006
  2. Le Majestic Passy 18 Rue de Passy – 75016
  3. Le Reflet Medicis 3/7 Rue Champollion – 75005

Tarifs : 6,50€ la place, 5,50€ scolaires  ou 35€ le pass 10 séances (sauf ouverture)

Les horaires des séancesTélécharger (PDF) ›

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Les films russes les plus et les moins rentables en 2012 et 2013?..

Le poster du films d'animation à rendement de 912% (lire ci-dessous)

Le poster du film d’animation à rendement de 912% (lire ci-dessous)

En mettant le point pour les bilans de l’année 2012 nous vous proposons de découvrir une sélection des films les plus et moins rentables du cinéma russe de l’année dernière.

Pour la première place, il n’y a pas de surprise.Comme en 2011, le film d’animation « Ivan Tsarévitch et le loup gris » a été le plus vu aux salles de cinéma (très beau rapport de recettes aux dépenses à 912%; comme à l’époque de distribution centralisée sous le régime communiste, belle époque…). Le pire résultat (5%* de rendement) revient à « Faust » d’Alexandre Sokourov (le meilleur film de l’année selon la guilde des critiques de cinéma russes).

Pour plus de détails nous vous invitons à regarder le tableau ci-dessous qui est un résultat du travail d’Hercule (pourvu que ce ne soit pas celui de Sisyphe) de l’agence RIA Novosti et de votre aimable serviteur :

Télécharger l’infographie: image ou .pdf haute résolution (conseillé)

FilmsRusses2012_rentabiliteComme vous voyez seuls 15 films des 68 tournés en 2012 ont été rentables (trois de ces films ont bénéficié des subventions de l’Etat); le reste (73%) c’est de la perte. Cependant, ce n’est pas cela qui dérange les spécialistes (à titre d’exemple en France 86% des films produits en 2012 on perdu l’argent) c’est la part de marché des films russes qui, malgré l’augmentation des revenus, reste encore très bas. Elle a même diminué de 15,9% à 13,8% (-2% par rapport à 2011).  Par ailleurs, aucun des films russes n’est entré dans la TOP-10 du box office national où presque toutes les places ont été occupées par les franchises hollywoodiennes. C’est cette proportion que le Gouvernement russe voudrait changer dans les deux années à venir quitte à introduire les quotas obligeant les distributeurs et les exploitants à montrer un minimum de 20% de films russes sur les écrans. Une mesure qui nous renvoie aux années 30 du siècle dernier quand plusieurs pays (Italie, France, Grande-Bretagne) adoptaient ce modèle protectionniste qui souvent se soldait par l’augmentation du nombre de films produits au détriment de leur qualité. A notre avis, seules la concurrence et la formation des professionnels seraient capables de remédier aux problèmes mentionnés ci-dessus.

Mais alors, sur quels films russes pourront-nous compter en 2013?

Stalingrad_3D1. Les principaux espoirs sont liés au « Stalingrad »,  une super-production russe aux accents d’Hollywood qui sortira à l’occasion des 70ème anniversaire de la terrible bataille. Le film de Fedor Bondarchuck est actuellement au stade de montage et doit sortir aux écrans en automne. Il est claire que ce premier film russe en 3D va avoir du succès chez les spectateurs locaux, et, fort probablement à l’étranger. En tout cas, tous mes amis qui ont eu la chance de voir quelques images de « Stalingrad » au dernier MIPCOM ont été agréablement surpris.

2. Un autre film prometteur est la production d’Alexander Rodnyansky « Le Mystère du col Dyatlov« , ou bien « Le Mystère du passage Dyatlov » (un thriller, voire le film d’horreur sur la disparition d’un groupe de randonneurs tous massacrés par une créature de neige, un Yeti).

3. Le studio de Nikita Mikhalkov « TRITE » mise sur le sport et sur les grands athlètes russes en particulier : « Ivan Poddubny » de Gleb Orlov, et « La légende № 17 » avec Oleg Menchikov et Danila Kozlovsky sur la vie de Valeri Kharlamov, une méga-star du hockey sur glace soviétique, mondialement connu.

