Nouvelle initiative de création de la TV indépendante en Russie

« We don’t want to depend on anyone but our viewers. If you like what we do, if you believe in us as much as we believe in you, then Dozhd won’t disappear ». (TV Dozhd)

La chaîne TV Dozhd dont l’avenir est désormais engagé a lancé une campagne de financement intitulée « Les jours de l’Indépendance ». A partir d’aujourd’hui (Lundi 24 mars) et jusqu’à lundi prochain la chaîne espère de lever les fonds nécessaires à son existence. Pendant cette semaine le contenu de la chaîne (normalement payant) sera disponible gratuitement sur YouTube et sur le site officiel de Dozhd TV.

DozhdTVUne action pareille est devenue vraiment nécessaire suite aux évènements des derniers mois lorsque de nombreux annonceurs ont refusé de coopérer avec TV Dozhd suite à son exclusion des bouquets des opérateurs russes de la télévision payante. Comme résultat TV Dozhd a perdu près de 80% de ses revenus ce qui a mis son existence en question.

Les spectateurs sont invités à financer le média de quatre façons :

  1. acheter un abonnement (pour ceux qui l’ont déjà, il est proposé de payer un abonnement à un ami)
  2. acheter des souvenirs , comme un chandail, un t -shirt, une tasse, un sac etc. ou bien d’acquérir un droit d’assister au tournage de l’émission « Sobtchak vivant . « 
  3. transférer l’argent sur ​​un compte bancaire de la chaîne ;
  4. acheter un « badge  » (c’est-à-dire une sorte de part, une action) Un « badge » coûte 500 roubles minimum et peut être acheter en utilisant la carte de crédit sur Internet.

 « Malgré et contre tous nous comptons de survivre et nous survivrons si vous nous aidez. En fait, nous allons exister tant que votre soutien ne s’épuise … A la fin de cette semaine nous feront le bilan. Il se peut que nous sauront recueillir assez d’argent pour assurer l’existence de la chaîne pour un jour, pour une semaine ou pour un mois ; et peut-être pendant des mois, tout dépend de vous » –  a déclaré la rédaction de la chaîne sur son site officiel. Dans la lettre à son audience le collectif de la TV Dozhd se compare à la télévision publique dans le sens traditionnel : une chaîne sans publicité, financée par ses téléspectateurs.

Un vrai défit non seulement pour une chaîne, mais aussi pour la société russe qui peut faire un choix et dire « OUI » ou « NON » à l’existence d’une chaîne indépendante. Une perspective encore plus intéressante vu que la Télévision publique russe (TPR), lancée par le gouvernement il y a un an, n’a pas trouvé l’écho dans les cœurs de l’audience russe et n’existe qu’aux maigres subventions du gouvernement.

En Russie, il n’existe qu’un exemple du média qui existe grâce au croudfunding : le portail Colta.ru, créé par le site de l’ancienne rédaction d’openspace.ru. Le ressource est opérationnel depuis Juillet 2012 et ne fonctionne que grâce aux des fonds collectés sur le portail Planeta.ru. Est-ce que le même principe de financement collectif serait suffisant au fonctionnement de la chaîne indépendante nous le sauront très prochainement.

Source

Lire également sur notre blog :

Publicités

La chaîne russe TV Dozhd menacée d’interdiction

See on Scoop.itMédias en Russie

Sindeeva

La directrice de la chaîne Dozhd TV sert les poings.

« Aurait-il fallu livrer Leningrad aux Allemands pour sauver des centaines de milliers de vies ? », c’est cette question posée par une des seules chaînes de télévision indépendante en Russie TV Dozhd qui a fait polémique cette semaine en Russie. Elle a été rapidement retirée du site, et la direction de la chaîne s’est excusée sur internet. Mais le monde politique était déjà en effervescence. Certains opérateurs du câble ont même préféré suspendre la diffusion de la chaîne. Le porte-parole de Vladimir Poutine, a déclaré que la chaîne avait dépassé les limites de l’acceptable, et qu’il soutenait ceux qui demandaient des sanctions.

TV Dozhd est disponible en Russie sur Internet, câble et satellite. C’est une chaîne de télévision connue pour être indépendante, car c’est notamment la seule qui invite régulièrement sur ses plateaux militants, opposants, syndicalistes… tous ceux qui sont bannis des antennes des principales chaînes de télévision en Russie.

