La Douma prépare les sanctions contre les producteurs des films américains. Une auto-punition ?

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(traduction) "Le film a été annulé"

(traduction) « Le film a été annulé »

Un projet de loi déposé cette semaine à la Douma, le Parlement russe, pourrait faire mal aux Américains. Cette loi, si elle est adoptée, limiterait à 50% l’espace accordé aux films étrangers sur tout le territoire russe. Actuellement, les productions venues d’ailleurs occupent 80% du marché. La moitié des films étrangers lancés en Russie proviennent des États-Unis.

Selon la firme d’analyse Nevafilm, 70% des recettes totales en Russie sont engendrées par des productions américaines.

Les observateurs estiment que cette visée protectionniste serait irréaliste dans les circonstances, dans la mesure où l’industrie du cinéma russe n’a produit que 74 longs métrages l’an dernier. Qui n’occupent que 20% du marché. En 2013, les films américains ont enregistré des recettes de 885 millions de dollars en Russie.

Médias en Russie‘s insight:

Un projet peu intéressant et très mal pensé comme, d’ailleurs, toutes les autres mesures et des sanctions proposées depuis l’annexion de la Crimée par n’importe quel pays.

Si le projet de la loi est soutenu il se traduira par la perte de revenu  pour les producteurs d’Hollywood, certes, mais aussi par la crise des salles de cinéma en Russie, car l’industrie ne sera pas capable de combler la lacune après le départ forcé des films américains.

De l’autre côté les distributeurs du « Home Cinéma » et des plateformes de vidéo à la demande (VOD) ainsi que les producteurs des chaînes thématiques seront content car la demande de leurs service augmentera d’un cran…

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Les films russes gagnent des points au box-office national

En passant

De janvier à novembre 2013, les films russes  ont rapporté plus de 7,2 milliards de roubles (159 millions d’euros), un chiffre d’affaires d’un tiers supérieur à l’année dernière, indique le Bulletin des distributeurs.

FilmRussesBoxOfficeNational

Si les spectateurs s’intéressent plus au cinéma « Made in Russia », c’est notamment grâce à des grands titres tels le blockbuster Stalingrad qui a déjà rapporté 1,7 milliards de roubles (37 millions d’euros) ou la comédie Gorko qui arrive en deuxième place avec 800 millions de roubles de recettes.  La surprise de l’année Le Géographe a bu son globe, avec 130 millions de roubles (2,8 millions d’euros), est à la troisième position actuellement.

La part des films russes dans le box-office national est ainsi passée à 18%, soit un record absolu depuis les quatre dernières années au cours desquelles les recettes du cinéma russe étaient régulièrement en baisse (voir le graphique en haut). Bref, une bonne année pour le cinéma russe. De plus que les 18% n’est qu’un chiffre provisoire, car les deux grandes premières nationales (« Arbre de Noël – 3 » et « Ivan Tsarévitch et le Loup Gris – 2 ») sont planifiées à la fin de ce mois pour améliorer la côte de l’année 2013.

Rappelons au lecteur que pour cette année  le gouvernement s’est fixé un objectif de franchir le seuil de 13% dans le box-office national. Le but est atteint, mais tout le monde est déjà soucieux de l’année prochaine. Est-ce que la croissance va durer ? Tout dépend de ce que les grands réalisateurs russes nous préparent…

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Les services en ligne ne menacent pas le cinéma russe (étude)

CinemaVsOnline

Société de recherche « Nevafilm Research » a récemment publié une étude sur les habitudes des spectateurs russes en se basant sur les données recueillies sur Internet et celles obtenues dans les salles de cinéma. Comme il s’est avéré, le public qui va au cinéma ne regarde presque jamais des films sur Internet, et vice versa – ceux qui utilisent les services de cinémas en ligne, ne se déplacent pas fréquemment jusqu’au prochain multiplex.

