Le cycle documentaire sur la famille Tolstoï

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Les descendants de Léon Tolstoï (crédits photo: RIA Novosti)

Les descendants les plus célèbres et les ancêtres du grand écrivain russe Léon Tolstoï sont les héros du cycle documentaire Les Tolstoï. La première a eu lieu le 3 juillet dans un musée, un domaine du grand classique russe Yasnaia Poliana à l’occasion de l’inauguration du IVe festival international d’art « Jardin des génies ». L’auteur du film documentaire est la journaliste en vue Fiokla Tolstaia, arrière-petite fille de l’écrivain, qui a accordé une interview à La Voix de la Russie.

Le cycle sera composé de huit films de 30 minutes et racontera une histoire fascinante de la famille Tolstoï qui est très ancienne. Parmi les héros des films, il y a des personnes ayant vécu il y a plusieurs siècles.

« Par exemple, il y a l’histoire du premier comte Tolstoï, Piotr, qui était un disciple de Pierre Le Grand. Cet homme étonnant était l’arrière grand-père de l’écrivain. Une des personnes les plus riches de Russie, il a failli être exécuté, puis il a été envoyé en exil sur les îles Solovki, où il est mort à l’âge de 82 ans » – raconte Fiokla Tolstaia.

Les films seront projetés en automne sur la chaîne de télévision fédérale Kultura (culture). 

Source 

 

Jeux Olympiques de Poutine réussissent leur pitch au MIPDoc

PutinsOlympics

« Putin’s Olympics » le vainqeur du MIPDoc International Pitch competition (2013)

Un documentaire russe (réalisateur Alexandre Gentelev) dénonçant la corruption présumée entourant la candidature réussie du pays pour accueillir les Jeux olympiques d’hiver de l’année prochaine a remporté la compétition de la conférence internationale du documentaire et reportagele MIPDoc (MIPDoc International Pitch competition).

La chaînes  NDR / Arte (Allemagne), SVT (Suède), ORF (Autriche) et Yes Docu (Israël) sont déjà à bord du projet, d’autres co-producteurs et les partenaires de financement ont été recherchés à Cannes (Cinq années de travail ont déjà été investis dans ce film, et il est actuellement à court de 30.000 € en financement). Le projet devrait aller en post-production à partir du mois de Juillet.

« Je suis vraiment surprise et heureuse; j’ai même été surprise d’être choisie comme finaliste! » a déclaré Simone Baumann (), le producteur du film. Dans son interview elle a promis que nous allons apprendre beaucoup de choses sur Poutine, les Jeux Olympiques d’hiver et le Sotchi, qui est une station balnéaire tropicale dans le sud de la Russie.

Alors, nous attendons un nouveau film impatiemment / avec espérance / avec un regard de haine (Soulignez la bonne :)

PutinsOlympics

Titre: « Putin’s Olympics »
Réalisateur: Alexandre Gentelev
Producteurs: Shasha Klin, Heirich Ambrosh, Simone Baumann
Durée, minutes: 90
Langue: Russe
Sous-titres: Anglais
Pays: Allemagne
Année: 2013

Lire également sur notre blog: 

Les Ames dormantes d’Alexandre Abaturov, réalisateur russe

See on Scoop.itMédias en Russie

SpjashieDushi

À l’occasion du festival Cinéma du réel, le festival international du film documentaire (du 21 au 3 mars à Paris), Télérama a rencontré quatre réalisateurs venus d’horizons lointains dont un jeune réalisateur russe Alexandre Abaturov (*) …

Pourquoi filmer le réel ?