4. Un nouveau projet de « Direktsiya Kino » (producteur des films « Amiral », « Night Watch ») sortira au mois d’octobre 2013. Ce sera une comédie « Courrier du Paradis » de Michail Khleborodov, un film très original, et plein d’humour et de réflexions sur notre existence.

5. Finalement, la suite de la comédie « Arbres de Noël » (un des plus grands succès dans l’histoire du cinéma russe) est également prévue. « Arbre de Noël – 3 » produit par le studio Bazelevs de Timour Bekmambetov sortira à la fin de l’année pour écrémer les recettes du box-office festif (n’oublions pas qu’en Russie les festivités de fin d’année peuvent durer jusqu’à deux semaines 😉 )

Sources: RiA Novosti, Cinemotion Lab, Kinobusiness

* Le ratio est calculé en fonction des recettes du film en Russie uniquement et ne tient pas compte du revenu perçu à l’étranger (0,56 millions de dollars).

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France – Russie: les frères d’infortune

Oscars2013

Hier soir,  les coeurs des cinéphiles russes et français battaient la chamade lors de la publication de la short list des Oscars 2013. En vain… Grosse déception du côté français et du côté russe également.

Ni De rouille et d’os de Jacques Audiard,  ni Intouchables d’Olivier Nakache et Eric Toledano n’ont pas été sélectionnés pour figurer dans la short list  du « meilleur film étranger ». Marion Cotillard n’est d’ailleurs non plus en lice pour le trophée de la « meilleure actrice ». 

Quand au Tigre blanc de Karen Chakhnazarov, nous nous limiterons à publier juste un rétrolien sur notre article du 25 septembre 2012: Un tigre blanc de Chakhnazarov – une balle chargée à blanc? et remplaceront un point d’interrogation par un point, pardi…

La cérémonie des Oscars se tiendra donc le 24 février prochain au Dolby Theatre à Hollywood sans les représentants de nos deux pays. Les frères d’infortune… (quoique le mot « infortune » convient mieux pour les films français car ils méritaient bien ce prix)

Le box-office des films russes en 2012

Encore un petit bilan de 2012. Cette fois-ci il s’agit des recettes des films russes sortis en 2012 au box-office national. Les drames et les comédies dépassent tous les autres genres.  (Click sur l’image ci-dessous)

BoxOffice2012_FilmsRusseGen

Et cela aussi aussi peut être vu d’un point de vue positif quand aux changements produits en 2012, car le box-office global a battu un nouveau record cette année, même pour les films russes.

Et quand à l’international? 

Seuls trois films russes ont sortis aux salles de cinémas à l’étranger à partir du 1 Janvier au 23 Décembre 2012 (les projections dans le cadre des festivals du cinéma russe ne sont pas prises en compte). Il s’agit bien du drama « Ovsyanki » (ou Le Dernier voyage de Tanya) d’Alexei Fedorchenko, « Faust » d’Alexander Sokurov et « Elena » d’Andreï Zviaguintsev.

elena1. Le film « Elena », sorti dans sept pays de l’Union européenne, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud et en Australie a gagné 2,44 millions de dollars dont 230 milles dollars gagnés dans les 13 salles de cinéma nord-américains.

2. La parabole philosophique « Faust » (le meilleur film de l’année selon les critiques de cinéma russes) a recueilli  0,56 millions de dollars dans huit pays européens et au Brésil.

3. Les recettes du drama « Ovsyanki » provenant de deux pays européens et d’Australie remontent à 0,15 million de dollars. C’est-à-dire que les films russes sortis en 2012 ont recueilli 3,15 millions de dollars (-1,31 million de dollars en moins par rapport à 2011, soit la baisse de 29,4%).*

Malgré tout le box-office global a battu un nouveau record cette année en Russie, même pour les films russes (+15% d’entrées par rapport à 2011). Les spécialistes de Romir Movie Research sont très optimistes pour l’année suivante. Selon leur étude, le box-office va encore croître de 12% en 2013 pour atteindre 44,8 milliards de roubles / 1,1 milliard d’euros et le box-office des films nationaux verra l’augmentation de près de 36% (7,5 milliards de roubles / 185 millions d’euros).