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« En règle générale, les cinémas russes sont incapables d’attirer les « Internautes », et la sortie du film sur le petit écran connecté n’aurait qu’un impact très limité sur ​les entrées au cinéma » – a déclaré l’expert de « Nevafilm Research » Xenia Leontieva. Cela peut signifier que les nouveaux films qui apparaissent sur le réseau simultanément ou peu de temps après leurs premières au cinéma, n’ont pas à se soucier du box-office. Ce qui est prouvé par la pratique, car sur le marché russe une fenêtre entre la sortie du film au cinéma et sa parution sur Internet est beaucoup plus courte par rapport aux pays européens ou bien les Etats-Unis (pour les productions locales cette fenêtre est souvent moins d’un mois).

Cela signifie-t-il que le marché russe de la vidéo en ligne prospère en Russie?

Hélas non. Ce segment du marché est encore peu développé. D’après le Président de « Cinéma sans frontières » Sam Klebanov, le visionnement du film en ligne en Russie est principalement basé sur le modèle gratuit qui ne peut proposer qu’un nombre limité des nouveautés. Ce modèle est particulièrement intéressant pour « …des gens qui sont à la recherche de ce qu’ils peuvent regarder à la télé dans la soirée après le travail ». Cependant, une autre catégorie des gens (ceux qui sont prêts à payer pour de nouveaux films) s’accroît. Ils ne vont pas au cinéma, parce qu’il n’ont pas de temps ou bien ils n’ont pas de cinéma à proximité. (rappelons au lecteur qu’en Russie seuls 40% de la population ont accès au cinéma). Les deux modèles de consommation en ligne peuvent coexister sans que l’un cannibalise l’autre – conclut Klebanov.

DispositifFilmsEn revenant vers le rapport « Nevafilm Research », rappelons qu’aujourd’hui, 64 % de téléspectateurs russes préfèrent de regarder les nouveaux films au cinéma, 24 % – sur les ordinateurs, 10 % – à la télévision et 2 % – sur les appareils mobiles connectés…

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Portrait du spectateur russe

Le marché russe du cinéma multiplexe sur le point d’exploser ?

Karo – le premier réseau des salles de cinéma numériques en Russie

Les meilleurs films russes de l’année à Paris!

RegardsRussie

La 11e Semaine du Cinéma russe à Paris « Regards de Russie » s’ouvre le 13 novembre 2013 au cinéma « L’Arlequin », avec « le plus russe » des films du programme – « Le Géographe a bu son globe » du réalisateur Alexandre Vélédinski.

Long-métrages, Télécharger (PDF) ›

"Le Géographe a bu son globe" (2013)

« Le Géographe a bu son globe » (2013)

Le public parisien aura l’occasion, presque simultanément avec le public russe (sortie en Russie le 7 nov), de voir le meilleur film de l’année, (de l’avis unanime du jury, des critiques et des spectateurs du Festival national du film « Kinotaure » ). Co-scénariste du célèbre feuilleton « La Brigade », réalisateur du film « Russe » (d’après les œuvres d’Edouard Limonov) et du film « Vivant ! » qui parle des jeunes soldats russes morts en Tchétchénie, Alexandre Vélédinski a été fasciné par le roman d’Alexeï Ivanov, qu’il porte à l’écran avec brio. « Le Géographe a bu son globe » est une simple comptine. Ce n’est pas l’histoire d’un alcoolique ; c’est l’histoire  d’un intellectuel qui cache en vain sa faculté de réflexion. « Quand j’ai lu le roman, j’ai compris que c’était mon histoire et celle de beaucoup de Russes. Cet homme ne se plaint pas de son sort, c’est un bouffon, un pitre qui incarne tous nos péchés <…> Et je l’aime beaucoup, car Sloujkine c’est moi », — reconnait le réalisateur Alexandre Vélédinski.

Ce choix convaincra à nouveau le spectateur que le meilleur moyen de connaître et de comprendre un pays est d’aller voir des films contemporains. Mais surtout, le public aura l’occasion de voir un « héros de notre temps » qui a si longtemps et si cruellement manqué au cinéma russe. Le personnage principal du film – le professeur de géographie Victor Sloujkine – est vraiment un personnage tiré de la littérature russe et dont les racines remontent aux romans de Gontcharov, de Tchékhov et de Dostoïevski : il a quelque chose d’Oblomov, d’Oncle Vania, mais aussi du prince Mychkine. Et l’acteur Constantin Khabenski a su incarner avec talent un personnage aussi ambigu que Sloujkine.