Récemment, suite à la diffusion par TV Dozhd d’un sondage sur le siège de Leningrad pendant la Seconde guerre mondiale, jugé maladroit, la chaîne a été victimes d’attaques et de menaces de fermeture de la part de l’État et de l’association de chaînes de télévision câblées en Russie. Par ailleurs, plusieurs « bouquets satellites » l’ont exclue de leur offre. Il s’agit là d’une technique classique en Russie, mêlant pressions politiques et financières, qui vise en réalité à fermer cette source d’information indépendante et gênante, le sondage étant à l’évidence utilisé comme un prétexte.

Selon le PDG de la chaîne Natalia Sindeeva, l’un des déclencheurs de crise a été une enquête menée par Alexei Navalny sur les propriétés de luxe des hauts fonctionnaires et des membres du parti « Russie Unie » dont le chef adjoint de l’administration du Kremlin Vyacheslav Volodin.

Médias en Russie‘s insight:

Si, comme nous, vous voulez soutenir TV Dozhd, il y a déjà une pétition à signer:

Je voudrais également d’exprimer ma considération à la chaîne israélienne Channel 9 qui, en solidarité avec la TV Dozhd, a fait un sondage parmi ses téléspectateurs en posant une question-bombe : « Pensez-vous que les Juifs européens ont provoqué l’Holocauste eux-mêmes? « 

Sur son site Internet la rédaction de Channel 9 a écrit:

« …Nous remercions tous nos téléspectateurs qui ont participé à la manifestation de solidarité avec les journalistes de TV Dozhd en Russie et voudrions présenter nos excuses à tous ceux dont les sentiments ont été blessés. Nous croyons que, dans ce cas particulier, la réponse a été encore plus importante que la question.  Nous n’avons eu aucun doute par rapport à nos téléspectateurs.  ( 91 % des téléspectateurs ont répondu « non», 9 % – «oui» ). »

Source | Vidéo

See on blogs.mediapart.fr

L’agence média russe RIA Novosti tire sa révérence. Un délire médiatique ?

See on Scoop.itMédias en Russie

Bonjour chers, lecteurs, en voici une « bombe » de la fin d’année, mais d’abord, permettez-moi de vous poser une question afin que vous puissiez saisir la grandeur de cette nouvelle. Croyez-vous que l’Agence France Presse (AFP) peut être dissoute en une seule journée? Non, je n’ai pas de fièvre, et pourtant c’est ce qui vient de se passer en Russie, car Vladimir Poutine a décidé de dissoudre l’agence RIA Novosti, un géant des médias russes.  Les détails ci-dessous …

RiaNovostiDead

Le président Vladimir Poutine a créé l’Agence d’information internationale Rossia segodnia (Russie aujourd’hui) sur la base de l’agence RIA Novosti, dissoute par décret présidentiel, a annoncé lundi le service de presse du Kremlin.

Comme le précise le décret, l’agence Rossia segodnia, dont le siège se trouvera dans les locaux de RIA Novosti, englobera également la compagnie radiophonique publique Voix de la Russie, elle aussi dissoute. Vladimir Poutine a chargé le gouvernement de réaliser d’ici un mois les mesures nécessaires à la création de la nouvelle agence et d’envisager l’inclusion de Rossia segodnia dans la liste des entreprises stratégiques du pays.

« L’axe d’activité principal de l’Entreprise unitaire fédérale publique « Agence d’information internationale Rossia segodnia » est l’éclairage à l’étranger de la politique et de la vie sociale de la Fédération de Russie », stipule le décret du président.

Dans son Décret, le président Vladimir Poutine nomme Dmitri Kisselev directeur général de l’Entreprise unitaire fédérale publique « Agence d’information internationale Rossia segodnia », indique le service de presse du Kremlin.

Réaction deMédias en Russie:

Il faut y ajouter qu’en 2012 un bruit sur la fusion de l’agence RIA Novosti avec la chaîne de télévision Russia Today et la radio Voix de la Russie courait déjà dans les couloirs du Kremlin. Selon les oui-dires, le premier chef adjoint de l’administration présidentielle Alexeï Gromov a été derrière l’idée de la création d’un conglomérat axé sur la promotion de la Russie à l’étranger. Cependant, le projet a été enterré pour plusieurs raisons dont les principales sont l’hétérogénéité des médias concernés et le désaccord des personnages du gouvernement faisant le lobbying de ces groupes.

