L’avenir incertain de la Télévision publique russe

Finita la comedia

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OTP – Obshestvennoe Rossiyskoe Televidenie (la télévision publique russe)

Le quotidien russe « Izvestia » a communiqué qu’à l’heure d’aujourd’hui plus que la moitié du personnel a quitté la Télévision publique russe (TPR). Le directeur général Anatoly Lysenko a ainsi commenté la situation:

« Nous ne licencions personne. La réduction de l’effectif se produit dans le cadre de restructuration. Les uns voient leurs contrats qui arrivent à leurs termes et ne seront pas reconduits, d’autre quitte l’entreprise par leur propre volonté ».

Lancée en 2013 sur l’initiative du président Dmitri Medvedev, la chaîne de TPR (OTP en russe) n’a jamais eu un succès quelconque. Malgré les grands privilèges accordés (par exemple une place réservée dans le premier multiplex russe) la direction de la TPR n’a pas cessé de se plaindre du financement insuffisant et n’a jamais su trouver un modèle économique alternatif aux subventions provenant du budget de l’Etat (il était initialement prévu que le canal sera financé par les téléspectateurs). Le résultat logique de la politique menée par la direction de la chaîne serait la disparition totale de la Télévision publique du paysage médiatique russe. 

Alors, direz-vous, pourquoi la télévision publique n’a pas de chance en Russie ? Je vous propose de parcourir nos 3 articles ci-dessous pour avoir la réponse:

Et pour vous divertir un peu :

PS:  en guise d’exemple je voudrais vous citer une chaîne privée Dozhd qui n’a pas gaspillé les subventions de l’Etat et a dépensé beaucoup moins d’argent sur sa propre production que la TPR sur les acquisitions. Résultat? Dozhd TV qui (hélas) reste toujours sous le risque d’interdiction pour les motifs politiques est devenue quasiment autosuffisante tandis que la TPR n’est jamais sortie de la stagnation.

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Les JO à Sotchi ont rapporté 2 milliards de roubles aux chaînes TV russes

Bonjour Chers lecteurs,

Cela fait longtemps que je n’ai pas dit un mot sur les médias en Russie ce qui est dû au charge de travail que j’ai actuellement. Je m’excuse auprès de vous pour l’irrégularité de mes postes et je vous invite à m’envoyer un petit message si un sujet particulier vous intéresse. Entre temps,  j’ai décidé de tourner la page des JO à Sotchi 2014 en vous proposant quelques stats intéressantes…

SochiBroadcasting

Il est connu que les événements de cette taille attirent des grands annonceurs qui remplissent les caisses des diffuseurs. Les JO à Sotchi ont également généré plus de 2 milliards de roubles (plus de 40 millions d’euro) en recettes publicitaires ce qui a permis aux chaînes de télévision Rossya 1, Rossya 2 et Channel One Russia de rembourser les frais engagés pour l’acquisition des droits de diffusion (1,6 milliard de roubles). La banque russe Sberbank (Caisse d’Epargne) est devenu l’annonceur le plus actif des Jeux Olympiques.

D’après l’étude de « Quendi RusMediaAudit » la première chaîne russe (Channel One Russia) a obtenu entre 55-65% de recettes en attirant 29 grandes marques contre 18 pour la chaîne du holding VGTRK Rossya 1. Quand au prix du spot publicitaire, c’est aussi Channel One qui détient le record: plus de 250 000 roubles HT (50 000 euro HT) pour un point GRP (« gross rating point » correspond au nombre moyen de contacts publicitaires obtenus sur cent individus de la cible visée) lors de la cérémonie d’ouverture et de clôture.

Audience booster par excellence. 

ChelVtykaetAu total, selon les estimations de TNS Russie, plus de 63,7 millions de Russes, soit 93,5 pour cent de l’audience de la télévision russe, ont suivi les Jeux Olympiques du 7 au 23 février 2014 La cérémonie d’ouverture a elle seule a attirée 40,8 millions de Russes. Belles performances, rien à dire.  Une très forte augmentation de l’auditoire a été remarqué sur toutes les chaînes qui diffusaient des épreuves olympiques. Ainsi, la part d’audience 18+ de la chaîne Rossya 1 a augmenté de 14% dans la période pré-olympique pour atteindre à 16,5% au cours des Jeux. Quand à sa sœur Rossya 2, une chaîne publique entièrement consacrée à la diffusion des événements sportifs, son audience a fait un bond de 2% à 4,9% ! A ne pas oublier la part d’audience de la chaîne thématique à péage Sport 1 qui a bondi de 0,2% à 1,1% soit plus de cinq fois.