Je ne vais pas faire mon Sibérien qui a rêvé de faire du cinéma toute sa vie dans sa petite ville du bout du monde (la troisième ville de Russie quand même), mais c’est un peu ça. Les possibilités d’étudier le cinéma chez moi étaient à peu près nulles, le métier est pénible parce qu’il faut toujours rendre des comptes aux autorités, je suis donc venu tenter ma chance en France et je suis tombé sur le programme d’enseignement du documentaire à Lussas dans l’Ardèche. J’étais mal dégrossi, totalement novice en la matière. Quand on m’a demandé quel était mon documentariste préféré, lors de mon entretien de motivation, j’ai répondu Michael Moore et les enseignants n’ont pu s’empêcher de rire. Je n’en connaissais pas d’autre. J’ai découvert un monde dont j’ignorais l’existence et qui m’a passionné, celui du documentaire de création qui cherche une forme et des moyens originaux pour s’adresser au spectateur. Je me suis trouvé bien dans ce « cinéma du réel », l’expression me parle, c’est un regard particulier, un cinéma en direct, comme une forme de jazz où l’on improvise en fonction du sujet que l’on filme, sans rien prévoir à l’avance.

Quels sont vos guides et influences ?

Les films de zombie ! Je ne plaisante qu’à moitié. J’ai une cinéphilie et des goûts particuliers, du fait de l’endroit où j’ai grandi. Les films étaient très peu accessibles et je me suis fabriqué une culture très personnelle, très éclectique dont les piliers sont quand même Kubrick et Tarkovsky. Je reviens toujours à leurs films car ils me disent qu’on peut toujours apporter quelque chose de nouveau avec la simple force de son regard, qu’il est toujours possible d’inventer, même si tous les films ont été faits et toutes les histoires racontées. Sinon, côté documentaire, le premier choc a été Sans Soleil de Chris Marker qui m’a fait découvrir que ce genre permet de déployer un univers entièrement personnel, sans rapport avec l’actualité. Et j’ai ensuite été marqué par la flamme poétique de Johan Van der Keuken et sa manière de faire dialoguer le son et l’image. C’est un guide pour moi.

On me dit aussi que je fais un cinéma très « russe », que l’on retrouve chez moi des échos de Dziga Vertov ou d’Eisenstein. Je ne les ai découvert que sur le tard, quand j’étais en France, mais ils me parlent, c’est vrai. Question de gêne peut-être ou d’inconscient collectif.

Lire la suite de l’interview sur le site de Télérama.

Médias en Russie‘s insight:

Voir un extrait du film: http://youtu.be/e_F-tgi59J8

See on www.telerama.fr

(*) Alexandre Abaturov est né en 1984, il a grandi à Novossibirsk en Sibérie, fait ses études à Ekaterinbourg et ses premières armes dans une agence de presse russe. Pour mettre le cap sur le cinéma, passion de jeunesse, il est venu poursuivre des études en France et il est retourné au fin fond de la Sibérie pour réaliser son premier long métrage, Les Âmes dormantes, à l’heure des élections présidentielles de 2012. Un regard grinçant et décalé sur le délitement du système.

25 cinéastes de 15 pays réaliseront 7 documentaires sur la Russie

Un projet international sur la production des films documentaires Кинопоезд (Cinétrain)* a été lancé à Moscou. Pourquoi alors Cinétrain?

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Sur le lieu de tournage © Photo de Youlia Gorbounova

L’idée est très originale:  huit réalisateurs et leurs équipes provenant de 15 pays du monde entier vont sillonner le pays en train à la recherche du matériel pour leurs histoires. Chacun des réalisateurs, dont la plupart n’ont jamais été en Russie, va créer un court métrage qui sera sa propre interprétation des stéréotypes  courant sur le peuple russe (les sujets suivants ont été choisis : « Femmes russes », « Et si on bois un coup? », « Bains russes », « Hiver russe », « Énigme de Lada », « Âme russe », « Ours »). Tous les films seront tournés et montés en route dans les conditions extrêmes, de telle manière l’équipe reviendra à Moscou avec 8 films finis dont la projection sera organisé par un Centre pour le cinéma documentaire DOC** dans ses locaux le 6 février (le huitième réalisation sera « un film sur le film » produit par les organisateurs du Cinétrain).