De plus, le film d’ouverture montre que le cinéma russe d’aujourd’hui s’attache aux meilleures traditions du  cinéma soviétique. Les auteurs du film d’ouverture ne redoutent pas la comparaison et s’y hasardent délibérément : il y a, dans ce film, une scène avec une balançoire, d’où s’élance le personnage de Constantin Khabenski (c’est l’acteur qui avait proposé cette scène), car son personnage Sloujkine a vu, de toute évidence, le film-culte des années 1980 « Vols entre rêves et réalités » de Roman Balayan.

18 productions russes récentes et inédites en France seront présentées dans trois salles des Ecrans de Paris – l’Arlequin, Le Reflet Médicis, le Majestic Passy.

On pourra y découvrir les premiers et derniers films de deux réalisateurs parmi les plus représentatifs des années 2000. Alexeï FEDORTCHENKO avec « Les épouses célestes du peuple Mari », film onirique de 2012, et « Les premiers sur la lune », son premier film de fiction, un pseudo-documentaire réalisé en 2005. Sera également projetés le premier film de Boris KHLEBNIKOV « Koktebel » (réalisé avec A.Popogrebski). Ainsi que le 14ème et dernier film du réalisateur Aleksei BALABANOV mort prématurément.

"Je veux aussi" (2012)

« Je veux aussi » (2012)

Film initiatique, «Je veux aussi» , salué l’année dernière à la Mostra de Venise, raconte la quête désespérée du bonheur et la pulsion  mystique du peuple russe.  A voir également «le Jeu de la vérité» une comédie d’après la pièce de l’acteur, réalisateur et scénariste français Philippe Lellouche. Cette mise en scène de Victor Chamirov est également joué au théâtre à Moscou depuis 2007 avec un succès jamais démenti. «Légende N°17» de Nikolaï Lebedev, aux 1ères places du box-office 2013 en Russie, le film, qui retrace l’histoire de Valéry Kharlamov, véritable légende du hockey mondial, devrait être plébiscité par le grand public à Paris.

Documentaires, Télécharger (PDF) ›

Côté documentaires, après le succès de «Vivan las Antipodas!« sorti en France en 2013, la semaine du cinéma russe présente le précédent film de V. Kossakovsky, «Silence !/Tishe !»(connu également sous le nom « La Russie vue de ma fenêtre ») réalisé à St-Pétersbourg. Autre temps fort, « Rudolf Noureev, le Démon rebelle », documentaire consacré au 75e anniversaire du plus grand danseur du XXe siècle. 

Pour la famille, Télécharger (PDF) ›

Les touts petits ne seront pas oubliés avec la projection de « Macha et l’ ours », grand succès en Russie qui mélange harmonieusement un conte russe traditionnel et les techniques de l’animation moderne.

Information pratique :

  1. L’Arlequin 76 Rue de Rennes -75006
  2. Le Majestic Passy 18 Rue de Passy – 75016
  3. Le Reflet Medicis 3/7 Rue Champollion – 75005

Tarifs : 6,50€ la place, 5,50€ scolaires  ou 35€ le pass 10 séances (sauf ouverture)

Les horaires des séancesTélécharger (PDF) ›

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Stalingrad devient le plus gros succès de l’histoire moderne du box-office national

Le poster du film "Stalingrad"

Le poster du film « Stalingrad »

Une petite brève cinématographique avant le weekend, car le nouveau film de Fedor Bondarchuk « Stalingrad » bat le record du box-office russe.  Deux semaines après sa sortie aux écrans le film a recueilli 1 milliard 223 millions de roubles (29 million d’euro). Ainsi, Stalingrad est devenu le plus gros succès de l’histoire moderne du box-office national.