Néanmoins, comme on le voit aujourd’hui, il n’y a pas de fumée sans feu…

Quand à Dmitri Kisselev, qui depuis 1978 a fait sa carrière dans les médias russes et ukrainiennes, c’est un personnage connu et controversé qui a souvent été critiqué pour ses propos homophobes (interdiction aux homosexuels d‘être donneurs de sang, la comparaison de la campagne électorale de l’opposant russe Alexeï Navalny pour les élections municipales de septembre à Moscou à celle menée par Hitler etc…)

Je pense que tout ce qui s’est passé ne peux pas être justifié par la conjoncture du marché (RIA Novosti était bien dans le budget de l’Etat, de plus l’agence se débrouillait pas mal en gagnant son propre pain sur le net et devait couvrir les JO 2014 à Sochi), ni, d’ailleurs par la lutte pour le professionnalisme (même dans mes rêves délirants j’aurais jamais pu soupçonner l’incompétence des journalistes de l’agence RIA Novosti). Il s’agit plutôt d’une lutte pour l’autorité des personnage de très haut niveau dans une situation politique compliquée.

Vraiment dommage … Une fois de plus je me rends compte du fait que la Russie est non seulement un pays des grandes opportunités  mais des grandes surprises aussi …

See on fr.ria.ru

Pour finir,  si vous parlez russe vous avez la possibilité de regarder la réaction de Svetlana Myronyuk (PDG de RIA Novosti). Comme on le voit, la nouvelle a été une surprise (même pour elle) http://youtu.be/eQArbtJgPPM

Lire également sur notre blog:

Une série russe sur la Seconde guerre mondiale censurée

See on Scoop.itMédias en Russie

shtrafbat

Le réalisateur de la série Shtrafbat Nikolaï Dostal attaque l’audiovisuel public russe. Selon lui, la chaîne Rossya 1 a coupé des scènes et des mots grossiers de sa série lors de sa dernière diffusion. À terme, le programme pourrait bientôt être interdit à la télé. En cause: un projet de loi visant à punir les auteurs de mensonges sur les armées anti-hitlériennes pendant la Seconde guerre mondiale.

Dans une lettre ouverte au directeur général de l’audiovisuel public russe, publiée jeudi, Nikolaï Dostal juge « regrettable de voir lors de la dernière diffusion de Shtrafbat (abréviation de « Bataillon disciplinaire » en russe) sur la chaîne Rossya 1, qu’une censure non justifiée et illégale a été opérée ». Il explique que certains mots vulgaires et certaines scènes – dont celle du viol d’une jeune fille par un soldat soviétique, importantes selon lui pour le reste de l’histoire – ont été coupés de « manière grossière ».

Une loi pour contrôler le langage à la télé

La chaîne Rossya 1 a refusé de commenter l’information. La critique de télévision Irina Petrovskaïa a jugé qu’il s’agissait d' »une censure morale liée aux dernières lois restrictives » adoptées récemment. Le président russe Vladimir Poutine a notamment promulgué en avril une loi interdisant aux médias d’employer un langage vulgaire. La diffusion de la série intervient au moment où des députés du parti au pouvoir Russie Unie veulent introduire un projet de loi prévoyant des peines pour les auteurs d' »informations mensongères sur les armées anti-hitlériennes pendant la Seconde guerre mondiale », avait indiqué mercredi la journaliste Arina Borodina.

Elle a dit craindre que si cette loi était adoptée, la série ne pourrait plus être diffusée, « puisque n’importe quel député pourra qualifier les terribles histoires des héros de Shtrafbat de diffamation envers le pouvoir soviétique et les troupes de la coalition anti-hitlérienne ». Depuis la première diffusion de la série en 2004, « le pays a beaucoup changé, une génération a remplacé l’autre, les points de vue des gens et le contexte politique ont aussi changé », a-t-elle souligné. En Russie, une loi censure la violence dans les programmes pour enfants depuis le 1er septembre 2012.