Source 1;  Source 2

* en 2011 neuf films russe et un film soviétique ont recueilli 4,46 millions de dollars.

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Cinéma russe en 2012: pas de sensations mais plusieurs découvertes

See on Scoop.itMédias en Russie

Cinema_Russie_2012

Les signes encourageants se multiplient dans le secteur du cinéma russe, plusieurs films de qualité ont vu le jour en 2012 sans créer de sensation. Pourtant, des nouveaux noms sont apparus. Faisons connaissance avec certains d’entre eux… (remerciements à la radio  La Voix de la Russie)

Aleksei Andrianov sur le lieu de tournage de son film "L'espion"

Aleksei Andrianov sur le lieu de tournage de son film « L’espion »

C’est ainsi que parmi les nouveaux noms du cinéma russe on remarque le réalisateur Alexeï Andrianov âgé de 36 ans. Son thriller « L’Espion », qui raconte le travail des résidents des services de renseignement rivaux à la veille de la Seconde guerre mondiale, a été bien distribué dans les salles de cinéma en Russie et a même été diffusé par une chaîne de télévision nationale. Après son achat par les États-Unis, « L’Espion » s’est hissé en quelques jours à la 14e place pour le taux de visionnement en format vidéo parmi 2500 films européens, américains et asiatiques. « C’est du beau travail !« ,  a dit le cinéaste Valery Kitchine dans un entretien à La Voix de la Russie.

Taïssia Igoumentseva, jeune diplômée de 23 ans de l’Institut des hautes études cinématographiques, est une découverte encore plus retentissante. Son court-métrage d’une demi-heure « En chemin … » n’a connu qu’une distribution limitée en Russie mais a récolté en revanche une riche moisson de récompenses aux festivals internationaux, y compris lors de la compétition des films d’étudiants du festival de Cannes. (Le héros du film, obscur gérant d’un petit magasin, invente un procédé audacieux lui permettant de s’exprimer : il sort tous les soirs dans une cour au milieu des grands immeubles et proférant des injures en hurlant de toutes ses forces. Il se fait tabasser mais revient obstinément à la charge pour essayer de rompre le carcan de sa morne existence…

Taïsia Igoumentseva Crédit photo : RIA Novosti / Ekaterina Chesnokova

Taïsia Igoumentseva Crédit photo : RIA Novosti / Ekaterina Chesnokova

Ce film peu traditionnel a d’abord provoqué une réaction de rejet dans le milieu des cinéastes, se souvient le maître de Taïssia, le célèbre réalisateur Alexeï Outchitel. « Un scandale a éclaté quand Taïssia a présenté ce film comme son travail de fin d’études à l’Institut parce que le jury a refusé de lui attribuer la note « excellent » en se contentant d’un « assez bien ». Je suis intervenu très vivement et j’ai demandé au jury de revoir sa décision. Une nouvelle réunion a eu lieu et la note « assez bien » a été confirmée. Alors je leur ai dit : vous allez le regretter ! »

Une autre trouvaille de l’année 2012 est l’historienne professionnelle du cinéma Lioubov Arkus qui a débuté avec son documentaire « Anton est ici, tout près ». Ce film a fait fureur au festival de Venise, bien que présentée en marge de la compétition principale. A travers la destinée d’un enfant autiste, Arkus a mis le doigt sur un immense problème, à savoir comment assurer en Russie une existence décente aux personnes handicapées. « C’est plus qu’un film, c’est une prise de position citoyenne », affirme la critique de cinéma Svetlana Khokhriakova. » 

La réalisatrice Lioubov Arkus

La réalisatrice Lioubov Arkus

Liouba Arkus a, contre toute attente, débuté dans le cinéma documentaire. Ce qu’elle a fait n’est même pas un film mais un cri de l’âme. Elle l’a tourné parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement !« 

