Les services en ligne ne menacent pas le cinéma russe (étude)

CinemaVsOnline

Société de recherche « Nevafilm Research » a récemment publié une étude sur les habitudes des spectateurs russes en se basant sur les données recueillies sur Internet et celles obtenues dans les salles de cinéma. Comme il s’est avéré, le public qui va au cinéma ne regarde presque jamais des films sur Internet, et vice versa – ceux qui utilisent les services de cinémas en ligne, ne se déplacent pas fréquemment jusqu’au prochain multiplex.

OuRegardezVousVosFilms_Russ

« En règle générale, les cinémas russes sont incapables d’attirer les « Internautes », et la sortie du film sur le petit écran connecté n’aurait qu’un impact très limité sur ​les entrées au cinéma » – a déclaré l’expert de « Nevafilm Research » Xenia Leontieva. Cela peut signifier que les nouveaux films qui apparaissent sur le réseau simultanément ou peu de temps après leurs premières au cinéma, n’ont pas à se soucier du box-office. Ce qui est prouvé par la pratique, car sur le marché russe une fenêtre entre la sortie du film au cinéma et sa parution sur Internet est beaucoup plus courte par rapport aux pays européens ou bien les Etats-Unis (pour les productions locales cette fenêtre est souvent moins d’un mois).

Cela signifie-t-il que le marché russe de la vidéo en ligne prospère en Russie?

Hélas non. Ce segment du marché est encore peu développé. D’après le Président de « Cinéma sans frontières » Sam Klebanov, le visionnement du film en ligne en Russie est principalement basé sur le modèle gratuit qui ne peut proposer qu’un nombre limité des nouveautés. Ce modèle est particulièrement intéressant pour « …des gens qui sont à la recherche de ce qu’ils peuvent regarder à la télé dans la soirée après le travail ». Cependant, une autre catégorie des gens (ceux qui sont prêts à payer pour de nouveaux films) s’accroît. Ils ne vont pas au cinéma, parce qu’il n’ont pas de temps ou bien ils n’ont pas de cinéma à proximité. (rappelons au lecteur qu’en Russie seuls 40% de la population ont accès au cinéma). Les deux modèles de consommation en ligne peuvent coexister sans que l’un cannibalise l’autre – conclut Klebanov.

DispositifFilmsEn revenant vers le rapport « Nevafilm Research », rappelons qu’aujourd’hui, 64 % de téléspectateurs russes préfèrent de regarder les nouveaux films au cinéma, 24 % – sur les ordinateurs, 10 % – à la télévision et 2 % – sur les appareils mobiles connectés…

Source

Lire également sur notre blog:

Portrait du spectateur russe

Le marché russe du cinéma multiplexe sur le point d’exploser ?

Karo – le premier réseau des salles de cinéma numériques en Russie

Le marché russe du cinéma multiplexe sur le point d’exploser ?

L’année dernière j’ai mentionné un avenir radieux des cinémas IMAX en Russie (36 cinémas IMAX actuellement; l’ouverture de 23 autres est prévue). Quand au cinéma ‘ordinaire’ il parait que ce marché a un très fort potentiel. Allons voir si c’est vrai.

kinoteatr

D’après Les Echos, le nombre d’écrans en Russie a progressé de 70% entre 2008 et 2012 ce qui est énorme. De plus que l’expansion ne s’y arrête pas, car, selon le directeur de « Kino Expo » Dmitri Kazuto seuls 40% de la population russe ont accès au cinéma. Le développement de l’infrastructure se trouve au stade précoce. Si aujourd’hui la Russie compte près de 3300 salles de cinémas (3228 selon Nevafilm Research) elle aura besoin de tripler ce chiffre pour atteindre le niveau européen, conclut Monsieur Kazuto.

Cependant, même si au premier abord le potentiel du marché paraît très attirant les faits montrent que sa capacité de grandir est assez limitée  (voir les données ci-dessous).

CinemasRussesOuvertureFerme

Mise à part le mécanisme de sélection darwinienne quand les cinémas à une salle avec le matériel obsolète suivis par ceux équipés des projecteurs numériques disparaissent,  il y existe un autre facteur qui freine la croissance : l’expansion des centres commerciaux dotés d’un multiplexe cinématographique. Selon la conjoncture économique l’ouverture de centres pareils n’est pas rentable dans les villes qui comptent moins de 50 000 habitants ; du coup,  les multiplexes n’y vont pas.