Et en France? 

Les diffuseurs exclusifs des JO France 2 et France 3 ont gagné respectivement 400 000 et 200 000 téléspectateurs quotidiens : l’audience moyenne de France 2 pendant les deux semaines des JO a monté à 1,7 million de personnes ( 17,3%) par jour contre 1,3 million (13,9%) pendant le mois précédant les JO. Pour France 3, l’audience moyenne a atteint 1,1 million (11,1% de l’audience) pendant les Jeux contre 907 000 (9,5%) le mois précédent (source).

Deuxième écran en plein boom.

Les chercheurs ont également noté un intérêt accru pour les Jeux Olympiques sur Internet. Ainsi, l’application de VGTRK pour les écrans connectés (dont les téléviseurs avec la technologie SmartTV) a été installée  par 7 millions d’internautes parmi lesquels se trouve votre aimable serviteur 🙂  Le portail sportif Sportbox a attiré plus de 15 millions d’utilisateurs uniques pendant la période des Jeux Olympiques (2 millions d’utilisateurs par jour en moyenne, un visiteur sur cinq a consulté la ressource à partir d’un appareil mobile).

A lire également : 

On revient après une courte page de publicité!.. Vraiment?

Tout le monde connait cet avertissement à la télé qui nous demande de ne pas changer de chaîne pendant la courte pause publicitaire. Mais que faire si la pause se prolonge?

Rossia_Pub_Champion

La Russie devient un leader incontestable par rapport au volume de la publicité diffusée à la télévision. Selon une étude menée par l’agence média Initiative le nombre hebdomadaire d’annonces commerciales par téléspectateur augmentait légèrement depuis trois ans : 441 en 2010, 444 en 2011 et 447 en 2012. Cependant, 2013 est devenu témoin de la prolifération publicitaire sans précédent: 470 spots par semaine et par téléspectateur ce qui est 20% supérieur à la moyenne mondiale! Pourtant, le temps de la pause publicitaire n’a pas beaucoup bougé. Où est le problème ?

Cela est principalement du à une hausse des tarifs du temps d’antenne (+15% en moyenne selon l’agence Media First). Les annonceurs, touchés par la crise économique, y ont régit par le raccourcissement de leurs spots publicitaires ce qui a fait des troues dans les blocs de publicité prévus par la grille des programmes. Le résultat ? Toutes les chaînes du marché sans exceptions se sont précipitées pour combler les lacunes. Ainsi, Disney a enregistré la croissance de 90% en volume de la publicité par rapport à l’année dernière. D’autres chaînes thématiques (ni généralistes) ne sont point des exceptions à la règle : Domashniy (+16%), TV3 (+13%), Peretz (+11%). 

Au final, l’annonceur a encore plus de mal d’atteindre le public ciblé qu’auparavant. Selon les experts de Initiative, 10% de téléspectateurs russes ont tendance de changer la chaîne pour ne pas regarder la publicité. Cette chiffre est encore plus importante quand il s’agit de ceux qui ont cessé prêter leur attention à la pub qui envahissent tous leurs écrans : mobiles ou fixes. Le consommateur devient immunisé contre la publicité, en quelque sorte ce qui est un signe inquiétant.

Personnellement j’ai fait un test pendant le weekend dernier en regardant les 10 chaînes de la télévision russe diffusée en clair. La différence s’est faite sentir au bout de 30 minutes de visionnage. Comme on dit, trop de pub tue la pub …

Source

PS: Pendant les vacances de Noël les chaînes russes ont gagné 2,85 milliards de roubles (6 milliards d’euro) contre 2,45 milliards en 2013. Sochi 2014, Comité International Olympique, Pampers, Microsoft, Sorti, M-Vidéo, Google ont été les marques les plus annoncées à la télé pendant cette période.

Les films russes gagnent des points au box-office national

En passant

De janvier à novembre 2013, les films russes  ont rapporté plus de 7,2 milliards de roubles (159 millions d’euros), un chiffre d’affaires d’un tiers supérieur à l’année dernière, indique le Bulletin des distributeurs.

FilmRussesBoxOfficeNational

Si les spectateurs s’intéressent plus au cinéma « Made in Russia », c’est notamment grâce à des grands titres tels le blockbuster Stalingrad qui a déjà rapporté 1,7 milliards de roubles (37 millions d’euros) ou la comédie Gorko qui arrive en deuxième place avec 800 millions de roubles de recettes.  La surprise de l’année Le Géographe a bu son globe, avec 130 millions de roubles (2,8 millions d’euros), est à la troisième position actuellement.