Les spécialistes signalent également des tendances nouvelles qui se sont manifestées dans le cinéma au cours de l’année qui s’achève. Il y a eu un foisonnement de films sous forme de nouvelles. C’est sûrement une tendance puisque plusieurs réalisateurs à la fois privilégient ce format. (exemple: « Vivre » du réalisateur Vassili Sigarev, qui est composé de trois histoires parallèles. Les héros de chacune d’entre elles ont perdu un être proche et atteignent cette limite où la vie, au sens d’une existence ordinaire et responsable, devient impossible.)

Pour conclure, l’année 2012 a été très productif pour le cinéma russe et s’est conclut à la note optimiste des réformes. La critique Vita Ramm explique:  « 2012 est l’année de la tentative pour réformer le cinéma russe (en fait, depuis 2009 chaque année est marquée par des tentatives similaires; néanmoins, nous espérons que les initiatives prises à la fin de 2012 mettront un peu d’ordre dans le système, – n.d.@mediasrusses). Il s’agit des décisions prises début décembre et introduisant les nouvelles modalités de financement du cinéma… » Le gouvernement a élaboré un train des mesures qui permettront d’améliorer le système de distribution des films russes tant en Russie qu’à l’étranger.

Une mouche dans le potage, si l’on en croit Variety, est l’arrivée de Vladimir Medinsky à la tête du ministère de la Culture russe ce qui pourrait être accompagnée d’une nouvelle philosophie de financement renvoyant, pour citer le quotidien spécialisé, « à l’ère soviétique ». Désormais, seuls les films traitant d’un sujet approuvé par le gouvernement et respectant « les intérêts stratégiques de l’État » pourront réclamer des fonds fédéraux. Afin de séparer le bon grain de l’ivraie, une liste officielle a été édictée. Décrit comme un loyaliste de Poutine, Medinsky a personnellement sanctionné les douze thèmes « socialement pertinents » qui y figurent. D’affirmer le ministère, ceux-ci s’inspirent des préoccupations du public. Ainsi, les cinéphiles russes souhaiteraient apparemment voir davantage de films ayant trait à l’histoire de la Russie, à ses victoires militaires et aux héros qui les ont rendues possibles, au combat des forces de l’ordre contre le terrorisme, etc. La famille, la tradition, l’amour et la loyauté demeurent des enjeux porteurs.

Aleksei Guskov

Aleksei Guskov

Comme vous le voyez, il reste peu de place pour les cinéastes qui souhaitent d’aborder « les sujets qui fâchent »;  c’est pourquoi les réalisateurs « rebelles » se tournent de plus en plus vers l’Europe en préférant un chemin épineux de la co-production aux subventions grasses de l’Etat (parmi les dernières exemples se trouvent Alexandre Sokourov (Faust) ou Aleksei Guskov (4 jours en mai)). Et cela aussi aussi peut être vu d’un point de vue positif quand aux changements produits en 2012, car le box-office global a battu un nouveau record cette année, même pour les films russes. D’ailleurs, les spécialistes de Romir Movie Research sont très optimistes pour l’année suivante. Selon leur étude, le box-office va encore croître de 12% en 2013 pour atteindre 44,8 milliards de roubles / 1,1 milliard d’euros et le box-office des films nationaux verra l’augmentation de près de 36% (7,5 milliards de roubles / 185 millions d’euros).

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Lire également sur notre blog:

La catastrophe souterraine dans le METRO russe

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Rames de métro et de l’eau: une mauvaise combinaison dans un nouveau film d’Anton Megerdichev – LE METRO. Comme dans la plupart des films catastrophes (le film sort le 21.12.12) l’histoire n’est pas compliquée:  au milieu de l’heure de pointe quand les trains sont bondés à l’extrême et les gens s’y serrent comme des sardines, les parois de la séparation du réseau de l’eau de la rivière Moskva cèdent et l’enfer se déchaîne. La panique, les cris, le sang, les cadavres ainsi que l’angoisse des gens et leur impuissance face à la nature sont au menu.