See on www.lexpress.fr

Lire également sur notre blog :

Une nouvelle loi russe censure des dessins animés

Tant chauffe-on le fer qu’il rougit et tant gratte chèvre que mal gît … (Un proverbe français)

Une nouvelle loi pour la « protection des enfants » est entrée en vigueur en Russie samedi dernier (le 1 septembre 2012). Face à ces nouvelles dispositions, les médias russes sont partagés entre panique et perplexité. Pour ne pas prendre de risques, de nombreux responsables de médias en ligne craignent de devoir marquer tout leur site comme “interdit aux moins de 18 ans” – ce qui aurait pour effet de faire chuter leur lectorat, voire d’entraîner le blocage de leur site par certains fournisseurs d’accès, par les réseaux Wi-fi publics ou dans certaines institutions publiques comme les écoles.

L’inquiétude touche également les médias traditionnels : le 28 août dernier, le rédacteur en chef de la station de radio indépendante Echos de MoscouAlexeï Venediktov, a annoncé sur Twitter la suspension temporaire de l’émission “Aux adultes, sur les adultes”, animée depuis 2004 par le juriste et psychologue familial Mikhaïl Labkovski. Le directeur général de la chaîne de télévision 2×2Lev Makarov, a même annoncé que la série “Les Simpsons” serait expurgée de certains passages violents (notamment « Itchy and Scratchy show » regardé par Bart sera interdit), tout comme “South Park”, qui ne serait plus diffusée qu’après 23 heures. Des producteurs se sont émus que les personnages fumeurs de dessins animés soviétiques très populaires pourraient être censurés. Les médias bruissent de rumeurs faisant état de listes de mots censurés ou de postures corporelles à bannir à l’écran.

Peur pour le patrimoine télévisuel soviétique.

La nouvelle loi a été critiquée par les médias et créateurs de dessins animés russes qui redoutent que d’autres chaînes ne soient contraintes de censurer des programmes à l’image de 2×2. Certains professionnels du secteur ont craint que cette nouvelle loi ne défigure des dessins animés cultes de l’époque soviétiques comme Nu, pogodi! (Attends que je t’attrape!) et Le crocodile Guena, où certains personnages fument une cigarette ou la pipe. (Voir l’épisode en question de « Nu, pogodi !  » http://youtu.be/mM8qgX3vbuI)

Reporters sans frontières déplore à nouveau la confusion créée par les amendements apportés en juillet 2012 à la loi censée “protéger les enfants des informations nocives”.

Les imprécisions et incohérences du texte rendent ses dispositions répressives encore plus menaçantes et encouragent les journalistes à l’autocensure. La définition très vague des ‘informations nocives’ laisse trop de marge à l’interprétation et crée un grave risque de surblocage. Comment rendre compte des catastrophes naturelles, des conflits armés et des agressions sexuelles dans de telles conditions ? Tel qu’il est présenté, le marquage des contenus d’information par catégorie d’âge est une mesure aberrante et dangereuse pour les médias. Sous prétexte de protéger les mineurs, la loi risque d’entraver sérieusement leur mission d’informer le public sur des sujets d’intérêt général. Nous demandons aux parlementaires de clarifier le texte et d’en supprimer les dispositions attentatoires à la Constitution et aux conventions internationales ratifiées par la Russie”, a déclaré l’organisation.

A l’heure actuelle, le flou et les contradictions du texte de loi rendent indispensables des explications officielles. Mais ces dernières, malheureusement, sont elles aussi changeantes. Les questions se focalisent actuellement sur le type de contenu qui doit être interdit aux mineurs. Selon la nouvelle version de la loi, les médias sont en effet tenus de soustraire à la vue des enfants tout contenu incluant entre autres des scènes de violence, de sexe, du vocabulaire grossier, ou incitant à la consommation de tabac et d’alcool. Pour ce faire, chaque article ou contenu susceptible de les heurter doit faire l’objet d’une mention “interdit aux moins de” 6, 12, 16 ou 18 ans.

De son côté, l’autorité de surveillance des médias Roskomnadzor a indiqué que les conséquences de la nouvelle législation seraient examinées un mois après l’entrée en vigueur du texte, laissant entendre que des aménagements seraient possibles, selon l’agence Ria Novosti.

En attendant VGTRK a déjà annoncé qu’il va classifier le dessin animé « Nu, pogodi! » (qui est une série d’animation culte de tous les temps) en tant que 18+ ce qui le déplace automatiquement dans les créneaux nocturnes des chaînes du groupe …   En Russie il existe un proverbe qui pourrait résumer cette situation:  « Dites à un fou de prier et il va se fracasser le front »…

Sources : RTL, RBC