Avant c’est le film « L’ironie du sort. Suite » de Timur Bekmambetov, une adaptation de la comédie dramatique culte que tous les Russes regardaient le Jour de l’An (une sorte de « Père Noël est une ordure »), qui occupait la première position avec les recettes de 1 milliard 200 millions de roubles.

« Stalingrad » est le premier format de film russe sorti en IMAX 3D.

A lire: 

Une co-production allemano-russo-kazkhe Baïkonour sur grand écran en France

« Entre conte de fée et aventure moderne, Baïkoour fait voyager toute la famille » (Citizen Kid)

Baikonour

Au moment où le film d’Alfonso Cuarón hante le public du monde entier une  co-production almano-russo-kazakhe « Baïkonour » (2011) prépare sa sortie sur grands écrans français dès demain (Mercredi, 23 octobre). Même si tous les deux films sont liés à l’exploration du cosmos ils se distingue l’un de l’autre comme la nuit et le jour: le premier étant un thriller tandis qu’un autre et une pure fantaisie romantique.

Nous ne croyons pas que « Baïkonour » du réalisateur Veit Helmer avec une mannequin Marie de Villepin qui interprète une cosmonaute française « tombée du ciel » dans la steppe kazakhe (pas mal comme début) aura un succès de « Gravity » 🙂 Cependant, si vous êtes un rêveur (-euse), romantique qui vit un peu dans les nuages et croyez toujours aux contes de fée  (est-ce qu’il existe encore des gens pareils?..) allez voir ce film.

Entre temps, quelques informations intéressantes:

  • Baikonur est le premier film de fiction ayant eu l’opportunité de pouvoir tourner sur le site de lancement spatial de Baïkonour au Kazakhstan, qui a notamment lancé le premier satellite Spoutnik en 1957.
  • Le film met en scène une réelle « loi » kazakhe officieuse qui stipule que celui qui trouve un débris de lancement des navettes spatiales de Baïkonour dans le désert en devient le propriétaire. La population locale revend alors les débris récupérés.

Synopsis

Lorsque « Gagarine », un jeune paysan (Alexander Asochakov) passionné d’astronomie, découvre Julie Mahé (Marie de Villepin), inconsciente, près de chez lui, il la considère comme sa fiancée. Comme dans « La belle au bois dormant » ce sont ses baisers qui réveilleront la jeune femme, frappée d’amnésie, mais dont la véritable identité ne pourra rester cachée très longtemps… Plus qu’une histoire d’espace, ce film insolite s’appuie sur l’aventure spatiale russe pour parler d’amour et de la rencontre improbable entre deux mondes qui s’ignorent : celui des scientifiques et cosmonautes confinés et coupés du monde à Baïkonour, et celui des paysans kazakhs, éleveurs semi-sédentaires très pauvres, vivant à quelques centaines de mètres du cosmodrome kazakh.

Voir la bande annonce du film 

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Le marché russe du cinéma multiplexe sur le point d’exploser ?

L’année dernière j’ai mentionné un avenir radieux des cinémas IMAX en Russie (36 cinémas IMAX actuellement; l’ouverture de 23 autres est prévue). Quand au cinéma ‘ordinaire’ il parait que ce marché a un très fort potentiel. Allons voir si c’est vrai.

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D’après Les Echos, le nombre d’écrans en Russie a progressé de 70% entre 2008 et 2012 ce qui est énorme. De plus que l’expansion ne s’y arrête pas, car, selon le directeur de « Kino Expo » Dmitri Kazuto seuls 40% de la population russe ont accès au cinéma. Le développement de l’infrastructure se trouve au stade précoce. Si aujourd’hui la Russie compte près de 3300 salles de cinémas (3228 selon Nevafilm Research) elle aura besoin de tripler ce chiffre pour atteindre le niveau européen, conclut Monsieur Kazuto.

Cependant, même si au premier abord le potentiel du marché paraît très attirant les faits montrent que sa capacité de grandir est assez limitée  (voir les données ci-dessous).