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Carte du projet CINETRAIN 2013 / Image © Cinetrain, adaptée par @mediasrusses

Tous les membres du projet se sont rencontrés pour la première fois en ce début d’année lors d’une fête à la Maison du cinéma, où les producteurs de « Cinétrain » Guillaume Protsenko еt Tatyana Petrick ont fait une projection du film « Le train en marche » réalisé par par Chris Marker : un documentaire sur un cinéaste soviétique Alexandre Medvedkine. Dans les années 1930, Alexandre Medvedkine voyageait en URSS dans un train spécialement conçu afin de produire les films de propagande. Alexandre s’arrêtait dans les villes, allait aux usines, aux chantiers et tournait des courts métrages; puis il les montait « sur ses genoux » pour que le public pût voir les films dans une des voitures transformée en salle de cinéma. Du coup, on peut dire que « Cinétrain » d’aujourd’hui est en quelque sorte une poursuite du projet Medvedkine…

*Le premier Cinétrain a été organisé en 2008. Les participants du Cinétrain sont sur Internet. Cependant, il y a quelques critères obligatoires: les candidats sont issus des facs ou université de cinéma et leur films doivent avoir une historique de participation aux festivals internationaux de cinéma. 

**Le Centre pour le cinéma documentaire DOC – est une organisation à but non-lucratif créé avec le soutien de l’Agence d’information RIA Novosti et le ministère de la Culture du gouvernement de Moscou.

Source (plus un interview avec le producteur Guillaume Protsenko sur son projet, en russe)

 

« Birobidjan, Birobidjan » – un documentaire sur la région autonome juive en Sibérie.

Marek Halter

Marek Halter à l’entrée de Birobidjan

Mardi 25 septembre 2012 a eu lieu la première russe du curieux film où Marek Halter se rend dans la « Région Autonome Juive » créée par Staline en 1932 et portant toujours ce nom dans la Russie de Poutine. Il a retrouvé là-bas une poignée de fervent défenseurs de la culture Yiddish, et partage avec eux la nostalgie d’une époque à jamais disparue, lorsque onze millions de Juifs parlaient encore cette langue.

Synopsis

Ecouter une émission spéciale sur @france_culture

Enfant d’une Atlantide disparue, le monde yiddish, Marek Halter découvre un jour qu’un îlot de ce monde existe encore, comme l’écho lointain d’une civilisation blessée,… en Sibérie. A une heure de la frontière chinoise, le long du fleuve Amour, à onze mille cinq cents kilomètres de Paris, subsiste la Région autonome juive établie par Staline en 1932 : Birobidjan. Le yiddish y est la langue officielle enseignée dans les écoles.

Ce documentaire retrace le passionnant voyage d’un homme dans sa mémoire. Chemin faisant, on découvre le monde de son enfance et les raisons qui ont amené Staline à proposer aux Juifs, quinze ans avant la proclamation de l’Etat d’Israël, une patrie en Sibérie. Le film de Marek Halter nous emmène également dans le Birobidjan actuel.

Critique (merci à grincement et son blog ECRANS RUSSES)

Beaucoup d’images d’archive et beaucoup de parlote, mais le sujet est suffisamment fort et intriguant pour qu’on le regarde de bout en bout. Ce qui est très curieux, c’est qu’on voit finalement peu d’images du Birobidjan actuel, comme si Marek Halter était mal à l’aise avec la preuve de la disparition. N’y étant jamais allé, je n’oserai le contredire, mais j’ai du mal à croire qu’il reste beaucoup de signes du Yiddish dans ce coin désolé à la frontière de la Chine.

Encore plus singulier, le soin que prend Marek Halter à gommer tout antisémitisme chez Staline, qui aurait finalement eu une bonne idée en décidant de « régler la question juive » une fois pour toute en envoyant tout ce que l’URSS comptait de Juifs dans une zone désolée « non infestée d’antisémitisme ». Il s’agissait surtout de les éloigner, de leur coller une pioche dans la main pour qu’ils défrichent une terre ingrate. Loin de la description idéale, il faut rappeler que des synagogues ont cramé là-bas aussi et que le vandalisme se manifeste ponctuellement.

Mais Marek Halter préfère se lamenter sur le fait que dès qu’ils en ont eu la possibilité, les Juifs sont rentré en Russie Européenne et surtout on massivement émigré vers Israël. Comme toujours chez cet écrivain passionné, on sent qu’il prend ses désirs pour des réalités, des désirs parfois franchement saugrenus.

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