C’est pour cela que 60% de la population russe n’ont toujours pas accès au cinéma de proximité et, selon le directeur du « Nevafilm » Oleg Berezin, n’en auront pas dans l’immédiat.  Selon Monsieur Berezin «  …même si les habitants des petites villes (villages) n’ont pas accès au grand écran, ils ont des antennes paraboliques, télévision par câble et Internet … » Autrement dit, l’Internet comblera la niche là où le cinéma multiplexe ne vas pas.  Même si la loi contre le piratage récemment entrée en vigueur a été censée d’augmenter la fréquentation des cinémas elle ne fera qu’augmenter le nombre de consommateurs du contenu légal dans les villes susmentionnées. Personne n’ira en campagne pour ouvrir une salle de cinéma. Selon les calculs de Monsieur Berezin, en deux ans la fréquentation des salles de cinéma n’a pas augmenté contrairement à leur nombre (+30%).

NombreCinemasRusses

On peut en déduire que malgré les chiffres prometteurs et une forte croissance des salles de cinéma le marché russe va bientôt arriver à sa saturation en se heurtant à un mur des écrans de grande diagonale de plus en plus accessibles et de l’Internet haut débit qui continue sa marche triomphante à travers la Russie.

Lire également sur notre blog :

RT, le soft power russe en images

La chaîne d’information du Kremlin Russia Today (RT) a fait beaucoup de bruit (et a eu autant de succès) lors des deux dernières années. Voici un article de Vassily KLIMENTOV, qui vous aidera à comprendre l’histoire du succès de la chaîne à deux lettres.   

rt
Lancée en 2005 par le Kremlin et présentée comme un équivalent russe de la BBC – un média financé par l’État, mais possédant une ligne éditoriale indépendante –, RT, tout en voulant faire concurrence à la BBC, Deutsche Welle, France 24 et surtout Al Jazeera, s’est clairement positionnée comme le porte-voix international de Moscou. Adossée à l’agence de presse étatique RIA Novosti par l’intermédiaire de la compagnie TV-Novosti, Russia Today s’est diversifiée avec la création de la chaîne arabophone Rusiya Al-Yaum (RT Arabic) en mai 2007, de la chaîne hispanophone RT en Español en décembre 2009, de la chaîne spécifiquement destinée au marché américain RT America en 2010 et finalement de la chaîne RT Documentary en juin 2011. Ce développement a été rendu possible par l’augmentation du financement, sans que celle-ci ne se fasse de manière toujours transparente, qui est passé de 30 millions de dollars en 2005 à près de 350 millions en 2011, pour s’établir légèrement au-dessus des 340 millions de dollars en 2012. 
En 2013, RT – grâce à une décision exceptionnelle de Vladimir Poutine – fait partie des médias dont le financement a été maintenu malgré les recommandations du ministère des Finances qui préconisait des coupes budgétaires. RT est aujourd’hui clairement la figure de proue dusoft power russe, aux côtés par exemple du journal officiel Rossijskaja Gazeta qui édite des suppléments mensuels en partenariat pour plusieurs journaux dans le monde, dont La Russie d’Aujourd’hui pour Le Figaro en France.
Autour du slogan « Question more », l’objectif affiché de RT est de présenter une information «alternative» à ce que ses dirigeants décrivent comme les médias mainstream. Cependant, de fait, ni la direction de la chaîne, ni le pouvoir russe – malgré des éléments de langage récurrents soulignant la liberté éditoriale de la chaîne – n’ont jamais fait d’efforts particuliers pour nier le caractère engagé de RT. En juillet 2012, Margarita Simonyan, la rédactrice en chef de RT que l’on peut retrouver sur Live Journal, l’assume d’ailleurs ouvertement dans une interview pour le journal russe Itogi en rappelant qu’au sein de la chaîne : « nous sommes complètement solidaires de la politique étrangère de notre pays. Plus encore, lorsque nous avons commencé, nous avons ouvertement dit que nous allions présenter le point de vue russe sur le monde ». Du côté de Vladimir Poutine, le propos, exprimé dans une interview à RT en juin 2013 largement reprise par les médias américains, est plus ambigu et la contradiction à peine masquée : « Nous voulions amener une chaîne d’information absolument indépendante dans l’arène de l’information. Assurément la chaîne est financée par le gouvernement, donc elle ne peut faire autrement que de refléter la position officielle du gouvernement russe sur les événements dans notre pays et dans le reste du monde d’une manière ou d’une autre ».
Plus simplement, sans aller dans la caricature présentée dans certains médias du soft power américain comme Voice of America, le cœur du concept RT reste de mettre l’accent – souvent avec des moyens qui n’ont de journalistique que le nom – sur des sujets que la Russie veut promouvoir à l’international, allant de l’opposition à l’exploitation du gaz de schiste dont l’arrivée sur le marché impacte à la baisse sur le prix du gaz russe au soutien inconditionnel au régime syrien que la Russie défend.
Who poses the greater nuclear threat? (Campagne de RT à Londres)