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Mise à part le mécanisme de sélection darwinienne quand les cinémas à une salle avec le matériel obsolète suivis par ceux équipés des projecteurs numériques disparaissent,  il y existe un autre facteur qui freine la croissance : l’expansion des centres commerciaux dotés d’un multiplexe cinématographique. Selon la conjoncture économique l’ouverture de centres pareils n’est pas rentable dans les villes qui comptent moins de 50 000 habitants ; du coup,  les multiplexes n’y vont pas.

C’est pour cela que 60% de la population russe n’ont toujours pas accès au cinéma de proximité et, selon le directeur du « Nevafilm » Oleg Berezin, n’en auront pas dans l’immédiat.  Selon Monsieur Berezin «  …même si les habitants des petites villes (villages) n’ont pas accès au grand écran, ils ont des antennes paraboliques, télévision par câble et Internet … » Autrement dit, l’Internet comblera la niche là où le cinéma multiplexe ne vas pas.  Même si la loi contre le piratage récemment entrée en vigueur a été censée d’augmenter la fréquentation des cinémas elle ne fera qu’augmenter le nombre de consommateurs du contenu légal dans les villes susmentionnées. Personne n’ira en campagne pour ouvrir une salle de cinéma. Selon les calculs de Monsieur Berezin, en deux ans la fréquentation des salles de cinéma n’a pas augmenté contrairement à leur nombre (+30%).

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On peut en déduire que malgré les chiffres prometteurs et une forte croissance des salles de cinéma le marché russe va bientôt arriver à sa saturation en se heurtant à un mur des écrans de grande diagonale de plus en plus accessibles et de l’Internet haut débit qui continue sa marche triomphante à travers la Russie.

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Yandex acquiert Allo Ciné russe

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Kinopoisk

Le groupe internet russe Yandex a annoncé mardi l’acquisition du site Kinopoisk.ru, base de données consacrée au cinéma et séries télés détenue à 40% par le français Allociné.

Le propriétaire du premier moteur de recherches russe n’a pas dévoilé le montant de la transaction, mais la presse a évoqué récemment des valorisations dépassant les 50 millions de dollars, soit dix fois plus qu’en 2009, quand Allociné avait investi dans le site.

Détenu à 40% par le site français et à 60% par ses fondateurs, Kinopoisk est « le site le plus important et le plus complet en russe consacré aux films, programmes de télévision et célébrités », a souligné Yandex.

Avec 18,6 millions de visiteurs par mois, il se place à la 16e place des sites russes.

Yandex compte développer la vaste base de données de Kinopoisk à l’aide de ses technologies de recherche pour en faire « un large système de recommandation de films conçu pour prendre en compte les préférences et intérêts des utilisateurs ». Kinopoisk conservera son nom de domaine.

Le groupe russe coté à New York souligne aussi que cette acquisition cadre avec sa stratégie de renforcer ses relations avec les détenteurs de droits d’auteur (musique et films).

Médias en Russie‘s insight:

Très très sage de la part de Yandex qui se prépare à la bataille avec Sputnik.ru sur l’ensemble du territoire russe et C.E.I.

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Les biopics russes : cinéma au service de l’ État ?

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Dessin d'Alexeï Iorch (c)

Dessin d’Alexeï Iorch (c)

Le cinéma russe connaît une nouvelle mode : les biopics – des films biographiques sur des célébrités. Les exemples les plus frappants sont deux films sur les personnalités cultes des années 1970, le chanteur Vladimir Vyssotski (Vyssotski. Merci d’être vivant, 2011) et le hockeyeur Valeri Kharlamov (Légende № 17, 2013). Une biographie du premier homme envoyé dans l’espace, Youri Gagarine, Le premier vol, est également sortie en 2013. Les films sur le gardien de but (de foot) Lev Yachine et le lutteur Ivan Poddoubni sont en cours de réalisation.