Voir la bande annonce du film (en russe)

Cet oeuvre de Megerdichev a été conçu en tant qu’une des rares tentatives russes de faire un film catastrophe à niveau hollywoodien; et avec le folie liée à l’excitation par rapport à la fin du monde le budget du film (9 millions de dollars) a bien servi pour démonter le chaos à grande échelle par les images de qualité. Maintenant c’est le spectateur russe qui va décider

Alain Delon a renoncé à ses honoraires pour le tournage dans un long métrage russe.

See on Scoop.itMédias en Russie

Alain Delon et Irina Rozanova dans un nouveau film "Bonne année les mamans!"

Alain Delon et Irina Rozanova dans un nouveau film « Bonne année les mamans! »

L’acteur français tourne très peu mais a accepté de participer gratuitement à un film russe sur les mamans, un sujet qui lui tenait à coeur.

Alain Delon est une star renommée dans le monde entier. Sa popularité atteint même la grande Russie où l’acteur a accepté un rôle dans le long métrage « Bonne année les mamans ! ». Selon le quotidien Tvoï Den, l’acteur français, que l’on retrouvera samedi soir dans le jury des Miss France, a accepté de tourner gratuitement.

La maman est « la femme la plus importante de la terre », explique Alain Delon, 77 ans. C’est la raison pour laquelle il a participé à ce projet qui lui tenait à cœur depuis longtemps. « Malheureusement, la mienne n’est plus de ce monde depuis 16 ans, mais je pense à elle tous les jours. Il y a 16 ans, je me suis promis de ne participer qu’aux projets qui valent le coup », ajoute-t-il.

Le quotidien populaire russe indique, dans son édition de mercredi, que l’acteur « n’a pas exigé de conditions particulières et de restaurants de luxe : il a déjeuné avec l’équipe et raconté des histoires sur sa famille » pendant le tournage de scènes qui se déroulaient à Paris. Le comédien devrait participer prochainement à la première qui aura lieu en Russie.

Le film n’est que la suite du film « Les mamans », qui est sorti dans les cinémas en Russie ce printemps à la veille de la Journée internationale des femmes (8 mars) et comprend  cinq histoires courtes, dont chacune a son propre réalisateur.

See on www.infoencontinu.com

« Le dernier conte de Rita » raconté par Renata Litvinova

Aujourd’hui, le 18 octobre un nouveau film de Renata Litvinova « Poslednaya skazka Rity » (Le dernier conte de Rita) sort aux écrans en Russie.

Voir la bande annonce du film (en russe)

    « Ce film a nécessité deux ans de ma vie. Il a été produit indépendamment des producteurs émérites et sur mes propres économies. Pendant le tournage le script original a subis beaucoup de modifications car il s’adaptait aux acteurs, au budget, mais je dois admettre que ce cadre de travail a été très utile pour la créativité.. » – a commenté sa réalisatrice.

De quoi parle ce film? 

En gros, Renata Litvinova y reprend le collier pour la déclaration d’amour aux femmes : aux rangées, aux hystéros, aux douces, aux manipulatrices, aux égarées, aux maîtresses, à celles qui se fardent pour ne pas mourir, à celles qui, plus elles fument et boivent, plus elles sont belles. Belles le matin, en bigoudis, en peignoir, belles entre elles. Bref, un monde de femmes où les hommes ne sont présents que par leur absence.

La compréhension de l’amour par trois personnages principaux est au centre du film. Par exemple, une femme se rend compte qu’elle avait vécu toute sa vie avec un homme qu’elle haïssait, une autre, au contraire, aime éperdument son mari qui ne la remarque pas, ou la troisième (jouée par Rinata Litvinova) qui est une femme ou plutôt une créature mythologique contemporaine qui essaye de s’adapter au monde d’aujourd’hui et se faire passer pour un être humain en sortant, en buvant de l’alcool aux soirées; mais dont la tâche principale reste à trouver de belles âmes et de les accompagner lors de leur « dernier voyage ».