La part des films russes dans le box-office national est ainsi passée à 18%, soit un record absolu depuis les quatre dernières années au cours desquelles les recettes du cinéma russe étaient régulièrement en baisse (voir le graphique en haut). Bref, une bonne année pour le cinéma russe. De plus que les 18% n’est qu’un chiffre provisoire, car les deux grandes premières nationales (« Arbre de Noël – 3 » et « Ivan Tsarévitch et le Loup Gris – 2 ») sont planifiées à la fin de ce mois pour améliorer la côte de l’année 2013.

Rappelons au lecteur que pour cette année  le gouvernement s’est fixé un objectif de franchir le seuil de 13% dans le box-office national. Le but est atteint, mais tout le monde est déjà soucieux de l’année prochaine. Est-ce que la croissance va durer ? Tout dépend de ce que les grands réalisateurs russes nous préparent…

Source

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L’agence média russe RIA Novosti tire sa révérence. Un délire médiatique ?

See on Scoop.itMédias en Russie

Bonjour chers, lecteurs, en voici une « bombe » de la fin d’année, mais d’abord, permettez-moi de vous poser une question afin que vous puissiez saisir la grandeur de cette nouvelle. Croyez-vous que l’Agence France Presse (AFP) peut être dissoute en une seule journée? Non, je n’ai pas de fièvre, et pourtant c’est ce qui vient de se passer en Russie, car Vladimir Poutine a décidé de dissoudre l’agence RIA Novosti, un géant des médias russes.  Les détails ci-dessous …

RiaNovostiDead

Le président Vladimir Poutine a créé l’Agence d’information internationale Rossia segodnia (Russie aujourd’hui) sur la base de l’agence RIA Novosti, dissoute par décret présidentiel, a annoncé lundi le service de presse du Kremlin.

Comme le précise le décret, l’agence Rossia segodnia, dont le siège se trouvera dans les locaux de RIA Novosti, englobera également la compagnie radiophonique publique Voix de la Russie, elle aussi dissoute. Vladimir Poutine a chargé le gouvernement de réaliser d’ici un mois les mesures nécessaires à la création de la nouvelle agence et d’envisager l’inclusion de Rossia segodnia dans la liste des entreprises stratégiques du pays.

« L’axe d’activité principal de l’Entreprise unitaire fédérale publique « Agence d’information internationale Rossia segodnia » est l’éclairage à l’étranger de la politique et de la vie sociale de la Fédération de Russie », stipule le décret du président.

Dans son Décret, le président Vladimir Poutine nomme Dmitri Kisselev directeur général de l’Entreprise unitaire fédérale publique « Agence d’information internationale Rossia segodnia », indique le service de presse du Kremlin.

Réaction deMédias en Russie:

Il faut y ajouter qu’en 2012 un bruit sur la fusion de l’agence RIA Novosti avec la chaîne de télévision Russia Today et la radio Voix de la Russie courait déjà dans les couloirs du Kremlin. Selon les oui-dires, le premier chef adjoint de l’administration présidentielle Alexeï Gromov a été derrière l’idée de la création d’un conglomérat axé sur la promotion de la Russie à l’étranger. Cependant, le projet a été enterré pour plusieurs raisons dont les principales sont l’hétérogénéité des médias concernés et le désaccord des personnages du gouvernement faisant le lobbying de ces groupes.

Néanmoins, comme on le voit aujourd’hui, il n’y a pas de fumée sans feu…

Quand à Dmitri Kisselev, qui depuis 1978 a fait sa carrière dans les médias russes et ukrainiennes, c’est un personnage connu et controversé qui a souvent été critiqué pour ses propos homophobes (interdiction aux homosexuels d‘être donneurs de sang, la comparaison de la campagne électorale de l’opposant russe Alexeï Navalny pour les élections municipales de septembre à Moscou à celle menée par Hitler etc…)

Je pense que tout ce qui s’est passé ne peux pas être justifié par la conjoncture du marché (RIA Novosti était bien dans le budget de l’Etat, de plus l’agence se débrouillait pas mal en gagnant son propre pain sur le net et devait couvrir les JO 2014 à Sochi), ni, d’ailleurs par la lutte pour le professionnalisme (même dans mes rêves délirants j’aurais jamais pu soupçonner l’incompétence des journalistes de l’agence RIA Novosti). Il s’agit plutôt d’une lutte pour l’autorité des personnage de très haut niveau dans une situation politique compliquée.