Vyssotski. Merci d'être vivant (2011)

Vyssotski. Merci d’être vivant (2011)

Cette mode n’est pas tant motivée par des considérations commerciales que par des intérêts idéologiques. Étant donné que la quasi-totalité des films russes actuels sont réalisés avec l’apport financier de l’État (entre 10 et 100% du montant), le pouvoir dispose de leviers d’influence sur les producteurs et les réalisateurs. Le cinéma russe a été chargé d’une mission : créer l’équivalent de Hollywood. L’idée est née au moment de la sortie du film de Steven Spielberg, Il faut sauver le soldat Ryan. Dix ans durant, l’objectif suprême des réalisateurs russes est de « créer un film comme celui de Spielberg, mais sur les Russes ». Le pic des espérances a été nourri par la sortie de Soleil trompeur 2 (2010, 2011), de Nikita Mikhalkov. Mais le film fut un échec commercial et recueillit des critiques très négatives en raison de la verbosité et des hypothèses fantasques du réalisateur.

Gagarine : Premier dans l’Espace (2013)

Gagarine : Premier dans l’Espace (2013)

Lorsqu’il devint clair que rivaliser avec Hollywood est impossible, un recentrage sur le marché intérieur fut décidé : les préférences iraient à la promotion de « l’unité de la nation ». La recherche de thèmes capables d’émouvoir aussi bien les anciennes générations de Soviétiques que celles qui ont grandi dans la Russie démocratique a remis au goût du jour le thème de la guerre.

Les adaptations cinématographiques des conflits, depuis la guerre russo-turque jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, incarnent la tendance du nouveau cinéma patriotique des années 2000.

Des centaines de films et de séries traitent de ce thème, pour la plupart sans connaître de succès commercial ou de grandes audiences. Le public se lasse petit à petit de ce type de films. Selon les enquêtes de la Movie Research Company, au premier semestre de l’année 2011, le cinéma russe a enregistré une baisse d’audience de 29% (par rapport aux chiffres de la même période de l’année précédente). Selon les estimations du magazine Iskusstvo kino, en 2014 les films russes ne recueilleront que 10% des recettes de l’industrie. Aucun film sur la guerre n’a été rentable en Russie (à l’exception de la Forteresse de Brest, 2011). La guerre n’intéresse plus le public.

Légende n°17

Légende n°17 (2013)

Suite au succès inattendu de Légende № 17, l’adaptation de biographies de personnalités célèbres apparaît comme la planche de salut du cinéma populaire russe. La première tentative du genre fut Amiral (2008), le film sur l’amiral Koltchak, chef des forces anti-bolchéviques lors de la guerre civile en Russie, suivi de Vyssotski, merci d’être en vie. Pourtant, la biographie de Valeri Kharlamov n’est pas tant un biopic qu’un film sur l’opposition de deux systèmes, l’américain et le soviétique, le héros principal du film n’étant qu’un rouage mineur de la Guerre froide. La biographie récente du premier homme dans l’espace, Youri Gagarine, est sortie plus d’un demi-siècle après son vol. Le film n’a pas rencontré un grand succès commercial en raison d’une promotion insuffisante à la télévision mais surtout à de l’inconsistance artistique du film. Gagarine est présenté comme une icône complètement dénuée de toute humanité.

Vladimir Poutine intervient en encourageant l’idée de réaliser un film sur le célèbre gardien de l’équipe de football d’URSS, Lev Yachine, à l’initiative de la direction du projet VTB Arena Parc avec le soutien de la banque VTB. La réalisation débutera en 2014, la sortie est prévue en 2017.

Andreï Peregoudov, vice-président senior de la banque VTB, en charge du projet VTB Arena Parc, explique ainsi sa vision : « Parmi les derniers films que j’ai vus, celui sur Gagarine m’a le plus impressionné. J’aimerais que le film sur Yachine puisse procurer des émotions aussi fortes ». Selon Peregoudov, suite à de longues négociations, la veuve du gardien de but, Valentina Yachina, a accepté de participer au projet en tant que consultante.

Le genre biopic est tout à fait légitime. Des centaines de films de ce type sont tournés en Occident sur des basketteurs, des peintres, des écrivains et d’autres personnalités de premier plan. Avec une différence non négligeable. L’idée, derrière les biopics occidentaux, est de montrer à quel point il est important d’être libre et croire en soi pour réussir. La morale des biopics russes est tout autre : pour être célèbre et respecté, il faut collaborer avec l’État.