Who poses the greater nuclear threat? (Campagne de RT à Londres)

Le tout teinté d’un antiaméricanisme prononcé et d’un temps de parole démesuré accordé aux tenants de différentes théories du complot, lesquels remettent en cause la « version officielle » du 11 septembre 2001, la naissance du président Obama en territoire américain ou le changement climatique.
Présenté ainsi, RT ressemble à s’y méprendre à certains médias de l’époque soviétique – une analogie jusque dans les procédés utilisés que nombre de commentateurs, y compris russes, n’ont pas manqué de noter. La technique la plus simple, et la plus efficace assurément, étant toujours de refuser de discuter des problèmes russes, ou des pays alliés ou amis, en arguant que l’Occident est loin d’être irréprochable, perdant au passage tout sens de la mesure. Mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la force de RT réside pourtant dans son caractère ouvertement biaisé pour la majorité de l’auditoire international. Dans un système où l’information médiatique, même au niveau international, tend à l’uniformisation alors que beaucoup de médias recherchent une objectivité qui sera toujours factice, la chaîne russe assume, presque sans gêne, une information dirigée, mettant ouvertement l’accent sur les problèmes de l’Occident, donnant l’occasion de s’exprimer à tous les autocrates et organisant des débats parfois à la limite du grotesque.
De fait, au moins deux points méritent d’être soulevés pour expliquer le succès de RT. D’abord sur le fond, il est évident, que même en ayant connaissance de l’agenda politique qui saute aux yeux et même en comprenant que l’information est filtrée, reste qu’il n’existe pas d’autres chaînes de télévision où l’on peut voir une interview du président syrien Bachar el-Assad ou de ses représentants, un entretien avec le leader du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, ou avec le défunt président du Venezuela Hugo Chàvez. Dans un style différent, la chaîne russe est aussi une scène parfois ouverte où il est possible de voir le philosophe Slavoj Žižek en débat avec David Horowitz. Ensuite, sur la forme, et en admettant que RT ne fait pas réellement dans le journalisme et que, de fait, son objectif est fondamentalement différent de celui d’informer sérieusement, la chaîne est passée maître dans l’art tendance de l’infotainment. Sa force est d’être à mi-chemin entre l’information et le show, de ne pas être liée par les codes du journalisme, de faire dans une forme événementielle où, qu’il s’agisse des débats ou des reportages, se mêlent jugements de valeur et information, l’objectif est de susciter le choc, de provoquer la controverse – de finalement faire du divertissement.
Derrière cela, et en plus d’une campagne de publicité très agressive, un vrai travail technique et stratégique pour proposer de nouvelles formes de programmes, plus éloignées d’un journalisme « sérieux » à la CNN, a aussi été fait. Comme illustration d’une stratégie tournée vers le sensationnel, RT a, par exemple, reçu la Nymphe d’Or à Monte Carlo en juin 2013 pour sa couverture de l’explosion de météorite au-dessus de la Sibérie, typiquement un sujet événementiel pour lequel la chaîne a récupéré de nombreuses vidéos amateurs. Encore plus symptomatique de cette idée de l’infotainment, la chaîne RT

Dans un cas pareil le présentateur n'est plus une tête parlante et doit certainemnt avoir le talent d'acteur .l

Dans un cas pareil le présentateur n’est plus une tête parlante et doit certainement avoir le talent d’acteur .

Arabic a récemment mis en place un JT utilisant des effets 3D  pour traiter notamment d’un sujet aussi sérieux que la situation au Moyen-Orient : le présentateur devient presque acteur jouant avec un tank qui, sortant de l’écran, vient envahir le plateau ou encore avec des étincelles volant de l’écran pour atterrir sur son complet. Clairement, le journalisme passe ici au second plan, tout est fait pour captiver le public sur la forme plus que sur le fond. En parallèle, la chaîne est complètement adaptée au marché local, n’utilisant pratiquement que des présentateurs de langue maternelle, une autre manière de paraître accessible.