Il est tout aussi vrai de dire que  le film de Renata Litvinova est le reflet de sa personnalité artistique (capricieuse, insupportable, cabotine, égocentrique); une fantasmagorie tragi-comique. Une définition assez hasardeuse selon nous, car (IMHO) la fantasmagorie y reine au détriment du tragique et du comique qui se trouvent à leur tour cachés (pour ne pas dire enterrés) sous une couche épaisse du pathos et des phrases soufflées et vides si caractéristiques pour l’ensemble des travaux de Renata.

« Le dernier conte de Rita » est un film qu’on aime ou on le hait qui s’inscrit pleinement dans la catégorie du cinéma d’auteur. Les fans de Renata seront ravis de ce nouvel opus plein de douceur, d’humour et d’auto-dérision dans lequel le féminin est poussé à son extrémité; Quand aux spectateurs « ordinaires » il est possible qu’au cours d’une séance de cinéma ils soient confrontés à un dilemme « on reste ou on se casse ». Ou pas, car, malgré tout, ce film (qui se trouve entre le cinéma et l’art vidéo) dispose d’éléments captivants, lugubres, bizarres et beaux en même temps qui sont capables de retenir l’attention du public.

En guise de conclusion nous sommes tentés de supposer que si le restaurant pouvait être comparé au cinéma, nous dirions que Renata ne sait pas cuisiner (d’ailleurs, elle ne le cache pas), mais elle sait parfaitement dresser la table et servir les plats. 13/20

Le site officiel du film : http://ritaslastfairytale.ru

Lire également: 

La première édition de RED SQUARE SCREENINGS s’ouvre à Moscou

Aujourd’hui la première édition de Red Square Screenings (RSS), un évènement pour les professionnels internationaux de l’industrie cinématographique organisé par le « Fond Cinéma » commence. Les principaux acteurs internationaux de l’industrie vont assister à des projections privées du 15 au 20 octobre dans l’enceinte du GUM, les célèbres galeries commerciales bordant la Place Rouge.

« Nous invitons les professionnels étrangers à Moscou pour leur montrer les meilleurs projets cinématographiques de Russie et de la C.E.I. « , dit l’un des organisateurs de ce projet Evguéni Guindilis. « Pendant très longtemps le cinéma russe est resté, malheureusement, insuffisamment commercialisé. Et bien, pour nous l’acquisition des droits d’auteur et la sortie de nos films à l’écran mondial est une tâche majeure » – ajoute-t-il.

Voici les faits saillants du programme de RSS:

  •  « Izmena«  (la Trahison) de Kirill Serebrennikov, qui a récemment été présenté au Festival du film de Venise,
  • « V Tumane«  (Dans la brume) de Sergueï Loznitsa, un participant à la sélection officielle à Cannes cette année,
  •  « Ya Budu Ryadom«  (Je serai à côté) de Pavel Ruminov , le gagnant du premier prix  de Kinotavr 2012 (le plus grand festival du film en Russie)
  • « Bely Tigr«  (Le Tigre Blanc) de Karen Shakhnazarov, un heureux élu qui représente la Russie dans la course aux Oscars 2013.

Le cinéma commercial  sera présenté par « Duhless«  (Sans âme) de Roman Prygunov, « Orda«  (La Horde) d’Andrei Proshkin, « Samoubiytsy«  (Suicides) de Yegor Baranov et « Lubov s aktsentom«  (Amour avec un accent) de Rezo Gigineishvili. A part cela, les visiteurs de RSS pourront prendre connaissance des films des partenaires de l’évènement: l’Ukraine sera présentée par le directeur de l’Agence nationale de la Cinématographie Ekaterina Kopylova;  et le Kazakhstan – par le président du studio « Kazakhfilm » Ermek Amanshaev. Au total, une cinquantaine nouveaux longs métrages et documentaires en provenance de Russie, l’Ukraine, le Kirghizistan et l’Arménie produits au cours des deux dernières années seront présentés aux professionnels.