Médias en Russie‘s insight:

Selon notre propre opinion, les autorités russes ne savent pas tout simplement par quel bout prendre le problème pour augmenter les recettes provenant des productions nationales. Le film sur la légende du hockey sur glace Valéri Kharlamov est devenu un vrai événement au cinéma en restant au top du box office national pendant les 2 semaines. Le secret ? Le film est très bien fait: le sujet, le jeu des acteurs, les prises de vues sont de qualité et n’ont rien à envier aux meilleurs productions hollywoodiennes. Voilà la recette : faire des bons films sur les sujets qui intéressent le public. Le patriotisme n’y pour rien …

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Quel avenir pour Festival du film de Moscou ?

Cette année je n’ai pas prêté beaucoup d’attention à l’événement majeur de l’industrie cinématographique russe qui le 35e Festival International du film de Moscou (vous l’avez  remarqué peut-être) et pour cause ; Difficile de le constater mais à l’instar du cinéma russe qui s’oriente de plus en plus vers le marché national le Festival, lui aussi, se convertie en événement réservé au public russe. L’article suivant publié dans La Russie Aujourd’hui vous montre comment le Festival se prive de ses notes de fonds.

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Lors d’une conférence de presse du Festival international du Film de Moscou (FIFM), une question en allemand a soudain retenti. Le chef du centre de presse et critique Piotr Chepotinnik a demandé à la journaliste de répéter la question en russe, et a été très surpris quand elle a reconnu sa faible connaissance de la langue de Pouchkine, car elle vit et travaille en Allemagne. Cet incident mineur a dévoilé une triste réalité : même le centre de presse ne s’attend pas aux questions de critiques étrangers – on sait bien que ces derniers sont presque absents au festival. On n’édite pas de journaux internationaux comme à Cannes ou Berlin, on ne réalise pas classements critiques, et les langues étrangères ne résonnent quasiment jamais dans les couloirs. Presque aucune information sur les temps forts du festival n’a été relayée dans la presse mondiale. Le Festival international du film de Moscou, né en 1935, qui s’enorgueillissait jadis de la participation de génies du monde du cinéma comme Federico Fellini ou Stanley Kramer, ce festival international de classe « A », s’est peu à peu converti en événement réservé au public russe.

Un événement à l’échelle moscovite

Pire, c’est devenu un événement à l’échelle moscovite. Encore plus grave, un événement non pas destiné au public, mais principalement aux journalistes dépêchés pour le couvrir. Ce sont eux qui remplissent les 11 salles du multiplex Octobre. Le public, selon rapport de l’administration de l’année dernière, ce ne sont que 50.000 personnes – moins de la moitié de son plus proche rival, Karlovy Vary, et incomparablement moins que les festivals de Berlin ou Toronto. Beaucoup de films sont projetés dans des salles à moitié vides, les films en lice le sont dans des salles désertiques. Moscou, comme la presse du monde entier, n’y voit que du feu.

L’hypertrophie du nombre de films et de programmes au détriment de la qualité

Le FIFM se déroule dans un contexte familier de critiques incessantes. Les raisons à cela sont légion – du médiocre thriller rempli de zombies World War Z, choisi pour la cérémonie d’ouverture afin d’attirer Brad Pitt sur le tapis rouge, à l’hypertrophie du nombre de films et de programmes : 364 films dans 30 programmes ! Sur fond de crise générale du cinéma et d’augmentation du nombre de concurrents de poids, le FIFM peine à sélectionner pour son concours des premières mondiales de qualité. L’abondance lors du concours de films médiocres, sélectionnés comme par accident, pour la plupart impropres à être projetés, a poussé le public à se désintéresser des titres présentés au concours.

Valeur commerciale = zéro 

Le Festival lui-même et les distributeurs russes s’y sont habitués. Même en gagnant à Moscou, un film n’a aucune chance de sortir dans les cinémas russes – les prix du FIFM n’affectent pas le sort des gagnants. D’un point de vue commercial, le festival est sans intérêt pour l’industrie cinématographique mondiale.