La stratégie de RT passe aussi par le recrutement de personnalités emblématiques, recrutement qui peut être fait grâce aux ressources financières de la chaîne, mais pas seulement. Il est évident par exemple que le sulfureux fondateur de Wikileaks, Julian Assange, aurait sûrement eu du mal à devenir intervieweur sur une autre chaîne lorsqu’il a finalement rejoint RT en 2012. Comme pour l’obtention des invités politiques, la force de RT est d’être une chaîne officiellement adossée au Kremlin, bénéficiant de son appui pour attirer des personnalités. Plus récemment, M. Simonyan a annoncé en grande pompe que l’emblématique Larry King, connu au passage pour son admiration de Vladimir Poutine, allait, dès juin 2013, animer un programme d’interviews, Larry King Now, sur RT et en créer éventuellement un spécialement pour la chaîne par la suite. Évidemment, RT n’a pas la capacité de recruter tous les présentateurs qu’elle voudrait, certains refusent de s’associer à un tel projet. Il semble, par exemple, que Phil Donahue ait récemment refusé une offre de la chaîne russe.
La combinaison de ces facteurs explique le succès relatif de RT dans le monde, son accession au statut de 3e chaîne d’information en Grande-Bretagne avec un demi-million de téléspectateurs quotidiens d’après Voice of Russia et sa capacité à s’imposer comme le média étranger le plus regardé dans les villes américaines de Washington, New York, San Francisco, Los Angeles et Chicago d’après une étude menée l’année dernière par la firme américaine Nielsen Media Research. En 2012, RT a également réussi à doubler son audience aux États-Unis par rapport à l’année précédente. Cependant, comme l’illustre le succès rencontré sur YouTube, où RT a atteint le milliard de vues et possède à ce jour plus de 978 000 abonnés, son format est peut-être plus adapté au web  qu’à la télévision classique. Internet propose une interactivité accrue pour les spectateurs, élément fondamental pour partager des vidéos virales en multipliant les commentaires. À ce titre, le fait que les vidéos de RT soient parmi les plus commentées sur la plateforme, malgré la présence de seulement 19 000 vidéos au total, ne relève clairement pas du hasard. Pour accélérer la propagation de « son » information, RT autorise officiellement les utilisateurs à republier sur leurs propres chaînes les vidéos qu’elle a postées, à condition d’en mentionner l’origine. Aujourd’hui, la chaîne russe peut se targuer de compter entre 800 000 et un million de visiteurs par jour sur ses vidéos, un résultat qui sort de l’ordinaire.
Finalement, pour l’ex-Russia Today, l’objectif ultime de populariser la Russie prédomine largement sur le financier et le but n’est pas de faire de RT un projet rentable. Ainsi, si la publicité est présente sur certaines vidéos, elle demeure très effacée – un choix délibéré des dirigeants qui veulent avant tout faire passer un agenda politique et non gagner de l’argent. Pour cela, comme au temps de l’URSS, il n’est pas réellement nécessaire d’être journaliste, il s’agit plus d’un travail de communicant.
Lire également sur notre blog :

La télévision publique russe, différera-t-elle des chaînes gouvernementales ?

                          « Celui qui paie les violons choisit la musique »

TPR

Le logo officiel de la Télévision Publique Russe

Selon le service presse, la Télévision Publique Russe (TPR) entrera en activité courant mai (le lancement officiel de la chaîne est prévu pour dimanche prochain, le 19 mai 2013). Bien que le financement de la TPR ait dû dépendre des dons des citoyens, la direction de la chaîne n’a pas réussi à réunir assez de moyens. Puisque le gouvernement russe s’est retrouvé contraint de prendre en charge le financement une question se pose: est-ce que la télévision publique russe sera différente d’autres chaînes fédérales contrôlées par le gouvernement ?

Un peu d’histoire.

La création de la nouvelle chaîne a été initiée en 2012 par Dmitri Medvedev, alors président de Russie. Régie par le statut d’association indépendante à but non lucratif, celle-ci devait réussir à former un fonds de dotation.

Cependant, les représentants du ministère de la communication ont décidé que le capital devait se situer entre 30 milliards de roubles (soit près d’un milliard de dollars) et 100 milliards de roubles. Mais rassembler des dons spontanés prend des années. Par conséquent, le financement de ce projet grâce à l’aide seule du fonds de dotation s’est révélé impossible.

Au final, le gouvernement envisage d’accorder au projet près d’1.5 milliard de roubles par an (soit près de 60 millions de dollars). De plus, la chaîne espère engendrer des revenus grâce à la publicité publique des différents ministères et institutions.

La télévision publique est-ce bien une utopie?