En outre, une démonstration exclusive des projets les plus attendus de films russes en production ou en post-production, sera organisée dans le cadre d’une section WORKS IN PROGRESS (en partenariat avec le Marché du Film CentEast) Parmi les films qui y seront présentés on peut citer « Viy 3D » d’Oleg Stepchenko, « Geograf Globus Propil » (Le géographe a bu son globe), et le film d’animation  de Maxim Sveshnikov et Vlad Barbe « Snezhnaya Koroleva » (La Reine des Neiges).

Red Square Screenings fermera ses portes le 18 octobre par la projection du film de Boris Khlebnikov « Poka Noch Ne Razluchit » (Jusqu’à ce que la nuit les sépare). Et maintenant quelques mots aux organisateurs.

Yelena Romanova, Directrice du département international du Fonds Cinéma:

« Red Square Screenings représentent une nouvelle étape logique dans le travail de l’organisation visant à promouvoir les films russes à l’international. Il était primordial pour nous de créer une plate-forme confortable et moderne dont le but serait de familiariser  nos collègues de différents pays avec le cinéma russe dans toute sa diversité »

Evguéni Guindilis, Directeur exécutif de Red Square Screenings

« Red Square Screenings doit devenir l’ultime instrument pour la promotion du cinéma russe à l’étranger. J’espère vraiment que RSS sera une date importante dans le calendrier des marchés internationaux pour les années à venir »

Source

Bon, tant mieux. De notre côté, nous souhaitons bon vent à ce nouveau évènement très important pour le cinéma russe!

La Ballade des uhlans a été présenté à la cérémonie d’ouverture du MIPCOM 2012

Le nouveau film russe « 1812 : la Ballade des uhlans » a été présenté à la cérémonie d’ouverture du Forum international des contenus audiovisuels MIPCOM 2012 à Cannes.

Voir la bande annonce du film  (en russe)

Le fait que le film nous renvoie aux évènements de 1812 ne surprend pas. Ils sont entrés dans l’histoire de la Russie comme dans celle de la France. Il y a deux siècles, en 1812, la campagne de Russie de l’Empereur français Napoléon, qui avait conquis les pays européens, a tourné en une complète déconfiture. D’ailleurs, même si a pour cadre des évènements aussi dramatiques, le long métrage présenté à Cannes est un film d’aventures lyrique. Un vaudeville d’espions ! D’ailleurs, en plus de voler des secrets militaires, l’espion de Napoléon enlève aussi une jeune princesse, et donc, les braves uhlans doivent la sauver aussi. Il y a encore les diamants de la couronne impériale russe, qui viennent s’insérer dans le canevas, en rendant incroyable la succession d’aventures et de rebondissements. L’acteur connu Sergueï Bezroukov, qui a joué dans le film le rôle d’un uhlan, évoque le tournage:

« Des bagarres, des combats au sabre, des trucs incroyables, le dessin assisté par ordinateur… Il y a de l’escrime classique, mais il y a aussi l’audace des nouveaux procédés, ce qui donne un plan absolument merveilleux. J’espère que cela intéressera les jeunes ».

Naturellement, le film est tourné en 3D. Et le tournage a eu lieu dans un château polonais du XIII siècle. Le réalisateur du film Oleg Fessenko est persuadé que le choix du décor est le plus important pour un film d’aventures historique.

« Je crois que c’est l’un des meilleurs châteaux pour faire du cinéma vu ses dimensions réduites. Si un château est grand, l’optique de permet pas d’en restituer toute la beauté, puisque tout ne rentre pas dans un seul plan. Tandis que ce château, l’architecte semble l’avoir étudié spécialement pour tourner un film… ».

Le film « La Ballade des uhlans » connaîtra-t-il un grand succès commercial dans le monde ? On verra bien. Quant aux spectateurs russes, ils viendront sûrement le voir, sont persuadés les auteurs du long métrage.

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