Les voyages interplanétaires en Russie soviétique

La nuit du 12 avril 1961 au cours de laquelle Youri Gagarine devenait le premier homme à accomplir un vol dans l’espace est rentrée dans l’histoire de l’humanité. Depuis, la Journée mondiale de l’astronautique est célébrée un peu partout dans le monde ; Cependant, il faut admettre que c’est bien avant cette datte que l’homme a commencé une exploration de l’espace à travers des livres et des films. Le Voyage dans la Lune (1902) de Georges Méliès en est un bon exemple. Quand aux vols interplanétaires c’est bien le réalisateur russe Iakov Protazanov qui, il y a 90 ans, a tourné un film de science fiction d’après un roman d’Alexei Tolstoï.

Aelita

Affiche du film en 1927, par Izrail Bograd

Aelita (1924) était le premier film à gros budget fait en Russie soviétique.  En dehors du kitsch martien à la sauce bolchevique (le film a servi la propagande bolchevique pour faire la comparaison entre la Russie de 1921 et Mars qui est devenue une planète capitaliste), l’oeuvre de Iakov Protazanov a une véritable importance historique. D’un côté, le film documente de manière très réaliste l’ambiance qui régnait à Moscou (où de nombreuses scènes se déroulent) durant la Nouvelle Politique Économique post révolutionnaire. D’autre part Il s’agit de l’unique superproduction du cinéma soviétique : une distraction populaire, politiquement correcte, mais capable de concurrencer l’envahissement du cinéma hollywoodien. D’ailleurs, les décors incroyables et avant-gardistes réalisés par Alexandra Exter et son protégé Isaak Rabinovich seraient bientôt repris par Fritz Lang dans Métropolis.

Synopsys

aelita (1)L’histoire s’inspire d’Pendant les difficiles années du communisme de guerre, l’ingénieur Los construit un appareil destiné à voler vers la planète Mars. Ce qui le stimule dans l’accomplissement de cette invention, ce n’est pas tant le rêve de découvrir des mondes inconnus que les innombrables difficultés quotidiennes qu’il rencontre sur la Terre. Loss veut quitter cette Terre maudite, ou l’on a faim et froid , ou le voisin de palier fait une cour assidue à sa femme.  Après une querelle conjugale,  Loss dans un  accès de jalousie tire sur sa femme et s’enfuit de la maison, décidant de s’envoler immédiatement sur Mars…

Si vous êtes intéressé je vous recommande de lire un très bon article de Franck Lubet sur le film Aelita. Vous pouvez même regardez le film complet avec les sous-titres anglais sur YouTube. Sinon, je sais que la compagnie RUSCICO a fait une belle édition DVD avec des sous-titres français qui est disponible ici au prix de 12 euro.

PS: C’est juste intéressant de remarquer que la planète Mars sera plus proche de nous que jamais ce lundi 14 avril. 🙂 Vous pouvez l’observer à l’œil nu et si le temps le permet, peut être, seriez-vous capable de distinguer les descendants de l’ingénieur Loss 😉 

D’autres articles sur notre blog: 

L’affiche de cinéma au pays des Soviets

En dessinant des affiches de cinéma, les frères Stenberg ne trahissaient pas leur engagement constructiviste. Au contraire. Comme la plupart des artistes russes fascinés par le futur, qu’ils se nomment Maiakovski, El Lissitsky ou Eisenstein, les Stenberg adoraient le burlesque, les films avec poursuites, le côté physique du cinéma américain des années 10 et 20, Buster Keaton et Charlie Chaplin, David Griffith et Douglas Fairbanks. Ils étaient convaincus que le cinématographe, alors tout neuf, était l’expression du XXe siècle. Celle qui leur permettait de dépasser les pâmoisons de l’art pour l’art, de refuser le naturalisme (le cinéma de l’époque était plus poétique, symbolique et imaginatif que celui d’aujourd’hui). De miser sur le mouvement, de marier leur activité créatrice avec l’industrie, et même de trouver un langage universel.

Leurs techniques, comme la combinaison des couleurs vives avec des images photo en noir et blanc qui servent à créer des illusions visuelles avec des formes géométriques coupées sont encore utilisés dans le monde entier. Shut! La séance commence :

Constructivisme

Le terme constructivisme (un courant artistique et architectural apparu en Russie dans les années 1910) a pendant longtemps prêté à la confusion, car durant de longues années il fut indistinctement employé pour désigner une certaine peinture abstraite, dite « géométrique », de même que pour désigner la tendance « productiviste ». La tonalité hautement idéologique de cette évolution utilitaire était pourtant bien éloignée des postulats de la plastique pure du premier constructivisme; plus encore, elle est apparue au début des années vingt en opposition ouverte envers cette plastique.

Sources : Russia!, Libération

Les archives de Tarkovski: le grand retour

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Andrei Tarkovski au tournage du film "Nostalgie" (Italie, 1983)

Andrei Tarkovski au tournage du film « Nostalgie » (Italie, 1983)

Les archives du célèbre réalisateur russe Andreï Tarkovski reviennent de l’étranger dans son pays natal : la petite ville de Jurievets non loin d’Ivanovo, où se sont passées les années d’enfance du cinéaste et où il y a la Maison-musée de Tarkovski. Les archives ont été achetées par le représentant officiel de l’administration de la région d’Ivanovo à Londres aux ventes aux enchères de la maison d’encan Sotheby’s pour un million cinq cents mille livres sterlings (1,85 million d’euros), le 28 novembre.

L’acquisition est énorme, notamment des albums avec des photos prises lors de son émigration au cours des dernières années de la vie de Tarkovski, des lettres personnelles, des textes du réalisateur préparés pour les films Solaris, Stalker et le Miroir. 32 audiocassettes et 13 mini-disques avec ses interviews.

Ce trésor était mis en vente par Olga Sourkova, filmographe et l’élève de Tarkovski.

Tarkovsky_archive

Un prix de départ étaient nettement supérieur au prix demandée par Olga Sourkova (123 000 EUR au lieu de 19 000 EUR demandés). Néanmoins, les 22 acheteurs ont participé aux ventes. A la fin, il ne restait que trois personnes : le représentant d’un homme d’affaire russe (Kirill Ignatiev), un collectionneur inconnu et le célèbre réalisateur danois Lars Von Trier – un grand admirateur de l’œuvre de Tarkovski. Le lot est parti pour un million trois cents mille livres … seul les Russes – les compatriotes de Tarkovski – ont pu débourser une telle somme pour les archives du réalisateur. Le gouverneur de la région d’Ivanovo Mikhaïl Men a fait appel aux sponsors pour recueillir une somme aussi importante. Le ministre de la culture russe Vladimir Medinsky et le chef du Fonds de la culture Nikita Mikhalkov l’ont soutenu.

Maintenant, les archives du maître seront placées dans sa Maison-musée, et les documents, particulièrement les enregistrements audio, seront sauvegardés suivant un régime spécial. Il est prévu d’exposer pour la première fois au public les archives acquises en juin, quand s’ouvrira dans la région d’Ivanovo la nouvelle édition du festival du film le Miroir qui porte le nom d’Andreï Tarkovski

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