NPRDans différents pays, les médias publics existent grâce aux dons des auditeurs. C’est par exemple le cas de la National Public Radio américaine, financée à 39% par les auditeurs. Mais il a fallu des années pour mettre en place ce mécanisme de collecte de fonds basé sur la bonne volonté de ses fidèles.

BBCLe cas de la BBC, le plus ancien média public au monde, est également intéressant. En Grande Bretagne, il existe un système nommé « TV Licence Fee ». Pour résumer, les propriétaires de postes de télévision payent une contribution à l’audiovisuel public. Cet argent est consacré au développement du secteur médiatique. En Russie, une telle forme de financement n’existe pas légalement.

Qu’en pensent les experts?

Vu que le projet sera entièrement ou partiellement financé par le gouvernement, certains professionnels se demandent en quoi la chaîne publique russe différera des chaînes gouvernementales officielles déjà existantes. Igor Iakovenko, ancien secrétaire général de l’Union des journalistes de Russie, considère que la création d’une chaîne publique constitue « une copie conforme, une énième variante des chaînes gouvernementales. »

Andreï Reut

Andreï Reut

« L’initiative même ne vient pas de la société, mais du gouvernement »,remarque Andreï Reut, adjoint du rédacteur en chef de la chaîne RBC, dédiée à l’économie : « Le gouvernement paye, le gouvernement mène la danse ».  Si la chaîne se voit accorder un financement important, elle se fera bien sûr une place.  « Elle pourrait bien remplacer une chaîne gouvernementale », anticipe Reut.  Cette chaîne émettra 24/24 chez certains opérateurs. L’accent sera mis sur les émissions de science cognitive, les documentaires et la vie dans les provinces russes. La chaîne ne diffusera pas de publicité ou de divertissements.

« Ce genre de chaînes manque à la Russie : des chaînes intelligentes, indépendantes, qui joueraient un rôle social, qui réfléchiraient aux intérêts de la société et ne se lanceraient pas dans une course à l’audience en favorisant les thématiques criminelles et la télé réalité », conclue Andreï Reut.

Médias en Russie‘s insight:

@mediasrusses ont beaucoup suivi ce sujet depuis 2012 et nous sommes désolés de constater que la télévision publique russe à l’état actuel n’est pas en mesure de subvenir aux besoins des citoyens vu que aucun de ses trois piliers (éduquer, informer et divertir) n’est doté d’un fondement solide.

Prohod na telebashnu« Divertir », « Éduquer » ?  – la question du financement n’est pas réglé et sans cela il est impossible de produire des programmes de qualités. Quoique, la situation peut s’arranger dans quelques années et les deux piliers vont aller en bonne direction. Mais le grand problème est que « Informer » ne ne les suivra pas.

En même temps, comme on le connait tous, le but principal du journalisme est d’informer les gens ouvertement et honnêtement, sans avoir peur d’appeler « un chat un chat ». Aujourd’hui, aucune chaîne de télévision en Russie n’est capable de le faire, même les grands groupes de télévision privés. (que dire de la télévision dont le PDG est nommé directement par le Président?..)

« Celui qui paie les violons choisit la musique » – a dit Vladimir Poutine lors de son premier mandat en répondant à la question sur le financement de la télévision publique posée par un journaliste de renommé internationale Vladimir Pozner. (source: http://goo.gl/EFRLS, en russe).  Donc, ce serait trop naïf de notre part de penser que les choses ont bien changé depuis…

L’espoir fait vivre…

Si ce sujet vous intéresse nous vous suggérons de jeter un coup d’œil sur le dossier de la télévision publique en Russie sur notre blog: http://mediasrusses.com/tag/television-publique/

Via larussiedaujourdhui.fr

L’Internet en Russie explose : mais où investir ?

See on Scoop.itMédias en Russie

RuNet_Invest

Avec une audience en hausse de 12% entre 2011 et 2012 pour atteindre 61,2 millions d’internautes, la Russie dispose de la plus grosse audience Internet sur le continent européen, selon Yandex.. Conséquence : le russe est désormais la seconde langue utilisée sur la toile en Europe, derrière l’anglais. Les implications pour le marché du digital en Russie sont sans précédent et les perspectives de développement des start-up sont immenses. D’autant que le réservoir de croissance est là. Seuls 52% des russes de plus de 18 ans se rendent au moins une fois par mois sur Internet.