Vraiment dommage … Une fois de plus je me rends compte du fait que la Russie est non seulement un pays des grandes opportunités  mais des grandes surprises aussi …

See on fr.ria.ru

Pour finir,  si vous parlez russe vous avez la possibilité de regarder la réaction de Svetlana Myronyuk (PDG de RIA Novosti). Comme on le voit, la nouvelle a été une surprise (même pour elle) http://youtu.be/eQArbtJgPPM

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L’empire médiatique de Gazprom s’agrandit

Remerciement spécial à #Ligouchka qui a écrit cet article sur son blog Paris-Moscou Sans Détour GazProm_ProfMedia_Logos

Le 26 novembre le holding Gazprom-Media a annoncé le rachat de ProfMedia à l’homme d’affaires Vladimir Potanine. Dans un communiqué commun, Gazprom et Interros, l’autorité d’investissement de Profmedia, annoncent que l’accord devrait être finalisé au début de l’année 2014, une fois que les autorités de régulation auront donné leur feu vert.

Il était de notoriété publique que l’homme d’affaire Vadimir Potanine cherchait depuis longtemps à se séparer de l’actif du groupe de médias, mais les experts ne s’attendaient pas à la vente de ProfMedia dans son ensemble.

« Gazprom média est clairement amené à devenir un centre de contrôle unique de l’industrie des médias de Russie » s’insurge Evgueni Kouzine, rédacteur en chef du magazine Médiaprofi. L’élargissement de cet « empire médiatique » préoccupe, par ailleurs, certains actionnaires de Gazprom, qui lui reprochent de s’éloigner de son domaine de prédilection, le monopole public des exportations de gaz naturel.

En 2012, les recettes « Profmedia » ont augmenté de plus de 17 % par rapport à l’année précédente et s’élèvent à près de 20,2 milliards de roubles. Les recettes de « Gazprom-Media », au cours de la même période, s’élèvent à 52,3 milliards de roubles.

L’achèvement de la transaction est prévu pour le début de l’année prochaine, quand ils ont reçu l’approbation réglementaire. Les termes financiers de la transaction n’ont pas été divulgués.

Infographie : à qui appartiennent les médias en Russie ? En bleu : Gazprom média, en orange : Profmedia.

Désormais, le défi majeur du Gazprom serait de construire une structure efficace du management de ses actifs qui a été souvent critiquée par les experts médias même avant cette acquisitions importante… En premier lieu la direction du « Gazprom-Media » devrait résoudre le problème de concurrence interne entre les chaînes de télévision visant le même public comme « TNT », « TV3 » et « Vendredi« . Si, bien entendu, le holding veut définitivement prendre les nouveaux actifs sous son aile.

Les services en ligne ne menacent pas le cinéma russe (étude)

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Société de recherche « Nevafilm Research » a récemment publié une étude sur les habitudes des spectateurs russes en se basant sur les données recueillies sur Internet et celles obtenues dans les salles de cinéma. Comme il s’est avéré, le public qui va au cinéma ne regarde presque jamais des films sur Internet, et vice versa – ceux qui utilisent les services de cinémas en ligne, ne se déplacent pas fréquemment jusqu’au prochain multiplex.

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« En règle générale, les cinémas russes sont incapables d’attirer les « Internautes », et la sortie du film sur le petit écran connecté n’aurait qu’un impact très limité sur ​les entrées au cinéma » – a déclaré l’expert de « Nevafilm Research » Xenia Leontieva. Cela peut signifier que les nouveaux films qui apparaissent sur le réseau simultanément ou peu de temps après leurs premières au cinéma, n’ont pas à se soucier du box-office. Ce qui est prouvé par la pratique, car sur le marché russe une fenêtre entre la sortie du film au cinéma et sa parution sur Internet est beaucoup plus courte par rapport aux pays européens ou bien les Etats-Unis (pour les productions locales cette fenêtre est souvent moins d’un mois).

Cela signifie-t-il que le marché russe de la vidéo en ligne prospère en Russie?

Hélas non. Ce segment du marché est encore peu développé. D’après le Président de « Cinéma sans frontières » Sam Klebanov, le visionnement du film en ligne en Russie est principalement basé sur le modèle gratuit qui ne peut proposer qu’un nombre limité des nouveautés. Ce modèle est particulièrement intéressant pour « …des gens qui sont à la recherche de ce qu’ils peuvent regarder à la télé dans la soirée après le travail ». Cependant, une autre catégorie des gens (ceux qui sont prêts à payer pour de nouveaux films) s’accroît. Ils ne vont pas au cinéma, parce qu’il n’ont pas de temps ou bien ils n’ont pas de cinéma à proximité. (rappelons au lecteur qu’en Russie seuls 40% de la population ont accès au cinéma). Les deux modèles de consommation en ligne peuvent coexister sans que l’un cannibalise l’autre – conclut Klebanov.