Jadis, ce festival était pour le public soviétique l’unique fenêtre sur le monde du cinéma – seuls quelques films en provenance d’Europe et d’Amérique étaient montrés au grand public. Aujourd’hui, il sert aussi de hublot aux cinéphiles pour voir des films d’auteur internationaux – les distributeurs jettent rarement leur dévolu sur des œuvres aux fortes qualités artistiques, y préférant  les films policiers, fantastiques et les thrillers pour adolescents. Cette année, par exemple, le FIFM montre la quasi-totalité de Bernardo Bertolucci, qui, selon les nouvelles lois, est indésirable sur les écrans russes. On montre aussi des films qui ont choqué le récent Festival de Cannes par leur qualité graphique – eux aussi auront des difficultés au box-office. Autrement dit, le festival est réduit à attirer les spectateurs par la possibilité de goûter à quelques « fruits défendus ». De ce fait, beaucoup sont prêts à lui pardonner son faible concours et toute son organisation, qui est de plus en plus provinciale. Ce style et ces goûts provinciaux se font fortement sentir lors des cérémonies d’ouverture, qui rappellent de plus en plus une soirée d’élus dans une propriété rurale avec son maître de maison affable et son banquet sur les berges de la rivière. Les cérémonies ont de moins en moins la prétention d’être des événements internationaux : il y a bien quelques visiteurs étrangers honorifiques, mais les présentateurs de la cérémonie ne connaissent aucune langue étrangère et s’emmêlent dans les noms des célébrités internationales, démontrant leur déconnexion avec la salle, le sujet de la soirée, et le septième art lui-même (ceci n’est ).

Changements drastiques à prévoir 

Pour survivre, le Festival de Moscou a besoin de changements drastiques. On a proposé à plusieurs reprises d’annuler le concours, ce dernier ayant dans le contexte actuel perdu tout son sens. Mais tout le monde sait que si on annule le concours, le festival perdra probablement son statut « A », et les solides injections d’argent public qui vont avec. La viabilité économique des dépenses a plusieurs fois été évoquée par les experts : faut-il dépenser, selon la presse, jusqu’à 120 millions de roubles (3 millions d’euros) pour que les journalistes courent de salle en salle, « dégustant » quelques gouttes de l’océan insondable du cinéma? Et pourquoi 364 films, s’ils ne rassembleront même pas une centaine de spectateurs ? Si Toronto ou Berlin, où toute la ville fait la queue pour les billets, reçoivent de leurs festivals d’importants revenus pour les caisses de la ville, le Festival de Moscou est un événement purement subventionné et largement déficitaire.

Atmosphère d’empressement, dans un régime d’urgence et d’inefficacité…

Car le festival est rongé d’une longue maladie – un financement non pas permanent, mais sporadique, autorisant officiellement l’équipe de sélectionneurs à se mettre au travail trois ou quatre mois seulement avant l’ouverture, alors que les grands festivals du monde entier glanent les films tout au long de l’année. Ainsi, l’organisation même du festival implique de travailler dans une atmosphère d’empressement, dans un régime d’urgence et d’inefficacité.

Nikita Mikhalkov

Nikita Mikhalkov

Dans une certaine mesure, les maux du festival sont liés à l’inamovibilité de ses organisateurs – pas seulement des sélectionneurs, mais aussi de l’ensemble de la direction. Le réalisateur de premier plan Nikita Mikhalkov tourne ses films, il occupe beaucoup de postes administratifs et publics, et il ne peut physiquement pas prêter l’attention qu’exige la fonction de président d’un tel festival. Concernant les sélectionneurs, la gamme de leur goût est bien connue des habitués du FIFM, et elle ne reflète pas la moitié de la palette de styles et de genres du cinéma mondial. Par conséquent, la presse exige avec une insistance croissante une rotation de toute l’équipe – une rotation progressive, tactique, mais constante.

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