Entre 2010 et 2011, le marché de la publicité en ligne a grimpé de 56% et représente aujourd’hui 17% du marché de la publicité en Russe, soit 1,4 milliard de dollars, selon une étude réalisée par la banque d’affaires GP Bullhound. Selon l’AKAR, l’homologue russe de l’AACC, ce chiffre s’élevait en 2012 à 1,877 million de dollars en 2012, soit une croissance de 34%.

MarcheDePubliciteEnLigne

Le marché de l’e-commerce russe a quant à lui grimpé de 25% en un an pour atteindre 10 milliards de dollars en 2011. Selon Morgan Stanley, ce chiffre s’élevait à 12 milliards de dollars en 2012. Et les prévisions sont sans appel : en 2020, l’e-commerce russe devrait peser quelques 30 milliards de dollars.

Quant au marché de la vente de contenus digitaux, il a connu une croissance de 20% entre 2010 et  2011 pour atteindre 281 millions de dollars et devrait s’accélérer en raison d’infrastructures Internet de plus en plus performantes « et ce notamment dans les grandes métropoles comme Moscou où le LTE a pris de l’avance » indique Adrien Henni, co-fondateur et rédacteur en chef du média spécialisé sur l’actualité digital russe « East-West Digital News ».

Des géants de l’Internet russe déjà bien installés

© Comscore Media Metrix, 2012, GP Bullhound

© Comscore Media Metrix, 2012, GP Bullhound

Sur les 10 premières destinations Web en Europe, déjà 3 sont russes. Le premier, Mail.ru, enregistrait 79,5 millions de visiteurs uniques en mars 2012, selon Comscore, arrivant devant Axel Springer. Un autre concurrent de Google, le moteur de recherche Yandex, est quant à lui troisième groupe et est suivi de vKontakte, le concurrent de Facebook qui comptabilisait 67 millions de visiteurs uniques par mois en 2012. S’il paraît vain de souhaiter concurrencer ces trois géants, les start-up russes sont de plus en plus attrayantes aux yeux des investisseurs étrangers, puisque c’est tout un écosystème qui est en cours de développement. « Elles ont d’ailleurs réussi à s’adapter aux normes de la Silicon Valley », poursuit Adrien Henni, ce qui facilite forcément la tâche des investisseurs….

Lire la suite sur JDN

Médias en Russie‘s insight:

Un super dossier sur l’état de RuNet fait par Hugo Sedouramane @JDN. A consommer sans modération!

See on www.journaldunet.com

Lire également sur notre blog:

TV: Le factuel domine la Russie

See on Scoop.itMédias en Russie

 La carte des genres prédominants à travers le monde. (c) Médiamétrie - Eurodata TV

La carte des genres prédominants à travers le monde. (c) Médiamétrie – Eurodata TV

Médias en Russie‘s insight:

Selon l’étude réalisée par Eurodata TV, le factuel (info, magazine, politique, documentaire) a généré les meilleurs audiences en Russie et les pays de la C.E.I. au cours de l’année dernière.

Une belle exception à la règle – l’haltérophilie (un sport consistant à soulever des poids) qui a réalisé une part d’audience de 63,3% au Kazakhstan.

(source Eurodata TV / Worldwide)

L’article complet: http://goo.gl/5Crcz

La chaîne NTV s’essaye à la satire politique

OuiMonsieurPresident

L’apparition d’un show parodiant la politique est indubitablement guidé par le souhait d’augmenter l’audience. Le poète Alexei Tsvetkov, connu pour ses caricatures d’hommes politiques, pense que c’est une façon pour les chaînes d’attirer les internautes.

Mais la satire est-elle dangereuse pour le pouvoir ? Selon Tsvetkov, si « le climat politique dans le pays est sain, la satire ne peut que participer de cette bonne santé, en formant le public au scepticisme ».

Le service de presse de NTV refuse de commenter l’avenir du projet. Ce qui est certain, c’est que la demande pour la satire politique existe. « Le spectateur est fatigué de la télé actuelle. Il accueillera avec reconnaissance la moindre tentative de critiquer le pouvoir. C’est un axiome », explique l’écrivain Boris Minaev. Car la satire politique permet de vivre mieux et de respirer plus librement, conclut-il.

La télévision saura-t-elle rivaliser ?

Médias en Russie‘s insight:

Si on parle de cette émission de NTV, sortie au mois de mars la réponse (hélas) serait « NON ».

YesMinisterOfficiellement, les créateurs de « Oui, Monsieur le Président! », ont avoué qu’ils se sont inspirés du sitcom politique britannique « Yes, Minister » (d’où la ressemblance du titre de l’émission). Cependant, il faut dire que le nouveau produit de NTV n’a rien à voir avec la série sortie sur le « BBC » dans les années 80.