DispositifFilmsEn revenant vers le rapport « Nevafilm Research », rappelons qu’aujourd’hui, 64 % de téléspectateurs russes préfèrent de regarder les nouveaux films au cinéma, 24 % – sur les ordinateurs, 10 % – à la télévision et 2 % – sur les appareils mobiles connectés…

Source

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Portrait du spectateur russe

Le marché russe du cinéma multiplexe sur le point d’exploser ?

Karo – le premier réseau des salles de cinéma numériques en Russie

32,5 millions d’abonnés à la télévision payante en Russie

Que des bonnes nouvelles apportées par le vent de l’Est. Le marché de la télévision payante en Russie grandit et montre une croissance continue.

PayTV_1H2013

Selon IKS-Consulting, le nombre d’abonnés à la télévision payante en Russie a augmenté de 13% par rapport à 2012 ce qui signifie qu’ils sont plus de 32,5 millions  (données Juillet 2013). Le nombre d’opérateurs avec une base d’abonnés de plus de 1 million a aussi progressé. Désormais il faut parlé du Top-7 (et pas du Top-5 qu’auparavant) qui représentent 78% du marché russe. Les deux nouveaux « millionnaires » sont  l’opérateur satellite Orion Express (la plus forte croissance en Russie, +81% d’une année sur l’autre) et Vimpelcom, dont le service IPTV a gagné 22% de nouveaux clients.

Ainsi, la pénétration de télévision payante en Russie était de 58% à la fin du mois de juin 2013. D’après les analystes de IKS-Consulting, ce chiffre peux atteindre 68% en 2018 (ce qui dépasse les prévisions de l’année dernière).

Télévision par câble reste la technologie la plus populaire représentant plus de la moitié de tous les abonnés. Cependant, en dépit de la construction des réseaux, la part de la télévision par câble se rétrécit progressivement au profit de la télévision par satellite et l’IPTV. Selon les estimations d’IKS-Consulting, la part du « satellite » et de l’IPTV  atteindra 51% vers 2018 (39% et 12% respectivement). 

Et voici quelques stats.

Bonne lecture!

Les opérateurs russes avec une base d’abonnés de plus de 1 million (1H 2013)

Opérateur 1H 2012 1H 2013 Croissance
Tricolor TV 7950 9500 19%
Rostelecom 6188 6900 12%
MTS 2937 2884 -2%
ER-Telecom 2006 2469 23%
Orion-Express 750 1360 81%
Akado 1099 1111 1%
Vimpelcom 855 1042 22%

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La part de marché de la télévision payante en Russie (par technologie), 1H 2013
Téchnologie 1H 2012 1H 2013 Croissance
TV par câble 58% 54% 4%
TV par satellite 34% 37% 23%
IPTV 7% 9% 44%

Le marché russe du cinéma multiplexe sur le point d’exploser ?

L’année dernière j’ai mentionné un avenir radieux des cinémas IMAX en Russie (36 cinémas IMAX actuellement; l’ouverture de 23 autres est prévue). Quand au cinéma ‘ordinaire’ il parait que ce marché a un très fort potentiel. Allons voir si c’est vrai.

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D’après Les Echos, le nombre d’écrans en Russie a progressé de 70% entre 2008 et 2012 ce qui est énorme. De plus que l’expansion ne s’y arrête pas, car, selon le directeur de « Kino Expo » Dmitri Kazuto seuls 40% de la population russe ont accès au cinéma. Le développement de l’infrastructure se trouve au stade précoce. Si aujourd’hui la Russie compte près de 3300 salles de cinémas (3228 selon Nevafilm Research) elle aura besoin de tripler ce chiffre pour atteindre le niveau européen, conclut Monsieur Kazuto.

Cependant, même si au premier abord le potentiel du marché paraît très attirant les faits montrent que sa capacité de grandir est assez limitée  (voir les données ci-dessous).