Tout d’abord, «Yes, Minister» n’était pas un spectacle de sketchs, mais un vrai sitcom et a été produit selon les lois de la série télévisée: dans chaque série, l’intrigue et le conflit principal étaient bien présents (la confrontation du héros et de la bureaucratie).

Deuxièmement, le héros (l’honorable James Hacker) était un personnage imaginaire, ainsi que son Ministère des Affaires Administratives (une pure fiction). En dépit de ce fait, le spectacle était d’une actualité brûlante..

Est-ce que nous avons vu quelque chose de pareil dans la première émission de « Oui, Monsieur le Président »? – Non.

Monsieur Poutine apparaît comme un homme calme, doux et laborieux, tout comme fameux « grand-père Lénine » dans les blagues dont, apparemment, les auteurs du programme se sont inspirés. L’éventail des sujets qui sont soulevés tient bien dans les cadres définis à l’époque soviétique à une seule différence que les histoires drôles sur les vendeuses bêtes et insolantes  ou bien des plombiers soulds ont été remplacées par celles sur les fonctionnaires corrompus et Deparrdieu ivre mort.

Guignols_PoutinesQuoique, ce n’est pas si grave que ça. Les blagues sur les vendeuses peuvent aussi être marantes si elles s’appuient sur la réalité et coïncident avec les attentes et l’expérience quotidienne de l’auditoire. Cette règle s’applique pleinement partout (même si on plaisante au sujet des hauts fonctionnaires). Par conséquent, les « Kukly » (Guignols) et « Itogo » ont bien marché sur la TV dans les années 90 et c’est aussi pour cette cause que l’émission « Oui, Monsieur le Président » ne marchera pas.

Soyons francs, même si le programme compte quelques passages rigolos, elle en dénombre plus de séquences qui qui ne le sont pas; et quand aux passages véridiques – (hélas, hélas, hélas)…  il n’y en a pas du tout…

See on m.larussiedaujourdhui.fr

L’histoire de la satire politique à la télé russe

KVNL’histoire de la satire politique à la télé russe n’a pas plus de vingt ans. Tout a commencé avec le KVN (le club des joyeux lurons), un tournoi de sketchs et de stand-up. Dès la fin des années 80, s’y sont glissées des parodies du dernier leader soviétique Mikhail Gorbatchev, puis du premier président russe, Boris Eltsine.

En 1994 a été créée la plus importante émission de satire politique russe, les Koukly, une version russifiée des Guignols de l’info français. Grâce à l’écrivain-satiriste Viktor Chenderovitch, le scénariste du projet, les sketchs étaient mordants, percutants et l’émission a tout de suite acquis une grande popularité. Elle a existé pendant huit ans, sur la chaine NTV, et a été suspendue en 2001.

Plusieurs tentatives pour faire renaître le genre de la parodie politique à la télévision dans les années 2000 ont donné des résultats mitigés. Entre 2005 et 2008, NTV a diffusé Politique réelle, une émission qui présentait entre autres des animations parodiant gentiment les leaders politiques. Selon Chenderovitch, il s’agit d’un simulacre de satire politique.

À mesure que le genre dépérissait à la télé, il prenait du poil de la bête sur la Toile, sur laquelle on trouve aujourd’hui des parodies politiques, comme le blog vladimirvladimirovich.ru, qui publie régulièrement de courts textes absurdes prétendument tirés de la vie de Poutine.

GrazhdaninPoetEn 2011-2012, la série des sketchs Poète citoyen a fait un tabac sur Internet et dans les théâtres. L’acteur Mikhail Efremov récitait des pastiches irrévérencieux composés par le non moins célèbre écrivain Dmitri Bykov sur des thèmes de l’actualité politique russe.

Depuis 2010, le compte Twitter KermlinRussia parodie le compte du président de l’époque, Dmitri Medvedev. Une seule lettre le distingue du compte officiel, ce qui a provoqué des situations cocasses quand les médias l’ont cité en guise de source officielle.

Lire également sur notre blog:

Les russes sont de plus en plus séduits par la télévision HD

See on Scoop.itMédias en Russie

l'identité visuelle de la chaîne Rossya HD

l’identité visuelle de la chaîne Rossya HD (Russie HD du groupe VGTRK) qui a été lancée le 28 décembre 2012.

Selon une étude de l’IHS Screen Digest le nombre de ménages russes regardant la télévision au format HD a augmenté de 1,15 million pour atteindre 1,46 million d’abonnés en 2012 (+470% par rapport à 2011) . Grace à ce résultat la Russie monte la huitième place en Europe (2ème place en Europe de l’Est) pour le nombre d’abonnés à la télévision HD (en 2011, elle était à la 15e place seulement).

Un très bon résultat qui, selon les pronostiques de l’IHS Screen Digest, va encore s’améliorer; car la télévision en haute définition sera regardée par 4,08 millions de téléspectateurs russes à la fin de cette année et pourrait atteindre 7,69 millions en 2014. A cette allure, la Russie sera à la première place en Europe de l’Est et à la troisième en Europe après la France (11,09 million d’abonnées en 2012) et la Grande-Bretagne (7,52 million).

Selon le même étude, on comptait 45,1 millions d’abonnés à la télévision HD dans l’ensemble de l’Europe, soit 12 millions de plus par rapport à l’année précédente.

See on larussiedaujourdhui.fr

Médias en Russie‘s insight:

Un article très intéressant et pourtant, la HD ne peut pas être considérée comme un facteur de croissance adéquat pour l’industrie de la télévision à péage et voici pourquoi :

D’un côté, l’adoption massive de la haute définition s’explique par le remplacement du parc des récepteurs TV disponibles dans les magasins (aujourd’hui il est quasiment impossible d’acheter un poste TV qui ne soit pas équipé de Full HD ou HD Ready au pire des cas). D’autre part, les gens se préoccupent plus de la qualité des programmes que du format dans lequel ils sont diffusés. Cela peut vous paraître bizarre, mais selon l’analyse récente du bureau d’étude IKS-Consulting les téléspectateurs qui ne voient pas la différence entre la qualité d’image standard et celle en haute définition sont majoritaires.

Finalement, il s’agit juste du format qui pendant très longtemps a été considéré comme le point final dans l’évolution de la qualité d’image à la télévision. Hélas, le temps et notre mode de vie très marquée par la consommation apportent des modifications et un autre format inventé par la corporation japonaise NHK, a signé l’arrêt de mort de nos postes TV haute définition en 2013. Il s’agit de Super Hi-Vision (ou Ultra HD) capable à afficher seize fois plus de pixels que le format HD 1080p.

Du coup, pour mesurer la température du marché de la télévision payante en Russie il serait plus intéressant de suivre les fluctuations du taux de pénétration de la télévision à péage (tous genres confondus) et voir l’évolution du nombre d’utilisateurs des services de la télévision par câble / satellite ou via IPTV par rapport à l’année dernière. Je vais couvrir ce sujet très prochainement dans le cadre d’un article sur mon blog http://mediasrusses.com.

PS: La politique tarifaire et les pratiques commerciales de Tricolor TV qui est le plus grand opérateur de la télévision payante par satellite est un sujet à part qui mérite un autre article.

 

Internet génère 1% du PIB russe

See on Scoop.itMédias en Russie

L’Association russe des communications électroniques (RAEK) et l’École supérieure d’économie (HSE) ont mené une étude conjointe sur l’économie de l’Internet russe. Cette étude cherche à évaluer l’ampleur de l’Internet russe en tant que secteur à part entière de l’économie, explique le recteur de l’École supérieure d’économie, Iaroslav Kouzminov. Il s’est avéré que l’économie en ligne compte pour environ 1% du PIB de la Russie, soit 550 milliards de roubles en 2011 (croissance prévue pour 2012 – 30%). Fin 2012, cette proportion passera à 1,5% du PIB, a-t-il prédit.

Conjointement aux marchés en ligne proprement dits, le volume des marchés liés à Internet a dépassé 2.520 milliards de roubles fin 2011, ce qui équivaut à 4,62% du PIB de la Russie au terme de cette même année. Sur ce total, le marché de la vente de contenus et de la publicité « pèsent » 550 milliards de roubles, le reste étant constitué par le marché des fournisseurs d’accès à Internet, et autres. La méthodologie de la recherche repose sur des sondages et l’accréditation d’experts des principaux acteurs du secteur internet.

L’évaluation de l’ampleur de l’économie de l’Internet constitue le principal résultat de l’étude, pense M. Kouzminov. L’économie en ligne russe possède une croissance à deux chiffres. Aucun autre secteur, selon lui, n’affiche une telle croissance. Si ces taux se maintiennent, Internet comptera pour plus de la moitié de l’économie russe en 2020.

See on larussiedaujourdhui.fr