CinemasRussesOuvertureFerme

Mise à part le mécanisme de sélection darwinienne quand les cinémas à une salle avec le matériel obsolète suivis par ceux équipés des projecteurs numériques disparaissent,  il y existe un autre facteur qui freine la croissance : l’expansion des centres commerciaux dotés d’un multiplexe cinématographique. Selon la conjoncture économique l’ouverture de centres pareils n’est pas rentable dans les villes qui comptent moins de 50 000 habitants ; du coup,  les multiplexes n’y vont pas.

C’est pour cela que 60% de la population russe n’ont toujours pas accès au cinéma de proximité et, selon le directeur du « Nevafilm » Oleg Berezin, n’en auront pas dans l’immédiat.  Selon Monsieur Berezin «  …même si les habitants des petites villes (villages) n’ont pas accès au grand écran, ils ont des antennes paraboliques, télévision par câble et Internet … » Autrement dit, l’Internet comblera la niche là où le cinéma multiplexe ne vas pas.  Même si la loi contre le piratage récemment entrée en vigueur a été censée d’augmenter la fréquentation des cinémas elle ne fera qu’augmenter le nombre de consommateurs du contenu légal dans les villes susmentionnées. Personne n’ira en campagne pour ouvrir une salle de cinéma. Selon les calculs de Monsieur Berezin, en deux ans la fréquentation des salles de cinéma n’a pas augmenté contrairement à leur nombre (+30%).

NombreCinemasRusses

On peut en déduire que malgré les chiffres prometteurs et une forte croissance des salles de cinéma le marché russe va bientôt arriver à sa saturation en se heurtant à un mur des écrans de grande diagonale de plus en plus accessibles et de l’Internet haut débit qui continue sa marche triomphante à travers la Russie.

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Un pas en avant pour le marché de la vidéo en ligne en Russie

Bonjour mes chers lecteurs ! Le blog @mediasrusses est de retour après de longues vacances suivies des semaines de travail acharné 🙂 qui ne me laissait pas de temps pour vous informer du développement du marché audiovisuel russes. Et des nouvelles, il y en a.

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Depuis que nous nous sommes quittés la loi ‘bancale’ contre le piratage sur Internet a été approuvé par le Président russe et elle est entrée en vigueur le 1 août, comme c’était prévu. Les mécontents ont été demandés de se taire (comme c’est souvent le cas en Russie) mais, de l’autre côté, les autorités n’ont pas commencé à appliquer la nouvelle loi pour tous les opérateurs en les donnant une période « de grâce » afin que chacun puisse s’adapter et il parait que cette décision a marché.

Concrètement, le plus grand réseau social VKontakte est en train de revoir ses relations avec les ayant droits en ce qui concerne la distribution de leur contenu en ligne. Ainsi,  la VGTRK (une compagnie pan-russe d’État de télévision et de radiodiffusion) a signé l’accord avec VKontakte selon lequel le réseau social aura droit de visionner le contenu du holding en plaçant la publicité au début de chaque émission. Les revenus de cette activité seront partagés moitié-moitié.  La VGTRK est allée encore plus loin en mandatant la société IMHO Vi (« Video International ») de développer un partenariat stratégique avec tous les réseaux sociaux et les plateformes de la téléphonie mobile pour la vente d’espaces publicitaires de ses vidéos.   Aujourd’hui près de 400 000 publicités de VGTRK sont visualisées chaque jour sur Internet et réseaux sociaux. Le holding a également ouvert ses chaînes officielles sur YouTube.

Mais l’initiative vient aussi de la part des distributeurs. Fin septembre, les cinémas en ligne russes ont décidé de former une association dont la fonction principale serait d’interagir avec les ayant droits (pour faciliter l’obtention de droits de contenu peu après la sortie) et des services de recherche (pour la promotion de sites avec un contenu légal). Les services tels que Amediateka.ru, 1tv.ru, Ivi.ru, Megogo.net, Molodejj.tv, Now.ru, Stream.ru, Tvigle.ru, Tvzavr.ru, Viaplay.ru et Zoomby.ru qui occupent un total de 10% du marché de la vidéo légale ont été parmi les premiers adhérents.

Donc, l’entrée en vigueur de la loi a été  un signal politique et psychologique important sur le changement du vecteur dans le développement du marché de la vidéo en ligne en Russie. Cependant, je suis persuadé que même si le mécanisme d’autorégulation du business a été lancé, la loi sera corrigée prochainement.

A suivre…

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Selon ComScore (données août 2013) l’audience de téléspectateurs uniques de vidéo en ligne en Russie est de 60 millions (le marché est estimé à 45 millions de dollars) et grandit chaque jour. Selon les prévisions ce chiffre devrait atteindre 100 millions d’abonnés. 

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